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Logement

Le projet « Housing First Belgium » sera étendu à Namur

La phase d’essais de « Housing First Belgium » sera prolongée d’un an, jusqu’à l’été 2016. Le projet sera également étendu à trois communes supplémentaires : Molenbeek-Saint-Jean, Hasselt et Namur, a annoncé la secrétaire d’État Elke Sleurs (N-VA), chargée de la Lutte contre la fraude et la pauvreté.

18-03-2015

Lancée depuis la fin de l’année dernière dans les cinq plus grandes villes belges, la phase d’essais de « Housing First Belgium » sera prolongée d’un an, jusqu’à l’été 2016. Le projet sera également étendu à trois communes supplémentaires : Molenbeek-Saint-Jean, Hasselt et Namur, a annoncé la secrétaire d’Etat Elke Sleurs (N-VA), chargée de la Lutte contre la fraude et la pauvreté.

Le projet pilote sera évalué d’ici 2016. « Les premières tendances sont très positives. Près de 93 % des bénéficiaires occupent toujours leur logement depuis le lancement du projet. Mais nous voulons prendre le temps d’objectiver les résultats, a indiqué la secrétaire d’État à Alter Echos et au journal flamand De Standaard. Et notre volonté est aussi de tester la pertinence de cette approche dans de plus petites villes. Ce n’est qu’avec des résultats quantifiables et une approche éprouvée que nous pourrons intégrer Housing First dans le plan fédéral de lutte contre la pauvreté ».

Ce programme, mis en place dès le début des années 1990 aux États-Unis, renverse l’approche traditionnelle en proposant aux sans-abris d’abord un logement pour ensuite les accompagner dans leur réinsertion. « Cela fait plus de 22 ans que Housing First fait ses preuves au Canada et aux États-Unis », confie Sam Tsemberis, pionnier américain du projet, invité par le SPP Intégration sociale. « Une fois logées, les personnes sont plus disposées à s’occuper de leurs problèmes de santé physique et mentale, à renouer avec leur famille, à envisager d’avoir un boulot et à avoir des projets et des ambitions, ajoute Sam Tsemberis. Mais malgré la durabilité de cette approche, nous faisons toujours face à une guerre des valeurs. Les gens ne comprennent pas que l’on puisse offrir un logement à quelqu’un dans la nécessité, sous prétexte qu’il ne l’a pas mérité ».

Économies d’échelles

De passage à Bruxelles, le psychologue et fondateur de l’ONG Pathways to Housing insiste sur la nécessité d’accompagner le projet d’évaluations et de recherches : « Ce n’est qu’en objectivant les résultats que l’on peut tordre les esprits. La vraie surprise, c’est que non seulement Housing First est efficace au plan social, mais réduit aussi les coûts d’autres services ». À Montréal, une étude pilotée par la Commission de la santé mentale du Canada, a démontré que chaque tranche de 10 dollars investie dans le modèle Housing First a entraîné, en moyenne, une économie de 8,27 dollars en services divers (hospitalisations, refuges, services policiers, appareil judiciaire, etc.) chez les participants aux besoins élevés et de 7,19 dollars chez ceux aux besoins modérés.

En savoir + :

Découvrez l’interview exclusive de Sam Tsemberis ce vendredi 20 mars sur www.alterechos.be

Rafal Naczyk

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