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La Cioc, une banque de données pour l'aide à la jeunesse

Cellule d’information, d’orientation et de coordination, la Cioc1 existant déjà pour lister les places disponibles en IPPJ2, CAS3 etCAU4, a étendu ses missions et développé un outil informatisé qui permettra en temps réel de connaître les places libres existantes au sein de tousles services d’aide à la jeunesse. Cet outil offrira aussi un accès aux projets pédagogiques des services et devrait donc conduire à des prises en charge (PEC) plus enadéquation avec la problématique des jeunes concernés. Un programme qui questionne, au-delà du listing, le lien entre mandants et services.

18-01-2008 Alter Échos n° 243

Cellule d’information, d’orientation et de coordination, la Cioc1 existant déjà pour lister les places disponibles en IPPJ2, CAS3 etCAU4, a étendu ses missions et développé un outil informatisé qui permettra en temps réel de connaître les places libres existantes au sein de tousles services d’aide à la jeunesse. Cet outil offrira aussi un accès aux projets pédagogiques des services et devrait donc conduire à des prises en charge (PEC) plus enadéquation avec la problématique des jeunes concernés. Un programme qui questionne, au-delà du listing, le lien entre mandants et services.

La ministre Fonck5 a mis en place depuis 2006 un groupe de travail composé de représentants du secteur AJ et de la Cioc afin de répondre aux lacunes relevéeslors des Carrefours de l’Aide à la jeunesse6, à savoir le manque de places pour des prises en charge (PEC) et surtout en hébergement, le temps perdu autéléphone par les mandants (conseillers, directeurs et juges de la jeunesse), l’inadéquation entre les possibilités de PEC et le profil du jeune,… Travail quele groupe a ciblé sur la recherche de critères utiles à l’encodage et en lien avec le respect de la vie privée des jeunes, sur le caractère obligatoire pourles services, la sécurité informatique, le planning d’information, de formation des utilisateurs,…

Objectifs

Une base de données en temps réel de la nature et de la disponibilité des PEC des services et des projets pédagogiques en Communauté française, uneouverture à des statistiques qui font actuellement défaut dans le secteur et à des données qui pourront être utilisées par la DGAJ7 notamment pourla subvention des services (système actuel SIGMAJED)8 sont les objectifs visés. Objectifs dont vont découler d’autres comme le gain de temps, la transparence desdonnées et une efficacité qui devrait ainsi en être accrue.

Réactions de futurs utilisateurs

Bien que la place des AMO ne soit pas encore précisée par la Cioc (vu leur travail hors mandat), Pascal Rigot, directeur d’AMO9, pose cependant un regard prudentquant à cet outil. « Certes, l’intention est louable mais les acteurs ne vont-ils pas se retrouver face à un système informatique compliqué (risque de bogueset de défaillances du logiciel), par ailleurs coûteux qui demandera un encodage hyper précis (entrée et sortie à comptabiliser immédiatement, erreur dedonnées) et qui risque de conduire à une rigidification du système ? Ce dernier fera-t-il réellement gagner du temps par rapport au téléphone qui, lui,privilégiait la connaissance du réseau, le contact interpersonnel ? » Et d’ajouter, que pour lui, une évaluation rapide de ce système est primordiale.

Marie-Jeanne Chabot, conseillère au Service de l’aide à la jeunesse de Dinant10, considère aussi que cet outil est une bonne initiative car il permettrad’éviter des dizaines de coups de téléphone à donner pour trouver une place. La disponibilité sera plus visible et conduira à un gain de temps. Ce seraaussi un moyen de contrôle des places réelles des services, contrôle qui préoccupe, selon elle, certains mandants. «Concrètement comme la demande de PEC devraêtre réintroduite tous les quinze jours, cela rendra le système plus actif. Fini aussi les listes d’attente des services, fini les confusions dues au fait de ne pasretéléphoner aux neuf services contactés pour une PEC pour leur dire que le dixième a dit oui ! Mais des précautions déontologiques sont, pour cetteconseillère, à garantir car la demande de PEC pour un jeune (et donc son profil) va se retrouver dans la boîte de réception de tous les services censés pouvoir leprendre en charge. Avant, seul le service qui acceptait la PEC recevait toutes ces informations. Et d’attirer aussi l’attention sur le fait que le contrôle opéré lesera par la Cioc, qui est composée d’informaticiens et non de pédagogues. De plus ce programme a un coût qui ne créera pas de PEC supplémentaires. Si unservice travaille selon tels critères (âge, sexe) et si le jeune n’y correspond pas, il n’y aura de toute façon pas de place pour lui ; l’informatique ne pourrarien faire contre ce fonctionnement ! »

Pierre Tassin, directeur d’un SAAE11, questionne la complexité de l’outil face à l’objectif premier recherché par la Cioc, à savoir lesplaces qui sont disponibles en AJ. Alors pourquoi y insérer la fiche du jeune, les dates de fin de prise en charge qui risquent de tenter les mandants à anticiper leur demande de PECmême si la place n’est pas encore disponible. Il faudra en effet une discipline de chacun afin de pouvoir avoir des données claires et fiables. Et d’espérer aussi quele système informatique le soit également.

Autres questions relevées : comment seront intégrées les PEC qui se comptent sur une année et non de manière journalière, les listes d’attentefréquentes, les délais nécessaires pour trouver une famille d’accueil, la question des fratries qui n’apparaît pas dans l’encodage,… Et quelquesinquiétudes : la Cioc est-elle un contrôle du travail des services ou une façon d’obliger les services à travailler à 100 % de leur capacité ? Etcertains de dire que les séances d’information n’ont pas inspiré confiance pour la suite,… Une suite effective au plus tard en juillet 2008.

1. Plus d’infos sur la Cioc sur : http://www.carrefoursaj.be, onglet Actions prioritaires, groupe de travail 2 : Cioc.
2. Institution publique de protection de la jeunesse.
3. Centre d’accueil spécialisé.
4. Centre d’accueil d’urgence.

5. Cabinet Fonck :
– adresse : bd du Régent 37-40 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 788 83 11.
6. Carrefours de l’Aide à la jeunesse :
– site : www.carrefoursaj.be
7. Direction Générale de l’Aide à la Jeunesse :
– adresse : bd Léopold II, 44 à 1080 Bruxelles.
8. Base de données qui reprend l’ensemble des mesures prises par les conseillers e
t directeurs de l’aide à la jeunesse ainsi que les juges de la jeunesse àl’égard des jeunes lorsqu’elles donnent lieu à une prise en charge financière par la DGAJ.
9. Accompagnement de jeunes en milieu ouvert :
– adresse : rue Willy Ernst 29 à 6000 Charleroi
– tél. : 071 32 78 32.
10. Service d’aide à la Jeunesse de Dinant
– adresse : rue E. Dupont, 24 à 5500 Dinant
– tél. : 082 22 38 89 ou 082 22 43 88
– courriel : saj.dinant@cfwb.be
11. Service d’accueil et d’aide éducative, Acis asbl Maison du Sacré-Cœur :
– adresse : rue du Cimetière, 31 à 6030 Marchienne-Docherie
– tél. : 071 31 28 75
– courriel : sacrecoeur@acis-group
– tél. : 071 31 28 75.

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