Alter Échosr
L'actualité sociale avec le décodeur

Economie

FabLab : comment devenir un bricoleur 2.0 ?

Dans le quartier maritime de Bruxelles se trouve un curieux laboratoire où l’on peut fabriquer (presque) tout. Cet espace, connu sous le nom de FabLab, est un atelier dédié à la fabrication numérique qui regroupe un ensemble de machines high tech capables de produire n’importe quel objet physique.

30-11-2012 Alter Échos n° 350

Dans le quartier maritime de Bruxelles se trouve un curieux laboratoire où l’on peut fabriquer (presque) tout. Cet espace, connu sous le nom de FabLab, est un atelier dédié à la fabrication numérique qui regroupe un ensemble de machines high tech capables de produire n’importe quel objet physique.

Le centre iMAL (Interactive Media Art Lab) est une asbl dédiée à l’art et aux nouvelles technologies, qui sert également de lieu de résidence pour les artistes. Depuis septembre 2012, ce Media Lab dispose d’un laboratoire de fabrication numérique, Fablab.iMAL, qui est accessible à tous ceux désireux de bidouiller. Nous avons rencontré Yves Bernard, directeur d’iMAL, pour nous parler de fabrication numérique et nous faire visiter son Fabulous Laboratory.

Fabrication Laboratory : un concept geek révolutionnaire

Un FabLab (abréviation de Fabrication Laboratory) est un atelier regroupant différentes machines qui permettent de fabriquer des objets dans un processus entièrement numérique. Le concept de FabLab fut développé au début des années 2000 au Center for Bits and Atoms (CBA) du MIT (Massachusetts Institute of Technology) afin de préparer la suite de la révolution numérique, à savoir la numérisation de la fabrication dans le but de développer des outils capables d’assembler la matière au niveau atomique. Depuis lors, un réseau mondial de FabLabs s’est développé afin que les citoyens puissent accéder aux outils de fabrication numérique jusqu’alors réservés au monde de l’industrie. Accompagnateurs des pratiques DIY (Do it Yourself), les FabLabs attirent une nouvelle catégorie de geeks – les makers – et s’inscrivent dans un mouvement de partage de connaissances et de données liées au monde des objets.

La fabrication numérique emploie des machines-outils à commande numérique pouvant fabriquer des objets physiques : la découpe laser, la fraiseuse numérique et également des méthodes dites de prototypage rapide comme l’impression 3D. Elle permet aux individus de manufacturer un objet en branchant leur ordinateur à leur imprimante 3D. Selon les spécialistes, ces techniques sont désormais accessibles à tous – via les FabLabs dans un premier temps – et il sera bientôt possible de manufacturer chez soi nos produits selon nos propres besoins grâce à une imprimante 3D personnelle.

Ce changement radical dans la manière de produire et de consommer suscite un vif enthousiasme chez tous ces bricoleurs 2.0, persuadés que la fabrication personnelle représente une alternative à la production de masse et à l’obsolescence planifiée. Imaginez une société dans laquelle il serait possible de réparer une pièce d’un appareil électroménager, simplement en téléchargeant le fichier sur un site de partage pour ensuite l’imprimer chez soi.

Yves Bernard, conscient de ces changements techniques et sociaux, explique l’importance d’ouvrir un FabLab : « Je pense que derrière ce concept de fabrication numérique, il y a effectivement une révolution industrielle qui se prépare et qui est aussi une révolution sociale. Elle ouvre beaucoup de perspectives dans la façon dont la société est organisée, dans la façon dont on produit les objets et la manière dont on les consomme et les élabore. Je pense qu’il faut être acteur là-dedans. »

Inscrits dans un réseau mondial, il est important que les FabLabs répondent à certaines conditions. Ces lieux doivent être (partiellement) gratuits, ouverts au public et se soumettre à une charte. En échange, les participants partagent leurs connaissances en documentant leur projet, les trucs et astuces de leur création voir même leur design sous une licence Creative Commons. Le Fablab.iMAL dispose d’un wikimal où l’on retrouve toute cette documentation. Pour accéder aux machines, il suffit de se faire membre (mensuel ou annuel) et de payer une cotisation. Il s’agit d’un modèle d’économie collaborative répandu dans beaucoup d’autres FabLabs dans le monde. « C’est une ressource communautaire qui vit grâce aux contributions de la communauté. Les coûts sont partagés entre tout le monde », nous explique Yves Bernard.

Une http://www.bruxitizen.be/bruxiblog/2012/11/19/fablab-un-labo-dart-high-tech vidéo concernant le FabLab est disponible sur le Bruxiblog.

Sandrine Warsztacki

Sandrine Warsztacki

Pssstt, visiteur, visiteuse du site d'Alter Échos !

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, notamment ceux en lien avec le Covid-19, pour le partage, pour l'intérêt qu'ils représentent pour la collectivité, et pour répondre à notre mission d'éducation permanente. Mais produire une information critique de qualité a un coût. Soutenez-nous ! Abonnez-vous ! Et parlez-en autour de vous.
Profitez de notre offre découverte 19€ pour 3 mois (accès web aux contenus/archives en ligne + édition papier)