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« Mon quartier en noir et blanc », la photographie comme poseur de diagnostic

« Poser le diagnostic de la qualité de la vie d’un quartier mais aussi et surtout insuffler une dynamique participative qui consiste à mettre autour d’unemême table habitants, associations de quartier ou travaillant sur les questions de santé, et autorités communales ». Tel était l’objectif de la premièrephase du projet « Mon quartier en noir et blanc », une exposition photo qui se déroule à partir du 10 octobre dans la commune d’Ixelles dans le cadre de soninscription comme « commune en santé ».

28-07-2005 Alter Échos n° 151

« Poser le diagnostic de la qualité de la vie d’un quartier mais aussi et surtout insuffler une dynamique participative qui consiste à mettre autour d’unemême table habitants, associations de quartier ou travaillant sur les questions de santé, et autorités communales ». Tel était l’objectif de la premièrephase du projet « Mon quartier en noir et blanc », une exposition photo qui se déroule à partir du 10 octobre dans la commune d’Ixelles dans le cadre de soninscription comme « commune en santé ».

Diagnostic avant rénovation

Explications. Le projet, imaginé par l’asbl « Question santé », n’a pas concerné la population de l’ensemble du territoire de la commune. Eneffet, c’est un quartier, et en particulier celui de Blyckaerts – Matongué, qui a été choisi. Françoise Picqué, échevine de la Santé, del’Instruction publique, de l’Action sociale et de la Qualité de la vie explique que ce choix n’est pas dû au hasard : « Il s’agit d’un quartier enpleine mutation, mutation à laquelle certains habitants m’avaient déjà exprimé leur désir de participer activement, notamment à travers le Contrat dequartier qui s’y développe depuis un an. » Aussi, ce sont les personnes les plus défavorisées qui ont été appelées à prendre part àcette initiative étalée sur deux ans. La première phase du diagnostic est aujourd’hui terminée. Les organisateurs se félicitent de l’avoir poséà l’aide des premiers concernés, les habitants, et ce « à l’inverse d’autres projets communautaires faisant appel à des professionnels ».

De quels outils le projet a-t-il fait usage afin d’émettre ce diagnostic ? Bénédicte Meiers de l’asbl Question santé explique que « le moyen principala été le reportage photo ». Et de continuer : « Concrètement, pendant un an, des volontaires se sont initiés au reportage photographique pour exprimerl’état des lieux de leur quartier par l’image et par la parole ». Un questionnaire est aussi venu compléter les photographies. Photographies qui sontprésentées au grand public jusqu’au 24 octobre prochain1.

Difficile intégration des jeunes

Quid de l’implication des jeunes dans ce projet ? Dans un quartier où les espaces de jeux ne sont pas légion, Emmanuel Vander Beken de SOS Jeunes-Quartier Libre2 explique quel’AMO a proposé à des jeunes âgés de 9 à 13 ans de sortir à la découverte des endroits de leurs quartiers qu’ils jugeaient «incontournables ». « Nous sommes partis avec l’objectif d’expliquer le projet aux jeunes, ce qui n’est déjà pas simple lorsqu’il s’agit defaire le lien entre la photo, la santé et la culture. » Un élément qui semble montrer en partie les difficultés à intégrer les jeunes dans ce projet.Mais ce n’était pas là le seul obstacle. « Il est difficile de faire le lien avec les adultes. Ces derniers se retrouvent entre autres en soirée, à des momentsqui ne conviennent pas spécialement aux jeunes », commente Emmanuel Vander Beken. Quelle a été la méthodologie adoptée par SOS Jeunes-Quartier Libre ? «Au départ les jeunes nous disaient ne rien avoir dans leur quartier qu’ils qualifiaient d’ailleurs de “nul”. Mais en regardant une carte, ils nous ont fait part decertains lieux spécifiques où ils voulaient aller », ajoute-t-il. Des endroits qui n’étaient autres que des lieux de bien-être, donc des espaces de jeux ou desparcs mais « se situant néanmoins en dehors du quartier où ils habitent en réalité, ce sont pourtant des lieux qu’ils s’approprient ». EmmanuelVander Beken explique encore que « au sein de Quartier libre, la méthodologie du travail consiste à faire des jeunes les propres organisateurs de ce qu’ils réalisent.Notre rôle est de proposer un soutien ». Il était donc logique de proposer aux jeunes de développer leurs photos dans un laboratoire.

Du côté des adultes, il semblerait que si la mixité sociale et culturelle ainsi que la fréquentation du quartier par nombre de jeunes est évoquéepositivement, certains accusent ces mêmes jeunes lorsqu’il s’agit d’évoquer un sentiment d’insécurité en rue…

Indétermination

Dans les prochains mois, le projet entrera dans sa seconde phase. SOS Jeunes-Quartier Libre espère élargir le pôle jeune du projet en effectuant un travail de réflexionsur les photos en leur donnant un sens, « de manière à pouvoir répondre aux attentes du diagnostic ». Enfin, du projet devrait émerger quelque chose, «peut-être du type associatif… ».

1. Renseignements : Hôtel communal d’Ixelles, chée d’Ixelles 168 à 1050 Bruxelles, tél. : 02 515 61 49.
2. SOS Jeunes-Quartier Libre, rue Mercelis 27 à 1050 Bruxelles, tél. : 02 503 19 90.

Agence Alter

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