Alter Échosr
L'actualité sociale avec le décodeur

Archives

SLRB et FéBUL mettent en œuvre la formation des habitants des logements sociaux

Le 31 janvier se sont déroulées les élections des conseils consultatifs de locataires (Cocolo) dans le secteur du logement social bruxellois. La création de cesconseils était prévue par une ordonnance datée du 22 décembre 20001 et mise en œuvre par un arrêté du gouvernement le 26 juin 20032. Ces textesobligeaient, entre autres, la SLRB (Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale)3 à organiser l’information et la formation des locataires sociauxconcernant les Cocolo (élections, fonctionnement, etc.). Des études ont été réalisées, des débats ont eu lieu sur la pertinence ou non de créerun centre de formation spécifique. Pour finir, la SLRB a décidé de confier une mission d’information et formation à la FéBUL4 (Fédérationbruxelloise des Unions de locataires).

27-07-2005 Alter Échos n° 156

Le 31 janvier se sont déroulées les élections des conseils consultatifs de locataires (Cocolo) dans le secteur du logement social bruxellois. La création de cesconseils était prévue par une ordonnance datée du 22 décembre 20001 et mise en œuvre par un arrêté du gouvernement le 26 juin 20032. Ces textesobligeaient, entre autres, la SLRB (Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale)3 à organiser l’information et la formation des locataires sociauxconcernant les Cocolo (élections, fonctionnement, etc.). Des études ont été réalisées, des débats ont eu lieu sur la pertinence ou non de créerun centre de formation spécifique. Pour finir, la SLRB a décidé de confier une mission d’information et formation à la FéBUL4 (Fédérationbruxelloise des Unions de locataires).

Déléguer la formation au terrain

Explication d’Yves Lemmens, directeur adjoint ff de la SLRB : « Au lieu de créer un centre de formation supplémentaire à la durée de vieindéterminée, nous avons préféré développer cela en interne et déléguer vers l’extérieur, vers des acteurs plus compétents.Nous ne voyons pas l’utilité de mettre quelque chose en place, alors qu’il existe déjà quelque chose qui fonctionne. » Il s’empresse d’ajouter :« Mais cela ne veut pas dire qu’on s’interdit, dans l’avenir, de créer quelque chose du genre. »

Françoise Melery, en charge du dossier Cocolo à la SLRB, justifie le choix de la FéBUL : « Il faut une formation pour les membres des conseils consultatifs pour faireremonter les problèmes des gens à la surface. Il faut aussi leur apprendre à faire le tri. Le but premier est de former des gens compétents pour défendre desintérêts collectifs et non des intérêts individuels. Les gens apprendront les techniques de réunion de groupe, à monter des dossiers, à défendreleur point de vue devant un conseil d’administration. La FéBUL nous semble bien placée pour assurer cette formation. En revanche, pour les aspects plus liés à lalégislation, c’est la SLRB qui s’en occupera. »

Des locataires motivés

Depuis octobre 2000, la FéBUL mène une formation à destination des travailleurs sociaux des projets de cohésion sociale, qui marquent un intérêtgrandissant pour celle-ci. Par ailleurs, elle cherchait des moyens d’élargir aux habitants, et la campagne pour les Cocolo a offert cette opportunité.

« Pour 2003, la FéBUL s’est vu confier l’information des candidats aux Cocolo et, pour 2004, la formation des délégués, en plus de lapossibilité d’inclure des habitants prenant des responsabilités au sein des PCS », explique Chille Deman, coordinateur de l’association. « Dès que lesarrêtés sont sortis pour les Cocolo, nous avons commencé dare-dare la mission d’information et de formation des locataires. Un film de 22 minutes a étéréalisé pour expliquer le Cocolo aux habitants. Nous étions les acteurs de ce film qui montre le parcours d’une candidate aux élections (ses hésitations, sacampagne, son élection). Le film a été montré dans 25 SISP (54 séances) pour toucher un maximum de gens. Les séances d’information ont eu lieu dans lesinfrastructures des SISP. Les locataires ont bien accueilli le film et à la fin, on pouvait voir si des gens étaient candidats. Mais le délai d’information étaittrès court, il aurait fallu six mois de plus. Finalement, les listes ont été déposées fin novembre5. »

En janvier, la FéBUL a organisé quatre séances d’infos pour les candidats. « Le contenu était identique à chaque fois, mais les séances sedéroulaient à des moments différents afin de permettre à un maximum de personnes d’y assister, précise notre interlocuteur. Sur les quelque 380 candidats,plus de 170 ont assisté aux séances. Les questions des gens étaient pertinentes, elles portaient sur des aspects collectifs plutôt qu’individuels. Il y a eu desdemandes pour de prochaines formations. »

Former un maximum d’habitants

La convention d’information-formation a été prolongée d’un an avec la SLRB. L’objet reste le même : former les habitants des PCS et des Cocolo. Pourmener à bien cette tâche, la FéBUL a engagé une personne supplémentaire. Le budget, lui, s’élève à près de 60.000 euros par an.« À long terme, nous souhaiterions arriver à créer un centre pour briser le clivage entre les habitants du logement social et ceux du logement privé vivant dans lemême quartier, conclut Chille Deman. Ce centre pourrait aussi être ouvert aux habitants des CLDI (Commission locale de développement intégré) et àd’autres, un peu sur le modèle anglais du centre de formation pour habitants à Chester. »

1. Ordonnance du 22 décembre 2000 modifiant l’ordonnance du 9 septembre 2003 portant modification du Code de logement pour la Région de Bruxelles-Capitale et relative ausecteur du logement social, Moniteur Belge du 21.07.2001.
2. Arrêté du 26 juin 2003 du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale relatif aux conseils consultatifs des locataires institués auprès dessociétés immobilières de service public, Moniteur Belge du 0. 07.2003.
3. SLRB, rue Jourdan 45-55 à 1060 Bruxelles,
tél. : 02 533 19 11, fax : 02 533 19 00,
site : http://www.slrb.irisnet.be.
4. FéBUL, rue du Progrès 333 à 1030 Bruxelles,
tél. : 02 201 03 60, courriel : febul@skynet.be

5. Il n’y a pas de Cocolo dans les 33 SISP. Des listes valables ont été déposées dans 23 sociétés seulement. Une charte est signée entrechaque candidat et une association de locataires reconnue : d’une part, le texte prévoit d’expliquer ce qu’est le Cocolo au candidat, d’autre part, il rappelle aucandidat qu’il est tenu de respecter les lois, et plus particulièrement les lois contre le racisme et la discrimination.

Baudouin Massart

Pssstt, visiteur, visiteuse du site d'Alter Échos !

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, notamment ceux en lien avec le Covid-19, pour le partage, pour l'intérêt qu'ils représentent pour la collectivité, et pour répondre à notre mission d'éducation permanente. Mais produire une information critique de qualité a un coût. Soutenez-nous ! Abonnez-vous ! Et parlez-en autour de vous.
Profitez de notre offre découverte 19€ pour 3 mois (accès web aux contenus/archives en ligne + édition papier)