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Jeunesse (Aide à la)

La fugue sans faux-fuyant

Alter Échos n° 445 7 juin 2017 Cédric Vallet

Le service d’aide en milieu ouvert SOS jeunes-Quartier libre a rénové de fond en comble son site internet fugue.be. Un site de référence pour les jeunes, les professionnels et les familles qui se posent des questions sur cet acte de rupture radical.

Fugue.be fait peau neuve. Après 12 ans de bons et loyaux services, le site internet consacré à la fugue, créé et administré par le service d’aide en milieu ouvert SOS jeunes-Quartier libre, avait besoin d’un sacré lifting. Voilà chose faite.

On y trouve toujours des informations à destination des jeunes: vers qui se tourner lors d’une fugue? Où trouver de l’aide? Quel est le rôle de la police? Des jeunes peuvent témoigner de leur expérience et poser des questions. Et puis le site entre dans l’ère de la modernité; les jeunes peuvent enfin le consulter sur leur smartphone.

L’autre grande nouveauté est le public concerné par ces informations. Les professionnels, les parents et l’entourage du jeune sont aussi «visés» par Fugue.be. «Nous recevions beaucoup de demandes d’informations de professionnels et surtout de parents qui se demandent quoi faire lorsque leur enfant fugue, donc nous avons décidé de leur adresser aussi ce site», explique Alexis Jonart, intervenant social au sein de l’AMO.

Des fugues plus longues et plus répétitives

Si ce service est un acteur incontournable auprès des jeunes en rupture familiale – qu’ils soient fugueurs ou exclus par leurs parents –, c’est que SOS jeunes-Quartier libre propose un hébergement d’urgence de quelques jours. L’AMO offre un toit à un jeune qui le souhaite (l’hébergement se fait toujours sur une base volontaire). Cela permet à des jeunes traversant de graves difficultés de se poser, de faire le point sur leur situation avec l’aide d’intervenants sociaux; et de contacter les parents dans les 24 heures (ce qui est une obligation légale).

«À la désaffiliation familiale s’ajoutent parfois des ruptures scolaires, du décrochage, un cumul de ruptures qui peut entraîner l’errance.» Alexis Jonart, intervenant social, SOS jeunes-Quartier libre

L’idée est donc de créer une sorte de «sas» préventif entre la crise traversée par le jeune et les circuits de l’Aide à la jeunesse. «68% des garçons que nous recevons sont des fugueurs, et 60% des filles», précise Fanny Laurent, elle-même intervenante sociale au sein de l’AMO. SOS jeunes-Quartier libre est l’un des trois services (avec Abaka à Bruxelles et Point jaune à Charleroi) à proposer une telle aide de jour comme de nuit. C’est de cette expérience concrète et de terrain que l’équipe de l’AMO a compris, il y a déjà plusieurs années, à quel point les jeunes qui fuguent ou qui en expriment l’intention sont en quête d’aide et d’informations.

Des infos d’autant plus importantes que la fugue reste un phénomène d’ampleur. En 2010, on estimait (mais sans assise très concrète) à environ 30.000 le nombre de fugues par an en Belgique. Impossible d’en avoir le cœur net, car la fugue n’est plus un délit depuis belle lurette et que nombre de départs du foyer familial ne sont pas signalés aux autorités. Chez SOS jeunes, Alexis Jonart constate que les fugues ne sont pas forcément plus nombreuses, «mais qu’elles durent plus longtemps, et qu’elles sont souvent récurrentes». L’offre d’une aide rapide au jeune fugueur est un enjeu essentiel. «Souvent un jeune en errance est d’abord passé par la fugue, d’où la nécessité de travailler avec lui dès le début», affirme Mourad Boulahnouk (intervenant social). Et Alexis Jonart d’enchaîner: «À la désaffiliation familiale s’ajoutent parfois des ruptures scolaires, du décrochage, un cumul de ruptures qui peut entraîner l’errance.»

Pour faire connaître le site Fugue.be, l’équipe de l’AMO compte beaucoup sur le bouche-à-oreille et sur les réseaux sociaux. Dès septembre, SOS jeunes-Quartier libre va lancer des animations dans les écoles au sujet de la fugue.

En savoir plus

«Point jaune, la fugue en mode mineur», Focales n°29, octobre 2016, Cédric Vallet.

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A propos de l'auteur

Cédric Vallet

Cédric nous vient tout droit du Sud… de la France, de Montpellier précisément. D’ailleurs, s’il ne devait pas travailler, il passerait son temps à jouer à la pétanque. Avec son collègue Julien Winkel, il forme le « pôle excellence » de la rédaction d’Alter Échos. Ce qui explique que son héros, c’est ledit Julien Winkel, dans ses grands jours. Doté d’un sens de l’humour bien aiguisé dont il fait souvent montre dans ses papiers, Cédric nous définit le social comme un bolo au Verschueren ; « ça n’existe plus mais c’était « social ». Il pratique le journalisme pour contredire tout le monde, tout le temps, à commencer par lui-même. cedric [dot] vallet [at] alter [dot] be

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