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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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(Aide à la) jeunesse

Tournai, au tournant de l’école

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Le Comité subrégional de l’emploi et de la formation (CSEF) de Tournai-Ath-Lessines est à l’initiative d’une plate-forme intersectorielle autour des transitions entre l’école et le monde du travail. Car si les acteurs impliqués dans l’enseignement, la formation et l’insertion ne manquent ni de projets, ni d’énergie pour aider les jeunes peu qualifiés, force est de constater que les ponts entre eux restent rares.

Difficile quand on est jeune et sans diplôme de se faire une place sur le marché du travail. Dans la région de Tournai, le secteur industriel a gardé une place importante. « Mais avec l’informatisation des usines, aujourd’hui, même un poste d’opérateur de production nécessite des aptitudes en termes d’attention que ces jeunes n’ont pas toujours acquises », regrette Isabelle Gadisseux, chargée de mission au CSEF Tournai.

Depuis 2011, le Comité subrégional de Tournai-Ath-Lessines1 (NDLR les CSEF sont des structures locales de concertation et d’initiatives des partenaires sociaux sur les politiques d’emploi et de formation) a fait de l’emploi des jeunes au sortir de l’école une priorité.

Une période particulièrement critique pour ces nouveaux demandeurs d’emploi. « Il y a beaucoup de choses qui sont mises en place dans les écoles en termes de préparation au monde de l’emploi. Mais une fois que le jeune quitte l’école, il se retrouve livré à lui-même. Beaucoup d’entre eux ne s’inscrivent même pas au Forem en quittant l’école. Ils se retrouvent dans une sorte de no man’s land. Et quand ils finissent par frapper à la porte d’un conseiller emploi, après des mois, ils sont sans projets, sans orientation, tout est à refaire ! »

Le CSEF a organisé un colloque et des ateliers autour de cette question, donnant lieu à la mise en place d’une plate-forme qui regroupe les acteurs de l’insertion socioprofessionnelle (entreprises de formation par le travail, organismes ISP, CPAS, Forem Conseil, Mission régionale pour l’emploi de Tournai), de la formation (Forem Formation, IFAPME, CEFA), de l’Aide à la jeunesse (AMO, Infor jeunes, Service d’accrochage scolaire), de l’éducation permanente (service jeunes CSC/FGTB) et de l’orientation (CPMS).

Ensemble contre le décrochage scolaire

De cette plate-forme est déjà sortie, entre autres, une recherche-action sur « les leviers de la réussite dans l’insertion socioprofessionnelle » et un projet-pilote d’atelier formation pour les professionnels autour du décrochage scolaire. Un appel à projets sera bientôt lancé pour sélectionner les écoles qui y participeront. L’idée est de permettre aux professeurs, éducateurs, conseillers, formateurs, assistants sociaux d’échanger autour de leurs pratiques.

« Chaque professionnel fonctionne dans un cadre institutionnel différent et a sa vision des choses sur le décrochage scolaire. Celle d’un conseiller emploi ne sera pas celle d’un enseignant et vice-versa », commente Isabelle Gadisseux, du CSEF. Sans parler des contextes politiques qui changent sans cesse, comme en attestent les nouvelles mesures d’accompagnement des jeunes chômeurs. « Personne n’a jamais le temps de connaître le monde de l’autre. Et c’est d’autant plus vrai quand ce monde change souvent. […] Aujourd’hui, tout le monde se renvoie les responsabilités. C’est de la faute de l’école, c’est la faute des employeurs… Mais ce n’est la faute de personne ! C’est l’évolution de la société et c’est notre responsabilité commune de trouver les meilleures solutions. »

Transition et clauses sociales

Travailler la transition école-emploi constitue un enjeu de taille. Quand les professionnels de l’enseignement, de la formation, de l’emploi sortent de leur cadre institutionnel respectif, des ponts peuvent se tisser entre ces univers. Du moins de façon éphémère. « On voit des initiatives spontanées se créer, mais qui dépendent souvent de la bonne volonté d’une école, d’un enseignant, et qui ont du mal à s’inscrire dans le temps », regrette Isabelle Gadisseux.

Au-delà d’un projet-pilote comme ce cycle d’ateliers, l’objectif du CSEF est d’inscrire le décloisonnement des dispositifs sur le long terme en sollicitant le soutien du Fonds social européen pour financer un poste de référent pour lutter contre le décrochage scolaire.

Par ailleurs, si les employeurs ne font pas partie de la plate-forme à proprement parler, ils ont été étroitement associés aux réflexions menées par le CSEF depuis 2011 sur les transitions à la sortie de l’école. Une piste évoquée à ce stade serait de mener une campagne de sensibilisation sur les clauses sociales qui, dans le cadre des marchés publics, obligent les entreprises à embaucher des jeunes non qualifiés. Ces engagements, qui constituent des opportunités pour les jeunes, peuvent s’avérer difficiles à rencontrer pour des employeurs peu outillés et habitués à travailler avec ce public. À cet égard, mettre en place des partenariats avec des acteurs de l’insertion socioprofessionnelle apparaît comme une piste prometteuse. Comme quoi, tout est toujours question d’unir ses forces…

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