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Un centre d’accueil pour les victimes de violences conjugales au sein de l’hôpital

Ce 11 mai, c’était l’inauguration officielle du centre « Violences conjugales : ça vaut pas l’coup » au Centre hospitalier régional (CHR) Val deSambre à Sambreville1. Ce centre pilote offre aux victimes de violences intrafamiliales un accueil, une orientation et un accompagnement, dans l’anonymat, au cœurmême de l’institution hospitalière.

19-05-2006 Alter Échos n° 208

Ce 11 mai, c’était l’inauguration officielle du centre « Violences conjugales : ça vaut pas l’coup » au Centre hospitalier régional (CHR) Val deSambre à Sambreville1. Ce centre pilote offre aux victimes de violences intrafamiliales un accueil, une orientation et un accompagnement, dans l’anonymat, au cœurmême de l’institution hospitalière.

La démarche est originale et pilote puisque l’hôpital offre un espace d’accueil pour les victimes à l’intérieur même de l’institution, tout enleur garantissant sa liberté d’accès, l’anonymat et un service sécurisé et discret. Une accueillante spécialisée y assure une permanence durantles heures de bureau tout en travaillant en étroite collaboration avec le service des urgences et le personnel social de l’hôpital. Depuis le 1er septembre, dateà laquelle s’est ouvert le centre, une cinquantaine de victimes de violences (des femmes pour la plupart) ont pu y recevoir une écoute dans la confidentialité, desinformations, un accompagnement et une aide gratuite et sans conditions, dans le strict respect de leurs desiderata.

Travailleuse sociale, Florence (emploi Maribel social) s’est formée spécifiquement en allant sur le terrain dans des refuges pour femmes victimes de violences ou auprèsdu réseau REV d’Ada Garcia à Louvain-la-Neuve. Elle s’est constituée en réseau avec les acteurs privilégiés tels que les services de policed’aides aux victimes, CPAS, centres de santé mentale ainsi qu’avec des avocats spécialisés en droit familial qui acceptent de travailler gratuitement (ce qui est leplus difficile). Elle travaille en collaboration avec les refuges de La Louvière, Liège et Bruxelles ainsi qu’avec les maisons maternelles pour offrir un logementsécurisé aux femmes qui ont besoin de se mettre à l’abri dans un premier temps.

Se situer sur le cycle de la violence

Le plus gros travail de Florence consiste à écouter et accompagner les femmes victimes de violences : « Certaines femmes ne sont pas prêtes à quitter le domicileconjugal. Mais il est important d’établir des pistes et un plan d’action pour en sortir. Il faut qu’elles parviennent à s’identifier comme victimes de violences.Je travaille à leur rythme, je les écoute. Nous établissons un plan dans le temps. Il faut penser au problème du logement, du travail, les informer sur lapossibilité d’un suivi thérapeutique, de cours de self-défense. Nous ne travaillons pas dans l’urgence mais en amont de la problématique. » Les femmesvictimes de violences physiques ou psychologiques doivent apprendre à se situer sur le cycle de la violence conjugale en perpétuel recommencement (représenté graphiquementà Sambreville), avec sa phase de lune de miel, suivie de la phase de construction des tensions puis de celle de l’explosion et enfin de l’accalmie.

Une partie du travail d’accompagnement de Florence consiste à apprendre aux femmes à constituer leur dossier : « Elles constituent leur dossier en cachette, en dehors dechez elles, ce qui est très important symboliquement. Celui-ci reste enfermé à clé dans le centre. Nous les enjoignons de demander un certificat médical qui attestede leur incapacité de travail. Je leur conseille de prendre note de tout ce qui leur arrive car il est difficile de prouver des violences psychologiques face à un juge. Tout cela leurpermet de prendre du recul, de déposer leurs problèmes tout en se situant dans le cycle de la violence. Ces femmes attendent qu’on leur tende la main et il ne s’agit pas deles stigmatiser. Arrivent au services des urgences des femmes qui sont loin dans le processus de la violence. Certaines sont réellement en danger de mort et c’est parfois frustrant de sesentir impuissante… »

Une convention de partenariat a été signée entre les Femmes prévoyantes socialistes de Namur initiatrices du projet et le CHR Val de Sambre qui met à dispositionun bureau équipé, une ligne téléphonique et une connexion internet. Le centre « Violences conjugales : ça vaut pas l’coup » est soutenu par leCentre pour l’égalité des chances de la Communauté française, le cabinet wallon de l’Action sociale et de l’Égalité des Chances et lesMutualités socialistes de Namur.

1. CHR Val de Sambre, rue Chère Voie, 75 à 5060 Sambreville – tél. : 071 26 55 32 (heures de bureau).

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