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"L'intérim d'insertion pour les femmes peu qualifiées : la panacée ?"

26-06-2000 Alter Échos n° 78

L’intérim d’insertion est-il une voie d’accès à l’emploi pour les femmes en recherche d’insertion ? Vaste question débattue ce 15 juin lors d’une réunion detravail organisée par le projet Jump « employeurs » 1 qui favorise l’insertion professionnelle de femmes peu scolarisées qui ont mené à bien un parcours de formationd’adulte. Etaient présents : employeurs, organismes d’insertion, organisations intermédiaires, syndicalistes et responsables politiques.
Point de départ de la réunion : le plan de printemps adopté par le gouvernement en mars dernier, qui vise notamment à diminuer le nombre de minimexés. Parmi lesmoyens proposés : l’interim d’insertion (v. ci-dessus détails sur le projet de loi déposé au Parlement).
L’intérim – on le sait, il suffit de voir l’argent englouti dans les campagnes de pub -, est demandeur de main-d’œuvre, y compris pour des postes d’exécution. Alors, s’agit-il dufilon tout trouvé pour les peu qualifiés ? Pas si sûr, lorsqu’on entend employeurs et syndicats, qui chacun, pour des raisons opposées, contestent le projet.
M. Muyldermans, présent à la réunion et représentant l’Upedi 2 qui regroupe les agences privées d’intérim, a souligné que sa fédérationaurait souhaité pouvoir tester la formule du contrat à durée indéterminée avec un public cible moins « à risque », c’est-à-dire plus qualifié. Ila par ailleurs fait remarquer que le subside de 20.000 frs (activation) envisagé sur le salaire de l’employé représentait beaucoup moins que le subside accordé auxentreprises d’insertion, surtout la première année, alors que le public cible est identique… Néanmoins, M. Muyldermans affirme que la plupart des membres de l’Upedi ontbien accueilli le projet. Il s’interroge toutefois sur les chiffres avancés en matière d’emploi. « On parle de 15.000 intérims d’insertion en vitesse de croisière mais jepense qu’il va falloir un certain temps avant qu’on arrive à ce chiffre ». Et de conclure sur quelques propositions : « La mobilité et la garde des enfants sont les deux problèmesmajeurs rencontrés par le public-cible, pourquoi dès lors ne pourrait-on pas collaborer avec des sociétés comme De Lijn, par exemple, pour un transport semi-public versles entreprises et organiser des garderies ? »
Côté syndical, on récrimine aussi. Jacques Michiels de la FGTB 3 craint que, sous couvert de social, l’intérim constitue un nouveau pan de recrutement de manière »subsidiée » et fidélise finalement plus les travailleurs très qualifiés via le CDI que les peu qualifiés. « Nous allons également aboutir à unesituation paradoxale, c’est que les peu qualifiés vont pouvoir travailler sous contrat CDI via l’intérim alors que les plus qualifiés n’en bénéficieront pas. » Autresujet d’inquiétude : le manque de garantie du projet de loi quant à la possibilité de refuser une mission confiée par l’agence d’intérim. »
Quant aux CPAS, qui seront notamment chargés d’établir le « screening » des futurs candidats, il n’en a pas été question, sinon via l’Upedi qui souhaite renforcer sacollaboration avec eux.
Différents responsables d’expériences en cours d’intérim d’insertion sont venus témoigner. Pour la partie wallonne ; la collaboration entre le T-Intérim et laMission régionale de Charleroi (Mirec) et les Passerelles Intérim du Forem. Côté flamand : Plus Uitzendkrachten et bien d’autres comme Vitamine W, Instant A, Vlaamseinterim brugproject, etc. Des projets qui ont chacun leur particularité mais semblent, dans l’attente d’évaluations sérieuses, jusqu’à présent donner de bonsrésultats en matière d’insertion.
Parmi les informations recueillies lors de la réunion, on a entre autres appris que la condition de 6 mois d’attente pour les minimexés serait sans doute ramenée àquelques jours, que le volet formation entre deux missions serait « assuré » ( ?) par « TOK-EFD » (ASBL fédérale par laquelle transitent les cofinancements Objectif 3 des CPAS) etqu’un partenariat allait être établi avec Fabrimétal en matière d’insertion (activation du minimex)…
En final, s’il n’a pas été vraiment répondu à la question initiale, chaque participant a pu néanmoins partir mieux informé des avantages et limites de lanouvelle formule. Reste maintenant à faire le tri et à dégager les recommandations susceptibles d’optimiser les effets du projet pour les femmes en recherche d’insertion.
Jump employeurs, Eliane Blomme (Bruxelles – 02 250 35 60), Marie-Rose Clinet (Wallonie – 04 253 24 15), Karima Amezian (Flandre – 016 20 70 24) ou Valérie Verzele (02 233 40 31) auMinistère de l’Emploi.
2 Upedi, av. de l’Héliport 21 bte 3 à 1000 Bruxelles, tél. : 02 203 38 03, fax : 02 2203 42 68, e-mail : info@upedi.be
3 Centrale egénérale de la FGTB, rue Haute 26-28 à 1000 Bruxelles, tél. : 02 549 05 35, fax : 02 514 16 91, GSM : 075 56 86 43.

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