Alter Échosr
L'actualité sociale avec le décodeur

Emploi/formation

10 ans d’activation et une explosion de sanctions

«Le curseur du gouvernement est nettement placé sur l’exclusion plutôt que sur l’inclusion». C’est le constat tiré par Les Travailleurs sans emploi de la CSC (TSE) suite au chiffre records des sanctions révélées dans le dernier rapport de l’Onem sur l’activation.

16-04-2015
©Doug Geisler/FlickrCC

« Le curseur du gouvernement est nettement placé sur l’exclusion plutôt que sur l’inclusion ». C’est le constat que font Les Travailleurs sans emploi de la CSC (TSE, pour Travailleurs Sans Emploi, lire ici) suite au chiffre record de sanctions pour 2014 révélé dans le dernier rapport de l’Onem sur l’activation.

 La procédure de contrôle du comportement de recherche d’emploi – aussi connue sous le nom d’ « activation » des chômeurs –  a été mise en place en juillet 2004. Dix ans après, au vu du dernier rapport de l’Onem sur l’activation, on ne peut que constater une explosion des sanctions, avec un chiffre record pour 2014 de 61.043 demandeurs d’emploi privés de leur allocation de chômage.  

 

 « En 2013, la barre des 50.000 sanctions avait déjà été dépassée, conséquence évidente du durcissement des procédures de contrôle de recherche d’emploi décidée par l’avant-dernier gouvernement », rappelle la CSC.

 De nouvelles cibles

Le syndicat chrétien souligne l’apparition de nouvelles cibles , notamment, les jeunes en stage d’insertion ou bénéficiaires d’allocations d’insertion (passibles de sanction au 1er entretien) ; les personnes qui ont entre 33 % et 66 % d’incapacité de travail ; les plus de 55 ans et les temps partiel avec AGR d’insertion,…

La CSC rappelle aussi qu’outre ce nombre de chômeurs sanctionnés,36.000 demandeurs d’emploi seront exclus des allocations d’insertion en 2015, non pas parce qu’ils ont fait l’objet d’une évaluation négative, mais seulement parce qu’ils ont atteint la limite des 3 ans. Parmi ceux-ci, 80 % de francophones et 55 % de cohabitants. Et de noter aussi la décision du gouvernement Michel de réduire drastiquement l’accès aux allocations d’insertion à l’entrée pour les jeunes demandeurs d’emploi (lire AE, n°399, 24 mars 2015, Allocations d’insertion : il faudra étudier vite).

 Un changement de cap

 « Un audit de l’activation est indispensable », estiment les TSE. Ils demandent une révision complète du système d’activation, en tenant compte du chômage structurel conséquent et persistant qui varie selon les régions. « . « Le transfert du contrôle vers les régions doit être l’occasion de replacer le curseur sur l’accès à l’emploi tout en tournant le dos à une politique dont le centre de gravité est la sanction et la stigmatisation. Nous demandons un changement de méthode et de cap : il faut s’attaquer aux causes du chômage plutôt que de s’attaquer aux chômeurs », estime Pedro Rodriguez, responsable national des TSE. Ce qui doit passer notamment, selon les TSE, par une simplification des procédures, une confiance accrue et non une suspicion à l’égard du demandeurs d’emploi ou encore une harmonisation des réglementations de l’Onem dans les bureaux de chômage. 

 

Aller plus loin

Manon Legrand

Manon Legrand

Coordinatrice Alter Échos, journaliste (social, logement, environnement)

Pssstt, visiteur, visiteuse du site d'Alter Échos !

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, notamment ceux en lien avec le Covid-19, pour le partage, pour l'intérêt qu'ils représentent pour la collectivité, et pour répondre à notre mission d'éducation permanente. Mais produire une information critique de qualité a un coût. Soutenez-nous ! Abonnez-vous ! Et parlez-en autour de vous.
Profitez de notre offre découverte 19€ pour 3 mois (accès web aux contenus/archives en ligne + édition papier)