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À Sambreville, le restaurant « La Bavette » fait office de thérapeute social

À Sambreville, le restaurant social et atelier thérapeutique « La Bavette “1 soigne la dépression et le mal-être en offrant un cadre convivial detravail à une douzaine de participants – patients. À cheval entre l’entreprise économique et sociale et l’antipsychiatrie, elle contribue à retisser lesliens sociaux perdus ou distendus autant de ses « clients » que de ses patients. La Bavette est en quelque sorte un atelier « off » de l’hôpitald’Auvelais.

06-10-2006 Alter Échos n° 216

À Sambreville, le restaurant social et atelier thérapeutique « La Bavette “1 soigne la dépression et le mal-être en offrant un cadre convivial detravail à une douzaine de participants – patients. À cheval entre l’entreprise économique et sociale et l’antipsychiatrie, elle contribue à retisser lesliens sociaux perdus ou distendus autant de ses « clients » que de ses patients. La Bavette est en quelque sorte un atelier « off » de l’hôpitald’Auvelais.

Relancer le moteur

C’est en 1994 que Marie-France Bouckhuyt, éducatrice, eut cette idée originale dans la continuité de la création (1989) d’un centre de jour annexé auCHR d’Auvelais. À travers ce qu’on pourrait appeler un restaurant sans but lucratif, une douzaine de « patients » confectionnent des repas à prix démocratiquespour une « clientèle » qui y trouve les bienfaits d’une table d’hôtes conviviale. Les « patients » sont envoyés par l’hôpitald’Auvelais, un médecin traitant ou un service social, ou viennent de leur propre initiative.

Anne-Marie Dufour, psychologue et responsable du centre de jour et des ateliers du CHR, explique la fonction du projet : « Les participants viennent librement, en respectant l’horairede leur choix et préparent chaque semaine la cuisine pour 24 couverts. Cet atelier aide à remettre le moteur en route par le travail. Il permet de se valoriser, de se voir autrement quecomme un malade et de se reconnaître en tant que personne en retrouvant du plaisir à travailler et à vivre. En se centrant sur la cuisine, en faisant la vaisselle, en nettoyantles légumes, en faisant les comptes ou le service à table, les participants retrouvent un rythme de vie et se sentent mieux une fois qu’ils rentrent chez eux. Des liens se nouententre eux et les clients. Ils retrouvent une image d’eux-mêmes plus valorisante et se sentent reconnus par le public ».

Le restaurant permet aussi au public, notamment les personnes âgées, de sortir de la solitude en partageant un repas autour d’une table conviviale. « Ce qui leur redonnele goût de s’habiller. Nous jouons ainsi sur plusieurs tableaux. Nous recréons un peu comme une grande famille », témoigne la psychologue.

Éviter l’hospitalisation

L’initiatrice de « La Bavette », Marie-France Bouckhuyt, est ravie de « cette idée magique » qu’elle eut il y a dix ans : « Ce projet offre autrechose que de tourner en rond dans les murs d’un hôpital. Il permet à certains de ne pas rentrer en urgence en psychiatrie tout en calmant l’angoisse. Il crée un tissusocial entre le citoyen et la maladie mentale. Des liens d’amitié et des relations se créent spontanément. Il permet aussi de diminuer le nombre d’hospitalisations etle budget de l’Inami ».

À l’occasion de la pendaison de crémaillère du nouveau local (l’ancien étant devenu trop vétuste), Charles nous a confirmé les bienfaits que luiprocure La Bavette depuis dix ans : « Ce projet me permet de garder un équilibre et de maintenir des contacts sociaux. J’y ai trouvé mes marques. Cela m’occupe et mepermet d’être moins anxieux ». Un autre participant, qui a « connu un lourd passé et a disjoncté en étant confronté coup sur coup à la mortde plusieurs de ses proches », a exprimé à quel point ce projet « lui a permis de renaître ».

Dans cette asbl autogérée, les participants bénévoles sont accompagnés par une animatrice détachée du centre de jour du Centre hospitalierrégional d’Auvelais et par une éducatrice rémunérée par la Région wallonne (Affaires sociales). Les rentrées des repas (6 euros) sontréinjectées dans l’achat de vivres et d’ustensiles de cuisine, le loyer et les charges.

Des projets ponctuels ou à long terme sont proposés parfois par les bénévoles eux-mêmes : des soupes populaires, des services traiteurs lors d’inaugurationsou de fêtes. Un gros projet est en passe de se réaliser : la préparation de repas – traiteur à destination des Maisons de repos et de soins.

1. « La Bavette » : ouvert du mardi au vendredi de 12 h à 14 h, rue de l’Abattoir, 34 à 5060 Tamines – tél. : 071 77 41 06. En partenariat avecl’hôpital d’Auvelais. Locaux partagés avec l’asbl culturelle « Amar et hôtes » (tables d’hôtes, concerts, etc.).

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