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Habitat permanent : les conventions de partenariat sont approuvées

Le 18 septembre, le gouvernement wallon a approuvé les conventions de partenariat portant sur la mise en œuvre locale de la phase 1 du plan d’action pluriannuel relatif àl’habitat permanent dans les équipements touristiques (plan HP). Pour rappel, l’objectif du gouvernement est de « réduire la précarité des personnes ayant’choisi’ d’habiter dans un équipement touristique » et de « maîtriser l’évolution des zones de loisirs de façon à ce que, à longterme, l’habitat permanent dans ces zones disparaisse. » Pour y parvenir, il a adopté « une approche intégrée permettant d’apporter des réponsesnuancées et adaptées à chaque situation. » L’action se découpe en deux phases : la première vise les campings et autres structures situées en zoneinondable, la seconde concerne les autres domaines en zone non-inondables.

28-07-2005 Alter Échos n° 149

Le 18 septembre, le gouvernement wallon a approuvé les conventions de partenariat portant sur la mise en œuvre locale de la phase 1 du plan d’action pluriannuel relatif àl’habitat permanent dans les équipements touristiques (plan HP). Pour rappel, l’objectif du gouvernement est de « réduire la précarité des personnes ayant’choisi’ d’habiter dans un équipement touristique » et de « maîtriser l’évolution des zones de loisirs de façon à ce que, à longterme, l’habitat permanent dans ces zones disparaisse. » Pour y parvenir, il a adopté « une approche intégrée permettant d’apporter des réponsesnuancées et adaptées à chaque situation. » L’action se découpe en deux phases : la première vise les campings et autres structures situées en zoneinondable, la seconde concerne les autres domaines en zone non-inondables.

En tout, 27 communes sur les 64 concernées vont participer à la phase 1 du plan. Cela peut paraître peu, mais il s’agit des plus touchées. En effet, les conventionsatteignent près de 70 % du public visé par cette phase, soit 2 000 personnes sur 3 000. « Le résultat est bon », commente Pascal Hoyaux, en charge du dossier «habitat permanent » au cabinet du ministre-Président wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe1. « Les 37 autres communes se répartissent le millier restant. De plus, parmi cescommunes, quatre ne comptent plus de résidents permanents par rapport à l’enquête réalisée en 1999. En fait, il y a eu une diminution des habitants depuis. Certainssont sans doute partis ailleurs à la suite des inondations. »

Les conventions commencent le 1er octobre. « Mais nous allons continuer à travailler au cours des mois d’octobre, de novembre et de décembre, afin de bien préparer laphase 2 du plan, précise notre interlocuteur. Nous avons intégré les remarques émises par les communes et les associations au cours des trois tables-rondes de mars. Parexemple, nous avons marqué notre accord pour la mise sur pied d’un comité d’accompagnement au niveau de la commune, mais aussi d’une concertation2 avec les habitants. Dans cetteoptique, des associations ont été désignées ou des résidents au sein de campings. Les gens sont contents que les choses bougent, mais il faut aussi veiller àdialoguer avec les plus reclus pour les accompagner correctement. »

Carine Jansen, directrice de la Direction interdépartementale de l’Intégration sociale (DIIS) 3, en charge du dossier, partage cet avis : « L’optique est sociale, pascoercitive. À cette fin, la procédure de concertation locale a été instaurée en dehors de la commission d’accompagnement. C’est intéressant d’avoir un lieu,qui ne soit pas un lieu de décision, pour décanter les besoins et les faire remonter au niveau de la commission d’accompagnement. En plus, la concertation sera différente suivantles communes, d’où l’intérêt de travailler avec beaucoup de souplesse. Nous voulons avoir des projets dynamiques qui vont évoluer au fur et à mesure. »

Pour Carine Jansen, il faudra du temps pour mener à bien le plan HP. « Les conventions portent sur une durée de trois ans, éventuellement renouvelables. » L’accentest clairement mis sur le relogement des personnes, ajoute-t-elle : « Les personnes bénéficieront d’une importante allocation d’installation en plus des allocations dedéménagement et de loyer. Les AIS recevront des subventions complémentaires pour l’engagement de personnes supplémentaires, ainsi qu’une prime par résidentréinséré. La Société wallonne du logement pourra créer de nouveaux logements sociaux : elle reste d’ailleurs ouverte à tout projet original, comme,par exemple, du logement en bois. Le Fonds wallon du logement va pouvoir travailler hors de zones où elle travaille habituellement, elle pourra agir dans les zones rurales. Il aété tenu compte du choix des personnes de vivre près de la nature. »

Enfin, pour renforcer le dispositif d’accompagnement social, les 10 communes les plus touchées – en phase 1 – auront chacune leur antenne sociale. Leur mission consisteraà « assurer, au départ d’un travail de proximité sur les lieux de vie des résidents permanents, le lien entre les résidents permanents et les structuresexistantes susceptibles de favoriser leur réinsertion dans un logement décent et dans le tissu social et professionnel. Elle devra aussi les informer sur leurs droits et leurs devoirsainsi que sur les aides disponibles. »

Du côté de l’associatif, l’action de la Région wallonne est bien perçue, mais on reste prudent. « Pour assurer la concertation, nous et d’autres associations avonsété sollicités par certaines communes, explique David Praille de Solidarités Nouvelles – Charleroi4. Ailleurs, certaines communes ont désigné le CPAS commeinterlocuteur pour représenter les résidents permanents. Enfin, certains responsables ont été désignés dans les campings. Ok, c’est bien pour laconcertation, mais il y a un risque vu qu’il s’agit de personnes très fragilisées. Or, nous savons par expérience qu’il faut du temps pour construire une parole collective. C’estpourquoi nous appelons à la prudence au niveau de la concertation, si on veut éviter d’être contre-productif. »

Il reconnaît aussi que la qualité de la concertation dépend des communes, de la pré-existence ou non de partenariats. Mais, il admet volontiers qu’il y a unevolonté de concertation réelle de la part de certaines communes. « De même qu’il y a une volonté de servir les intérêts, surtout de la part de la DIIS», conclut David Praille.

1. Cabinet Van Cauwenberghe, rue Mazy, 25-27 à 5100 Namur, tél. : 081 33 12 11, fax : 081 33 12 99, site : http://vancau.wallonie.be
2. Cette concertation locale se fait « avec les résidents permanents et les associations qui les représentent ainsi que les exploitants de campings et les syndics et/oupropriétaires d’autres équipements touristiques concernés par la mise en œuvre du ‘Plan HP’. »
3. DIIS, rue des Masuis jambois, 5 à 5100 Jambes, tél. : 081 32 84 50, fax : 081 32 84 79. Le modèle de convention de partenariat est consultable sur le site :http://mrw.wallonie.be/sg/dsg/diis
4. Solidarités nouvelles, rue Léopold, 36A à 6000 Charleroi, tél. : 071 30 36 77.

Baudouin Massart

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