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L'économie sociale nord-irlandaise redoute l'avenir

En Irlande du nord, l’économie sociale participe de la revitalisation des quartiers en crise. Et ces derniers ne manquent pas, « Les Troubles » ont considérablementdégradé les conditions socioéconomiques des communautés les plus défavorisées. Toutefois, le secteur est inquiet quant à son avenir, en particulierà la suite de l’élargissement européen.

07-09-2007 Alter Échos n° 234

En Irlande du nord, l’économie sociale participe de la revitalisation des quartiers en crise. Et ces derniers ne manquent pas, « Les Troubles » ont considérablementdégradé les conditions socioéconomiques des communautés les plus défavorisées. Toutefois, le secteur est inquiet quant à son avenir, en particulierà la suite de l’élargissement européen.

En 2004, l’Irlande du Nord comptait 800 entreprises d’économie sociale, dont 170 à Belfast. Celles-ci étaient, bien entendu, à différents stades dedéveloppement. La plupart d’entre elles se trouvent implantée dans des zones défavorisées et participent au processus de réconciliation des communautés.À Belfast, elles sont principalement actives dans le secteur des services de proximité (formation, éducation, petite enfance), le secteur du social et de la santé, lesecteur de la culture et les cafés communautaires.

La mission du Social Economy Belfast Programme consiste à former les personnes avant qu’elles ne lancent leur entreprise, à exercer un rôle de mentor, à favoriserl’échange de bonnes pratiques ou encore à développer les réseaux. « Toutefois, le mentoring représente la part la plus importante de notreactivité, déclare Rachel Marshall, manager du Social Economy Belfast Programme1. Le mentor peut aider l’entrepreneur social à travers les différentes phases deson projet : plan stratégique, plan marketing, recherche de financeurs, etc. »

Success stories

Il semble que cette approche porte ses fruits, car le secteur connaît plus d’une success story. Ainsi, le Farset International est un hôtel construit dans le quartier ouest dela ville en 2003, sur une interface qui a été témoin par le passé d’affrontements entre catholiques et protestants. L’hôtel compte 38 chambres et met àdisposition des salles de réunion et de conférences pour des groupes locaux et internationaux (ex. : le réseau « Banlieues d’Europe »2, les partenaires duprogramme « Voisins d’Europe »3). Il vise à offrir des opportunités d’emploi aux habitants d’un quartier où le taux de chômage estélevé. La présence des touristes entraîne aussi des retombées économiques pour les commerces locaux.

Ailleurs, dans le sud de la ville, à deux pas de l’université, le Common Grounds Café a pris place dans un quartier où des tensions ont souvent opposé habitantset étudiants. Depuis septembre 2004, ce café communautaire favorise la rencontre des habitants et des étudiants. Les bénéfices servent à financer des projetsdans les pays du tiers-monde.
Et la liste ne s’arrête pas là…

Incertitudes pour le futur

L’efficacité de cet accompagnement à la création d’entreprises d’économie sociale pourrait toutefois ne plus être aussi bien assurée. « Avec ledébut de la nouvelle programmation 2007-2013, les fonds de l’Union européenne ont été réduits de manière significative en Irlande du Nord, explique notreinterlocutrice. Des 26 organisations de partenariats de stratégie locale (Local Strategy Partnerships), il pourrait bien n’en rester plus que six ou sept, beaucoup pluscentralisées. En ce moment, elles existent toujours et sont en train de finaliser les paiements de la dernière programmation européenne, qui autorise des dépenses jusqu’en2008. Après, leur futur est plus qu’incertain. »

La mise sur pied du nouveau gouvernement nord-irlandais, en mai dernier, n’augure pas non plus un refinancement du secteur. « Certes, le gouvernement britannique a décidéd’octroyer un montant d’un milliard de livres sterling pour les quatre prochaines années, pour des priorités économiques, entres autres la création d’infrastructures et lalutte contre chômage, nous dit Rachel Marshall. Mais à ce jour, nous n’avons toujours pas vu comment ce montant allait être affecté au niveau local. »

1. Social Economy Belfast Programme,
– adresse : Work West, Glen Road 301 à Belfast BT11 8BU
– tél. : 02890 610826
– courriel : rachel@socialeconomybelfast.org
– site : www.socialeconomybelfast.org
2. Voir Alter Échos n° 221 : « Banlieues d’Europe : la culture comme moyen de résolution des conflits« 
3. Voir Alter Échos n°202 : « Voisins d’Europe’ : décloisonner les habitants pour améliorer leur santé« 

Baudouin Massart

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