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Renforcer le pouvoir d’achat : les mesures prioritaires des socialistes

Dans le cadre des 10 chantiers prioritaires du gouvernement fédéral, le PS propose de nouvelles mesures prioritaires1 pour renforcer le pouvoir d’achat des gens. Cesmesures visent, en priorité, les travailleurs qui ont des bas ou moyens salaires et les plus démunis qui vivent avec le revenu d’intégration.

26-02-2006 Alter Échos n° 203

Dans le cadre des 10 chantiers prioritaires du gouvernement fédéral, le PS propose de nouvelles mesures prioritaires1 pour renforcer le pouvoir d’achat des gens. Cesmesures visent, en priorité, les travailleurs qui ont des bas ou moyens salaires et les plus démunis qui vivent avec le revenu d’intégration.

Une nouvelle réforme fiscale, ciblée sur les bas revenus, qui sortirait ses effets progressivement dans les années à venir. Elio Di Rupo s’en défend. C’estpourtant bel et bien à cela que le Montois, coiffant sa casquette de président du PS, a appelé ce 7 février.

Thème central : le pouvoir d’achat des gens, qui est une « réelle inquiétude ». Car « le prix des choses a augmenté de 20 % en dix ans », créant « par rapport àcertains revenus une dichotomie, une réelle inégalité. » À tel point qu’aujourd’hui « la précarité peut toucher tout le monde », M. Di Rupo « connaissantpersonnellement des directeurs généraux qui gagnaient très bien leur vie et sont aujourd’hui dans le besoin ». Pour tous, cette précarité est tout simplement »inacceptable ».

L’heure est donc venue pour le gouvernement fédéral de prendre « des mesures complémentaires ». Elles sont de quatre grands types. Un : le salaire poche des travailleurs, qu’ondoit augmenter avec « une augmentation des frais forfaitaires déductibles, imputée immédiatement sur le précompte professionnel ». De 0 à 4 790 euros, le forfaitpasserait de 25 à 30 %, puis de 10 à 15 % jusqu’à 9 520 euros. Gain net : 190 euros par an pour un salaire brut de 16.120 euros.

Autre complément : un forfait minimal de frais professionnels déductibles de 2 471 euros. Rien, par contre, pour les travailleurs déduisant les frais réels. « Cela neconcerne souvent pas des gens de condition modeste, qui y ont parfois droit mais n’en font pas usage en raison de la complexité de la démarche. »

Deux : un salaire de départ plus attractif quand on quitte le chômage, pour motiver les allocataires à retrouver un boulot. Tout qui n’excède pas 20.000 euros annuels derevenus se verrait appliquer un précompte réduit à 10,09 % pendant un an, puis 15 % la deuxième année.

Les travailleurs à bas revenus se verraient aussi octroyer un supplément d’allocations familiales. Ces suppléments existent déjà pour des allocatairessociaux.
Le PS veut également se battre pour l’amélioration du pouvoir d’achat des plus démunis, notamment en revalorisant le revenu d’intégration sociale (RIS) et des allocationsles plus basses de 2 % au 1er octobre 2006. Pour un bénéficiaire du revenu d’intégration isolé touchant 625,60 euros mensuels, la hausse serait de 31,28euros.Cette mesure coûterait 30 millions €. Le parti socialiste demande qu’on atteigne 10 % de majoration du RIS et des allocations les plus basses avant la fin de lalégislature.

Enfin, les socialistes demandent la liaison au bien-être du revenu d’intégration sociale et des allocations les plus basses. Les socialistes voudraient que ce mécanisme soitréellement d’application au 1er janvier 2008.

Coût de l’ensemble : environ 900 millions, avec une entrée en vigueur qui devrait être étalée sur plusieurs années, principalement pour ce qui concerne leprécompte professionnel.
Pour Elio Di Rupo, ces mesures sont absorbables dans le budget de l’État et s’inscrivent dans les 10 chantiers du gouvernement.

Propositions socialistes : oui mais…

Le député CDH Benoît Drèze se réjouit des propositions avancées par le président du parti socialiste, Elio Di Rupo, pour renforcer le pouvoird’achat des bas et faibles revenus. Seul bémol : les incitants temporaires que pourrait selon le PS conserver le chômeur qui décide d’accepter un emploi à bas salaire.Cette mesure proposée pour combattre les pièges à l’emploi est qualifiée « un peu d’attrape-nigaud », par le député centriste. « Il serait plus opportun desupprimer tous les avantages liés à certaines allocations sociales – comme les réductions tarifaires, par exemple – que le chômeur perd quand il prend un statut desalarié. Mais, en même temps, il faudrait augmenter de manière structurelle le montant de l’allocation sociale. Cela permettrait de rétablir l’égalité entreles statuts ».

1. Communiqué

catherinem

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