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"Raser la cité du Rempart des moines ? La position du Syndicat des locataires (II)"

06-11-2000 Alter Échos n° 85

José Garcia, président du Syndicat des locataires1, nous a fait part de sa position dans le cadre de la problématique du « Rempart des moines ». Pour rappel, un scénariode démolition-reconstruction a été évoqué pour cet ensemble constitué de cinq tours de logements sociaux . En résumé, le Syndicat deslocataires s’oppose à la destruction des tours. « Même si ces tours sont moches, inesthétiques sur le plan architectural, nous sommes contre la démolition des tours,explique José Garcia. Selon nos estimations, cela coûterait le double d’une rénovation de l’ensemble. Maintenant, il est possible qu’avec le départ de l’actuelprésident du Foyer bruxellois, ce projet soit abandonné. S’il ne l’est pas, nous ferons tout pour nous y opposer. Avant tout, il y a des gens qui habitent dans ces tours. Si on imagineun scénario de démolition-reconstruction, on voit mal comment on va reloger les gens ».
AE – Mais les tours ne sont pas une solution…
JG – On ne peut plus construire de nos jours de telles aberrations architecturales. Les tours de logements sociaux, c’est le cancer de la ville. Cela commence par un petit mélanome et cela setermine par un cancer généralisé. Avoir une telle concentration de population sur x m2 , c’est de la folie sur le plan sociologique !. Au début des années 60, pourle secteur de la construction, c’était une manière de rationaliser les coûts et d’obtenir en plus un rendement supérieur. Par rapport à la démolition, si onpouvait se permettre ce scénario sur le plan financier (relogement compris), nous serions d’accord dans l’absolu. Mais on n’a pas un franc pour cela. La réalité nous invite aucalme. La solution est donc de rénover et pas seulement en termes d’isolation thermique. Il faut aussi penser à l’isolation acoustique. C’est un problème propre à toutesles tours de logements, qu’il s’agisse de logements sociaux ou non, de biens loués ou acquis.
AE – Et les projets de cohésion sociale dans les grands ensembles ?
JG – Pour combattre la décohésion, investissons effectivement dans des projets de cohésion sociale, dans l’humain. Améliorons les rapports entre les locataires et lessociétés immobilières (SISP). Il faut aussi décongestionner toute la misère concentrée en un seul endroit. Pour y parvenir, mettons en pratique une politiqued’achat des biens immobiliers vides ou abandonnés du privé2. Cela aura de plus un impact esthétique sur la ville, puisque les chancres urbains disparaîtront.
1 Square Albert Ier 32 à 1070 Bruxelles, tél. : 02 522 98 69, fax : 02 524 18 16, e-mail : syndicatdeslocataires@skynet.be
2 Voir AE n° 82 du 25 septembre 00, p. 26.

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