Partager par e-mail Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur LinkedIn Partager sur Pinterest Impression
Emploi/formation
manifestation de la FGTB contre l'activation Crédit Vinciane Convent 2010

La Wallonie s'oppose au travail obligatoire des chômeurs

12 septembre 2014 Sandrine Warsztacki

L’ambition de la coalition suédoise d’imposer des travaux d’intérêt général aux chômeurs se heurte au refus des Régions. Après le ministre bruxellois de l’Emploi, Didier Gosuin (FDF), c’est au tour de sa consœur wallonne, Éliane Tillieux, d’opposer son véto.

C’est sa première prise de position forte depuis son entrée dans ses nouvelles fonctions, la ministre wallonne de l’Emploi, Éliane Tillieux (PS), interviewée dans Le Soir de ce vendredi, fera barrage à tout projet du gouvernement fédéral en formation d’introduire une forme de travail d’intérêt général obligatoire pour les chômeurs. Cette mesure, estime-t-elle, créera de la concurrence déloyale avec les entreprises qui engagent. « On pourra s’enorgueillir de dire que tout le monde travaille et qu’il n’y a, en quelque sorte, plus de chômage. Mais en fait, tout ce qu’on aura fait, c’est faire disparaître effectivement un chômage pour en recréer un nouveau ». Elle s’en prend aussi caractère « simpliste » du discours sur le travail des chômeurs ou bénéficiaires du RIS, rappelant que ceux-ci font déjà l’objet de contrôles importants. « Quand une personne cherche du travail et n’en trouve pas, et subit d’autre part des contrôles pour vérifier cette recherche d’emploi, je ne vois pas pourquoi on lui imposerait en plus des travaux d’intérêt général. »

Cet été, Didier Gosuin (FDF), avait déjà émis des réserves allant dans le même sens, relaye encore le quotidien : « Un demandeur d’emploi a une obligation de chercher des emplois, d’accepter ceux qui sont convenables. Le gouvernement fédéral ne pourra pas mettre en œuvre sa mesure parce qu’elle est de la compétence des Régions. De facto, ils devront faire des accords de coopération, donc j’attends de voir les propositions avant de me prononcer. »

La question du travail obligatoire des chômeurs montre bien à quel point le climat est aujourd’hui tendu entre les différents étages de la maison Belgique. Au point de rendre nombre de politiques inapplicables que ce soit, en matière d’emploi, mais aussi de social, de santé, etc. ?   Car les Régions auront, elles aussi, besoin du fédéral pour mener certains chapitres de leurs déclarations de politiques gouvernementales à bien. (Lire notre édito Dans la mesure des moyens disponibles)

A la Une