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Enseignement qualifiant  : un an déjà pour les instances de pilotage

Un an après leur lancement, qu’en est-il des instances de pilotage de l’enseignement qualifiant en Communauté française ?

03-04-2011 Alter Échos n° 313

Un an après leur lancement, qu’en est-il des instances de pilotage de l’enseignement qualifiant en Communauté française  ?

Il y a un an, les dix instances de pilotage de l’enseignement qualifiant en Communauté française étaient lancées en grande pompe à Charleroi (voir AlterEchos n° 291 du 12 mars 2010  : « Enseignement qualifiant  : c’est le moment, c’est l’instance »). Rappelons que l’ambition générale du projet est de revaloriserl’enseignement qualifiant et d’aboutir à un redéploiement progressif pertinent et non concurrentiel de l’offre d’enseignement dans la zone concernée. Unredéploiement qui se doit d’être en accord avec le contexte socioéconomique des zones et, notamment, les métiers en pénurie. La participation au projet estvolontaire et se voit encouragée par l’octroi d’incitants.

Dans cette optique, le lancement des dix instances de pilotage (qui couvrent en fait les dix zones d’enseignement que sont Bruxelles-Capitale, Nivelles, Huy-Waremme, Liège, Verviers,Namur, Luxembourg, Hainaut occidental, Mons-Centre et Charleroi-Hainaut Sud) constituait un premier cap, certes, mais qui devait être suivi d’un travail pour le moins complexe  : il fallaiten effet encore identifier, pour chaque zone, les métiers en pénurie ainsi que la méthodologie à appliquer par les instances alors que les projets de redéploiementpour la rentrée 2011 devaient être rentrés pour le 15 janvier de la même année.

Près de 150 réunions en un an

Un an après, quel est l’état d’avancement du projet  ? Premier constat  : les instances ne semblent pas avoir chômé puisqu’elles se sont toutes réuniesune quinzaine de fois depuis mars 2010. « Les premières réunions ont permis aux membres des instances d’apprendre à se connaître, explique Claude Lachapelle,chargé de mission à la Direction relation école/monde du travail de la Communauté française1 et qui est présent aux réunions des dixinstances. Nous sommes ensuite entrés dans le vif du sujet puisque les chefs de projet mis à disposition ont réalisé un cadastre de l’enseignement qualifiant zone parzone, ce qui a permis aux partenaires sociaux de mieux connaître l’offre d’enseignement. Le Forem et/ou les comités subrégionaux ont par la suite réalisé uneprésentation de l’état socio-économique des zones, ce qui a lancé la discussion à propos des métiers en pénurie. »

Le but de l’opération était simple  : il s’agissait de réaliser une sorte de « matching » qui puisse identifier les secteurs en tension (notammentl’industrie et la construction), où il existait une demande main-d’œuvre et pour lesquels il existait peu d’options dans l’enseignement ou peu d’élèves dans les optionsexistantes. « Mais attention, nous dit Claude Lachapelle, lorsqu’il y a une pénurie de main-d’œuvre, ce n’est pas uniquement dû au manque d’élèves dansl’enseignement. Certains secteurs sont aussi particulièrement durs et les travailleurs les quittent après quelques années. »

Une fois ce travail effectué, vu le manque de temps avant le début de l’année scolaire 2010-2011, un appel à projet « pour valoriser l’enseignementqualifiant » a été lancé hors décret, le système par incitants étant réservé pour la rentrée 2011. « Dans cecontexte, nous avons commencé à travailler sur le système d’incitants et les projets de redéploiement en juin 2010 ; des projets de redéploiement qui ontété rendus le 15 janvier », précise Claude Lachapelle.

99 projets validés

Les projets validés et proposés par les instances à la ministre de l’Enseignement obligatoire de la Communauté française, Marie-Dominique Simonet (CDH), sont aunombre de 99 et se voient répartis sur deux des trois axes de redéploiement prévus. Ainsi, 61 projets concerneront un soutien d’options peu fréquentées et 38projets auront trait à un soutien à la création de nouvelles options. La ministre va remettre un avis à leur propos et proposer une liste au gouvernement aprèsPâques.

Pour ce qui est de la concentration d’options dans un établissement (ce qui devrait donc amener un ou plusieurs établissements à abandonner cette même option), on n’yest pas encore. « Il y a eu des discussions, des incitations, explique notre interlocuteur. Si deux écoles proposaient deux mêmes options, nous les renvoyions dos àdos. Mais c’est un chapitre qui va prendre du temps, c’est le point du décret le plus compliqué à mettre en place, ne serait-ce que parce qu’il faut aussi se projeter dans destemporalités de l’ordre de cinq ou sept ans. »

1. Direction relation école/monde du travail, rue Adolphe Lavallée, 1 à 1080 Bruxelles – site  : www.cfwb.be

Julien Winkel

Julien Winkel

Journaliste (emploi et formation)

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