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(Aide à la) jeunesse

La Teignouse : prévention et animation en milieu semi-rural

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  • Par Pascale Meunier
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De Clavier à Sprimont, de Nandrin à Ferrières, à l’école et dans les quartiers, le phare de La Teignouse est un repère pour les jeunes de la région.

La Teignouse asbl1, La Teignouse AMO3, la maison de jeunes « L’aventure »4 de Comblain-au-Pont et le centre de jeunes ASF3 d’Aywaille travaillent de concert sur onze communes de la région Ourthe-Amblève, à cheval sur les arrondissements judiciaires de Liège et de Huy. Chaque intervenant porte des actions spécifiques à destination de jeunes, le plus souvent en partenariat avec les autres membres de cette sorte de coupole locale.

Dans les quartiers et dans l’école

L’AMO, par exemple, est fortement impliquée dans l’accrochage scolaire et le travail de quartier. À Géromont, cité sociale de Comblain-au-Pont, l’école de devoirs qu’elle organise fait désormais partie du paysage. « Une confiance s’est créée au fil des années, constate Sébastien Hardy, responsable de l’AMO. En fonction du nombre de bénévoles que l’on a, nous accueillons une dizaine d’enfants deux fois par semaine. »

L’accrochage scolaire ne passe pas uniquement par le biais des devoirs, mais aussi par des animations de quartier, des sorties avec les familles qui leur donnent l’occasion de pratiquer des activités qu’ils ne feraient pas autrement. « Nous nous occupons des moins de dix ans, dit-il. Avec ceux qui atteignent cet âge-là, nous entreprenons un travail de transition en partenariat avec la maison de jeunes qu’ils pourront bientôt fréquenter. »

Awan est un petit village de l’entité d’Aywaille où une communauté de gens du voyage s’est sédentarisée depuis quelques années. « Les manières de vivre et la culture différentes de celles des autres habitants étaient source de tensions », explique le responsable de l’AMO dont l’action à cet endroit vise depuis quatre ans à renforcer la mixité sociale. « Ici, le travail de mise en confiance a été plus rude, reconnaît-il, la communauté était assez fermée au départ. » En recourant aux jeunes comme point d’accroche, en proposant de l’aide scolaire et des activités les mercredis après-midi, des animations ponctuelles à l’occasion de la Saint-Nicolas ou des chasses aux œufs par exemple, le public est aujourd’hui mélangé. « Avant, ajoute Sébastien Hardy, il était inimaginable que des familles acceptent que leurs enfants y participent, aujourd’hui elles nous font part de demandes qu’elles n’auraient jamais exprimées il y a quelques années, des demandes individuelles, un soutien, des renseignements, une formation socioprofessionnelle, que nous relayons. »

Une formule de tutorat a aussi été mise en place avec de « grands jeunes » de l’enseignement secondaire ou supérieur qui soutiennent des plus petits en début du secondaire. Ce mode de prévention par les pairs, par des « grands frères » de la cité qui ont un parcours scolaire positif et qui peuvent faire exemple permet de faire passer le message différemment qu’avec un adulte qui débarque. « C’est aussi une façon de les valoriser », insiste Sébastien Hardy. Ce projet transversal entre la Jeunesse et l’Aide à la jeunesse, mené en partenariat avec la maison de jeunes de Comblain-au-Pont, s’est étendu à trois pôles : Xhonneux, Poulseur et Géromont. Une douzaine d’élèves ont été suivis en 2012 par six bénévoles et trois intervenants. « Il y a beaucoup de demandes, poursuit le responsable de l’AMO, et il nous faudrait plus de grands pour encadrer les petits… L’idéal serait que les écoles reprennent ce projet à leur compte. »

Un « Espace futé » pour une consommation responsable

« Souvent, remarque Sébastien Hardy, on fait appel à nous pour une animation en classe quand il y a eu un problème de consommation de cannabis dans une école. Nous précisons à chaque fois que nous préférons intégrer ce sujet dans une thématique plus globale, en nous appuyant sur le positif. Dans le même état d’esprit, nos animations sur la violence dans l’enseignement fondamental partent de la notion de bien-être. »

L’approche se veut davantage préventive que dans l’après-coup. Ainsi les consommations – alcool, cannabis ou autres – sont elles aussi au cœur des actions locales, tant dans une approche individuelle que collective. Outre l’offre d’accompagnements individuels de type psychosocial et pédagogique, une action d’envergure est menée sur les onze communes de la zone.

« Espace futé » est porté par La Teignouse asbl. Il s’agit d’un projet de responsabilisation des jeunes par rapport à la consommation de façon générale. « Nous sommes partis d’un constat, explique Sébastien Hardy, celui de ne pas rendre les jeunes seuls responsables, mais de mobiliser tous les acteurs autour d’eux : les parents, les commerçants qui vendent de l’alcool à des moins de seize ans, les organisateurs de soirées qui laissent entrer des jeunes de douze ans et leur servent à boire. » Un label a été créé et des autocollants officiels sont apposés sur les vitrines des magasins et des cafés qui jouent le jeu (« Café Futé » et « Commerce Futé »). Les organisateurs de soirées, de bals et de concerts s’engagent quant à eux à respecter une charte « Festifuté » qui leur demande notamment de proposer de l’eau gratuite, de vendre les limonades moins cher que l’alcool, de ne pas diversifier le panel de boissons alcoolisées pour ne pas inciter à consommer, de prévoir des espaces plus calmes, de ne pas dépasser un certain niveau de décibels. « Peu de contraintes et beaucoup de bon sens, finalement », résume Sébastien Hardy.

À la sortie de ces soirées labellisées, le car de prévention peut aussi être présent. « Ses intervenants tablent sur la proximité avec le public, les animateurs font passer des éthylotests à ceux qui le souhaitent et cela leur permet d’engager la discussion. Les jeunes voient quel est leur réel taux d’alcoolémie, souvent éloigné de ce qu’ils pensaient. »

Des brochures sur les risques sont aussi distribuées, ainsi que des préservatifs. Aujourd’hui, on remarque une certaine mobilisation des autorités, des communes souhaitent que les manifestations organisées sur leur territoire soient labellisées et il est question d’étendre le système aux discothèques de la région.

Deux initiatives parmi d’autres qui nous montrent que La Teignouse et ses partenaires directs sont présents dans les différents lieux de vie des jeunes et contribuent, quel que soit leur âge, au tissage de la trame sociale.

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