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En prévision du Conseil européen extraordinaire (Sommet sur l’Emploi) qui doit se tenir les 20 et 21 novembre à Luxembourg, la Commission – par la voix de sonPrésident Jacques Santer – a présenté le 1er octobre dernier devant le Parlement européen ses propositions sur l’emploi. Celles-ci devraient servir de fil conducteurlors des discussions entre États membres.
Le Traité d’Amsterdam prévoit en effet l’élaboration d’orientations communes en matière d’emploi. Il instaure un processus qui permet d’évaluer chaque annéel’évolution de l’emploi au sein des États membres.
Mais ce qui a caractérisé l’intervention de Jacques Santer, ce sont les objectifs chiffrés : faire baisser d’ici à cinq ans le taux de chômage européen de10,8 % à 7 %, soit créer au moins 12 millions d’emplois. Comment ? Voici les axes du discours de la Commission.
La promotion de l’esprit d’entreprise
> Aide au démarrage et à la gestion des entreprises par la mise en place d’une réglementation «claire, stable et fiable» ;
> Soutien aux initiatives de «capital à risque» ;
> Réduction de la pression fiscale sur les entreprises pour les encourager à créer de nouveaux emplois.
L’aide à l’insertion professionnelle («employabilité»)
> Mesures préventives (identification des besoins) et mesures de réinsertion en offrant des possibilités d’emploi, de formation, de reconversion, etc. à tout adulte auchômage et à tout jeune avant que celui-ci n’ait été six mois au chômage. Pour la Commission, l’effet combiné de ces mesures devrait entraîner uneréduction de moitié du chômage de longue durée et de celui des jeunes dans un délai de cinq ans ;
> Lutte contre le décrochage scolaire en réduisant de moitié en cinq ans le nombre de jeunes qui quittent prématurément le système scolaire ;
> Porter le pourcentage de chômeurs qui se voient proposer une formation de 10 % (moyenne actuelle de l’UE) à 25 % dans un délai de cinq ans ;
> Partenariat : associer entreprises et partenaires sociaux dans l’amélioration des perspectives d’emploi.
La promotion de la capacité d’adaptation
> Modernisation de l’organisation du travail par la flexibilité, la réduction du temps de travail, etc ;
> Promotion de l’investissement en ressources humaines (formation en entreprise).
Le renforcement de l’égalité des chances
n lutte contre la discrimination envers les femmes en soutenant une augmentation de l’emploi des femmes ;
n des services de qualité en matière de garde d’enfants pour aider les femmes à concilier vie professionnelle et vie familiale ;
n aide à la réintégration dans la vie active des femmes qui l’avaient quittée pour une période plus ou moins longue.
Selon le Président Santer, l’objectif ambitieux de créer 12 millions d’emplois nouveaux d’ici cinq ans peut être atteint si les États membres «jouent le jeu».Il a néanmoins mis en garde contre les faux espoirs qui risquent de se traduire en vraies déceptions : «Aucun texte du Traité, aucune conclusion du Conseil européen,aucune déclaration d’intention ne crée de l’emploi. Pour cela, il faut une action effective, efficace et tenace sur un large front. Qui prendra du temps. Car la baguette magiquen’existe pas !»

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