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Emploi/formation

ID CITY: entreprendre pour sa ville

Donner la possibilité aux jeunes d’agir concrètement pour améliorer le « bien vivre ensemble » dans leurs villes, c’est l’objectif derrière ID City, un projet à l’initiative du Fonds Prince Philippe.

01-04-2016
©Margaux Ruelle

Donner la possibilité aux jeunes d’agir concrètement pour améliorer le «bien vivre-ensemble» dans leurs villes, c’est l’objectif derrière ID City, un projet à l’initiative du Fonds Prince Philippe.

«Les jeunes c’est l’avenir», un credo souvent prononcé mais pas toujours appliqué dans la réalité. Les jeunes n’ont pas tellement d’espace d’expression ni d’action. C’est ce que veut mettre en place ID City, un concours d’idée qui s’adresse aux jeunes de 18 à 25 ans, porteur d’une idée pour leur ville ou leur commune. «Le but, à terme, cest de transformer cette idée en vrai projet et le concrétiser» explique Fabrice de Kerchove, responsable d’ID City au sein du Fonds Prince Philippe.

Le projet a été lancé pour la première fois cette année et prendra place dans trois villes pilotes: à Malines (où l’événement s’est déjà déroulé en février), à Charleroi le 16 avril et à Schaerbeek le 21 mai.

De l’entrepreneuriat social à petite échelle

Dans un premier temps, les jeunes sont amenés à laisser libre cours à leurs idées sur le site du projet. En quelques lignes, ils résument leur ambition. Toutes les idées sont les bienvenues autant au niveau culturel, que sportif, environnemental, social ou encore intergénérationnel mais avec quelques règles de base: des idées originales, réalistes et avec un impact local qui aide à la cohésion sociale. Ensuite, pendant une journée entière, ils seront encadrés par des professionnels de l’entrepreneuriat social afin de cadrer et faire évoluer le projet. À la fin de la journée, les jeunes choisiront eux-mêmes les trois projets qu’ils veulent voir se réaliser. Après sélection, les porteurs de projets recevront un budget de 5.000 euros et des conseils d’experts spécifiques du milieu associatif entre autres afin de mettre leur projet en place.

Un vide dressing à destination des personnes en situation précaire, des repas de quartier mensuels et équilibrés préparés par des gens pour apprendre à cuisiner, un repair café, un lieu destiné aux étudiants carolos, un club de football freestyle ou encore une maison pour encourager les artistes locaux, voici le genre d’idées soumises.

«Le but de ces ID City Days, cest de provoquer la discussion entre les jeunes, de leur permettre de confronter leurs idées avec dautres. Dans le contexte urbain, il y a une grande diversité sociale et culturelle mais une tendance à rester entre soi. Il y a un manque de mobilité entre les quartiers et les milieux sociaux, cest pourquoi on veut favoriser la rencontre et permettre aux jeunes de se rencontrer au-delà des frontières visibles et invisibles. À Malines, ça a super bien fonctionné, certains projets ont même fusionné», raconte Fabrice de Kerchove.

Encourager les initiatives personnelles

On le sait, la participation est un facteur très important pour aider à l’intégration sociale. Ainsi, ID City se veut un élément déclencheur pour créer chez le jeune un sentiment d’appartenance à la ville en ayant la possibilité d’y contribuer, d’y imprimer son empreinte. Le but c’est moins de valoriser des projets que la volonté du jeune d’agir: «On veut impliquer des gens qui ne sont pas directement dans des associations, ce sont plutôt les initiatives personnelles qui sont encouragées car elles trouvent rarement une résonance alors quelles ont un potentiel énorme», déclare Fabrice de Kerchove.

«Ici, si on a une bonne idée, tout un chacun peut la défendre. Souvent on a des idées quon voudrait réaliser mais on ne sait simplement pas comment faire, où aller et où trouver un financement. Là, cest vraiment une opportunité», ajoute Vito Pagano, responsable du Service Jeunesse de la Ville de Charleroi.

À Charleroi, l’initiative a été accueillie à bras ouverts par les responsables de la ville: «Je pense que tous les gens de bonne volonté essayent de mettre leur petite pierre dans le grand édifice du renouveau de Charleroi. Alors la ville se doit de montrer lexemple et les jeunes aussi», affirme Vito Pagano.

D’ailleurs, si ce n’est pas un objectif d’ID City en soi, Fabrice de Kerchove espère une conséquence positive: «De manière générale, il y a une crise de confiance envers les institutions alors si le projet pouvait permettre de recréer un dialogue, un lien de confiance entre les jeunes des villes et les responsables, ce serait pas mal.»

Marie Jauquet

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