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L'appel des quartiers durables

Organisé par Bruxelles Environnement (IBGE-BIM), l’appel à projets « Quartiers durables » en est à sa deuxième édition.

23-05-2010 Alter Échos n° 295

Organisé par Bruxelles Environnement (IBGE-BIM)1, l’appel à projets « Quartiers durables » en est à sa deuxième édition. Censéfaire émerger des dynamiques collectives d’habitants, cet appel prime cinq projets par an. Petit tour de la question avec l’ERU (Centre d’études et de recherches urbaines)2,qui coordonne (entre autres) les opérations.

Inspiré par diverses expériences similaires, l’appel à projets « Quartiers durables » soutient, en Région de Bruxelles-Capitale, les habitantsdésirant s’investir afin de rendre leur quartier plus « durable ». Après les projets 2008/2009, l’édition 2009/2010 est aujourd’hui sur les rails et lesprojets sélectionnés peuvent bénéficier entre autres d’un encadrement par un animateur qui stimule et coordonne les actions ou encore d’un soutien technique et financierde 12 500 euros à titre d’« impulsion ». Le tout afin de faire fructifier ces projets citoyens. « C’est la grande caractéristique de cet appelà projets, nous explique-t-on à l’ERU, l’organisme qui encadre et évalue le processus en compagnie d’Ecoconso, d’Ecores et de vingt-et-une solutions. BruxellesEnvironnement s’est rendu compte qu’il était important de faire partir le mouvement « d’en bas », des citoyens. En cela, l’appel à projets est différent des contrats dequartiers durables où, si les habitants sont consultés, les pilotes de l’opération restent les pouvoirs publics. »

C’est donc un « groupe pilote » d’habitants qui se met en branle, de manière spontanée ou en se greffant sur des comités de quartier déjàexistants. Une fois le projet sélectionné, les choses sérieuses commencent. « Les projets choisis sont ceux considérés comme les plus « durables » et quiimpliquent le plus de monde, affirme Catherine De Zuttere, qui coordonne le projet « Quartiers durables » à l’ERU. En ce sens, il est important que le groupe pilote puisse trouver des « relais »au sein du quartier (qui peuvent être des écoles de devoir, des commerçants par le biais d’une antenne Atrium, etc.) afin de l’aider à « répandre » son projet. Unetâche pour laquelle nous apportons d’ailleurs notre aide. »

Un rôle qui va plus loin

Néanmoins, le rôle de l’équipe d’accompagnement des « Quartiers durables » ne s’arrête pas là, puisque la structure se voit tousles quinze jours afin de faire le point sur les « points transversaux » des projets. « Cela nous permet de vérifier la dynamique des projets. Nous avonségalement un rôle de « poste d’observation » et d’identification des méthodes « qui fonctionnent » », poursuit Catherine De Zuttere. Au rayon « réunionset rencontres », il convient de noter que deux types de rencontres sont prévues afin de soutenir les projets et d’impliquer les acteurs : de « simples »réunions d’information thématiques, centrées sur des sujets comme les paniers bio ou la végétalisation, et des réunions de réflexion, sorte deplate-forme pour « penser le quartier ».

Avec toute cette débauche d’efforts, les projets en « valent-ils dès lors la peine » ? À en croire nos interlocuteurs, la réponse est oui.« Ce sont des projets intéressants que nous essayons de rendre complémentaires avec d’autres initiatives comme les éco-quartiers ou les contrats de quartierdurable », continue Catherine De Zuttere qui émet néanmoins un bémol. « Certains projets ont une petite tendance au repli sur soi, que ce soit pour desraisons d’emploi du temps fort chargé ou bien par le fait que ce sont des « intellectuels » qui les mènent. Dans ce contexte, la communication avec le reste du quartier est quelquefois unpeu laissée de côté et la volonté, présente au début, de dépasser les clivages sociaux est parfois difficile à appliquer même si lespartenaires jouent un rôle favorable dans ce genre de cas », note-t-elle.

Notons encore que, si les projets sont soutenus pour un an, la pérennisation de ceux-ci doit être pensée dès l’élaboration par leurs créateurs. Untroisième appel à projets (2010/2011) devrait également avoir lieu, même si les moyens alloués pourraient diminuer par rapport aux deux annéesprécédentes, crise oblige.

1. Bruxelles Environnement-IBGE :
– site : www.bruxellesenvironnement.be
2. Coordination des Quartiers durables-ERU :
– adresse : rue d’Accolay, 15-17 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 539 01 41
– courriel : info@quartiersdurables.be

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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