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Rosetta : des chiffres en attendant une évaluation

Le 31 mars étaient présentés à la presse les résultats d’une étude commandée par l’administration fédérale aux économistes del’Université de Liège1. On n’y apprend que très peu de choses au vu des analyses qui étaient déjà sur la place publique, et on y confirmeque le plan ne touche pas sa cible autant qu’annoncé à son lancement.

28-07-2005 Alter Échos n° 140

Le 31 mars étaient présentés à la presse les résultats d’une étude commandée par l’administration fédérale aux économistes del’Université de Liège1. On n’y apprend que très peu de choses au vu des analyses qui étaient déjà sur la place publique, et on y confirmeque le plan ne touche pas sa cible autant qu’annoncé à son lancement.

Les chercheurs expliquent que leur cahier des charges comprend la réalisation d’une étude de trajectoires visant à comprendre quels jeunes travailleurs se sontretrouvés dans le plan Rosetta et ce qu’ils deviennent après leur Convention de premier emploi. Mais voilà, les administrations fédérales n’ont apparemment pas puleur transmettre dans les temps les données utiles – pourtant relatives seulement à 2000 et 2001, soit un an et demi pour une mesure qui en a trois. Leur rapport est doncessentiellement descriptif.

Nous n’en retenons que deux données qui n’avaient pas encore été produites par ailleurs.

> Alors que les obligations d’embauche que les secteurs privé et public doivent assumer sont respectivement de 4 % et 1,5 %, les résultats atteints en moyenne en 2001 sontrespectivement de 2,75 % et de 0,3 %. Notons que ces résultats doivent avoir empiré depuis puisque 2001 est l’année où la mesure a le mieux marché. Les chercheursmettent en cause, pour ce qui est du secteur privé, l’insuffisance des contrôles et des sanctions, mais sans donner d’argument chiffré. La ministre Onkelinx va dans leur sens :depuis quelques mois, le nombre de jeunes en emploi Rosetta réaugmenterait légèrement, depuis que l’administration a reçu la consigne d’être plus stricte,explique-t-on à son cabinet.

> Entre avril 2000 et décembre 2001, 33 % des Rosetta étaient des jeunes qui venaient de terminer leurs études et rencontraient directement eux-mêmes leur premieremployeur ; 29 % venaient du chômage ou du stage d’attente ; 34 % terminaient un contrat de travail (peut-on parler pour eux de Convention de “premier” emploi ?) ; et 4 % étaient “inactifs”. Lerapport relève que les jeunes qui réussissent le mieux à rester au travail après une première convention sont les plus qualifiés, ou ceux qui sont souscontrat à durée indéterminée.

Les chercheurs s’attellent en ce moment à la seconde partie de leur travail : une étude longitudinale sur plusieurs cohortes de jeunes en emploi Rosetta. Résultatsannoncés pour dans quelques mois. Une des questions qui les taraudent est de savoir dans quelle mesure ce Plan premier emploi ne joue pas sur des effets d’aubaine, c’est-à-dire qu’unepartie des entreprises auraient de toute façon pris sous contrat ces jeunes recrues (les plus qualifiées, juste à la sortie de leurs études).

1. Ciriec/ULg, Sart-Tilman bât. B33 – bte 6 à 4000 Liège, tél. : 04 366 27 46, fax 04 366 29 58, e-mail : ciriec@ulg.ac.be, site Web :http://www.ulg.ac.be/ciriec

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