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Journée mondiale de l’Habitat : ce qu’il faut faire et ne pas faire

À mesure qu’augmente l’urbanisation, la paupérisation s’accroît. Afin d’éviter que trois milliards d’humains ne vivent pas dans des taudis d’ici 2050, l’ONU propose uncatalogue de choses à faire et à ne pas faire.

11-10-2005 Alter Échos n° 195

À mesure qu’augmente l’urbanisation, la paupérisation s’accroît. Afin d’éviter que trois milliards d’humains ne vivent pas dans des taudis d’ici 2050, l’ONU propose uncatalogue de choses à faire et à ne pas faire.

Le 3 octobre consacrait la Journée mondiale de l’Habitat organisée par ONU-Habitat1. L’accent était mis sur la nécessité de gérerl’urbanisation rapide et réduire la pauvreté. Des recherches récentes ont démontré que d’ici 2050 près de deux tiers de la population mondiale, soit sixmilliards de personnes, vivront dans des villes. Vu les tendances actuelles, et si rien n’est fait, près de trois milliards de personnes vivront dans des taudis.

Cinq critères pour un logement correct

Pour rappel, dans sa déclaration du millénaire (“Millenium Declaration”), l’ONU a fait de la lutte contre les taudis un enjeu majeur. Elle fixe comme objectif à ONU-Habitatd’améliorer la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis d’ici 2020.
Il s’agit de s’assurer que ces personnes accèdent à un logement durable répondant au moins à cinq critères :
• de l’eau potable en suffisance pour un ménage et à un prix abordable ;
• des toilettes partagées par un nombre raisonnable de personnes ;
• un logement sûr dont on ne risque pas d’être expulsé ;
• un logement pérenne, c’est-à-dire construit sur un terrain sûr et ayant une structure permanente et suffisamment adéquate pour protéger ses habitants deconditions climatiques extrêmes ;
• une surface suffisante pour vivre, qui n’oblige pas deux personnes à vivre dans la même pièce.

Bonnes et mauvaises pratiques

L’ONU-Habitat reste toutefois lucide. Les déclarations d’intention sont une chose, mais la mise en œuvre sur le terrain en est une autre. L’ONU a identifié diverses pratiquespour aller vers un mieux, en regard desquelles elle a placé leur contraire. En voici quelques-unes :
• promouvoir des systèmes de bonnes gouvernances urbaines, au lieu de croire que les taudis vont disparaître avec la croissance économique ;
• permettre l’établissement de cadres institutionnels favorisant l’implication de partenaires, et non sous-estimer le rôle des autorités locales, des propriétaires,des dirigeants de communautés et des résidents ;
• mettre sur pied des stratégies de développement en faveur des villes pauvres ,et non les tenir à l’écart des plans d’investissement et de gestion urbaine ;
• encourager le rôle des habitants des taudis et reconnaître le rôle des femmes, et non ignorer les besoins et les contributions spécifiques des femmes et des groupesvulnérables ;
• garantir les droits d’occupation et de propriété et régulariser les habitations informelles, plutôt qu’ordonner des expulsions forcées au mépris deslois ;
• impliquer les locataires et les propriétaires dans la recherche de solutions prioritaires pour les intérêts collectifs, et non organiser la discrimination contre lalocation de logements ou la promotion unique de la propriété ;

On le voit, l’intention est de favoriser les personnes directement impliquées et non plus laisser aux seuls aménageurs, gestionnaires et experts urbains le soin de décider. Undéfi en soi, au Sud comme au Nord.

1. UN-HABITAT, Information Services Section, Office of the Executive Director, P.O. Box 30030, Nairobi, Kenya, tél. : +254 20 623120, fax : + 254 20 623477, courriel : infohabitat@unhabitat.org

Baudouin Massart

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