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« Nouvelles évidences sur les grands équilibres de l’économie wallonne »

28-09-1998 Alter Échos n° 37

Le 22 octobre, le ministre régional de l’Emploi inaugurait le nouvel Observatoire wallon de l’emploi. A cette occasion, des chercheurs de l’UCL (IRES) et des FUNDP (CREW)présentaient les principaux résultats de leur étude toute fraîche sur «Les facteurs explicatifs de l’évolution de l’emploi en Wallonie et de la divergenceinterrégionale pour la période 1974-1995».
Analysant l’évolution macroéconomique des grandes variables de la comptabilité «nationale» (production et revenus, dépenses publiques, investissements,importations et exportations), les chercheurs décrivent un «décrochage» depuis 1983 de l’économie wallonne par rapport à la Flandre, principalement en termesd’investissements, de compétitivité et de chômage. Ce décrochage est principalement dû aux coupes sombres dans les industries métallurgiques etapparentées, et concentre ses effets sur le Hainaut et le bassin de Liège.
Le rapport se penche sur le marché de l’emploi et constate, qu’à volume d’offre de travail égal et maximal, la Walllonie aurait toujours 5 % de chômeurs et la Flandre 2,5 %.C’est que les différents cloisonnements de ce marché sont importants tant en termes d’obstacles à la mobilité géographique (on n’investit pas nécessairementdans les zones à taux de chômage élevé) que de non correspondance entre qualifications demandées et niveau de diplôme des demandeurs d’emploi. Il enrésulte des «poches» de chômage de longue durée.
Mais on constate aussi que «les taux de sortie individuelle du chômage ne diminuent pas avec la durée d’inoccupation». On n’a donc pas affaire à un chômage quise nourrit lui-même. Plus que la durée de chômage, ce sont les caractéristiques mêmes des demandeurs d’emploi dès leur entrée au chômage, qui, peudemandées sur le marché, constitueraient des facteurs de chômage de longue durée. Trois pistes d’explications sont citées : en amont, la segmentation et lahiérarchisation des filières de l’enseignement obligatoire ; en aval les coûts du travail et aussi les progrès techniques incorporés dans les nouveauxinvestissements, exigeant peu de main-d’œuvre non qualifiée.
Le rapport termine par une série de propositions. On en retiendra quelques unes.
> Il n’y a pas lieu de baser des politiques d’emploi sur le critère de la durée d’inoccupation. Il faut privilégier des mesures d’accompagnement et d’orientation quipermettent un repérage le plus précoce possible (à la limite dans les quelques premiers mois d’inoccupation) des personnes les moins bien positionnées sur le marchéde l’emploi.
> Les politiques temporaires en matière d’aides à l’embauche et de mise au travail ne sont pas des réponses pertinentes à l’inadéquation structurelle entrecaractéristiques des chômeurs et des postes vacants. De telles mesures doivent être accompagnées d’actions de formation.
> Stimuler la création d’emplois accessibles aux personnes défavorisées, emplois qui feraient évoluer leur profil.
> Il est nécessaire d’évaluer rapidement le début de la mise en œuvre de la politique de parcours d’insertion.
> Stabiliser l’emploi des opérateurs du parcours d’insertion pour améliorer l’efficacité de leur action.
> Réorienter les moyens, peu efficaces, consacrés à la formation des jeunes chômeurs, vers l’enseignement obligatoire.
> Un décloisonnement entre eux des Comités subrégionaux pour l’emploi et la formation permettra une meilleure circulation des informations sur les profils de demandeursd’emploi, les formations et les postes vacants, augmentant donc la mobilité géographique sur le marché.
1 Cabinet : rue du Moulin de Meuse 4 à 5000 Namur, tél. : 081/22 47 11, fax : 081/22 47 64, site web : http://vancau.wallonie.be

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