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Emploi/formation

Travailleurs sans emploi, pas sans stress

Alter Échos n° 375 31 janvier 2014 Julien Winkel

La centrale culturelle bruxelloise de la FGTB a créé il y a peu un collectif de travailleurs sans emploi. Son but : informer les chômeurs à propos du processus d’activation des demandeurs d’emploi. Et les faire passer à l’action.

Être au chômage et finir en burn-out, c’est possible ? Si l’on en croit Myriam Akhaloui, la réponse est oui. Cette jeune femme est animatrice du Collectif des travailleurs sans emploi de la centrale culturelle bruxelloise de la FGTB (voir encadré). Un collectif qui réunit une dizaine de chômeurs tous les quinze jours. « Dans le cadre de ses activités d’éducation permanente, la centrale culturelle organise notamment des groupes d’animation. Et parmi ceux-ci, il y a le collectif des TSE », explique notre interlocutrice. Les objectifs de ce groupe sont au nombre de deux : susciter la réflexion des travailleurs sans emploi par rapport aux politiques d’activation des chômeurs mises en place depuis près de dix ans. Et les faire passer à l’action. « Voir autant de violence dans le modèle sociétal actuel pousse à se bouger, explique la coordinatrice. Comme je l’ai dit, certains chômeurs sont tellement sollicités dans le cadre de l’activation qu’ils tombent dans un état de saturation mentale dommageable. »

 Tout un contexte

Plus globalement, le Collectif TSE de la centrale culturelle bruxelloise se situe dans un mouvement qui prend de l’ampleur. De nombreux groupes de chômeurs sont actifs à l’heure actuelle sur le front de la lutte anti-activation, à Bruxelles ou en Wallonie. « La création de notre groupe, en avril 2013, coïncide avec celle du Réseau bruxellois des collectifs de chômeurs, dont nous faisons partie », situe Myriam Akhaloui. Un réseau qui compte une grosse dizaine de membres et permet à ceux-ci d’amplifier leur action ou de développer des partenariats avec d’autres collectifs. « Nous n’avons pas tous la même grille de lecture, mais nous partageons certaines revendications comme la suppression de la dégressivité des allocations de chômage ou la fin de l’activation des personnes en incapacité de travail de 33 % à 66 % », explique Myriam Akhaloui.

Le collectif essaie d’ailleurs d’organiser ses actions dans le cadre du Réseau, même si des actions individuelles peuvent aussi être mises en place. « Au niveau du réseau, nous distribuons des tracts toutes les semaines à la Capac ou dans les antennes d’Actiris. Nous préparons une manifestation des chômeurs qui aura lieu le 11 mai », détaille la coordinatrice qui prédit une longue vie au collectif : « On nous demande souvent s’il va disparaître après les élections de mai. Et la réponse est non. Il a vocation à durer. »

 

Centrale culturelle de la FGTB

La centrale existe depuis 1982. Outre son pôle éducation permanente, présent depuis les débuts, elle dispose également d’un pôle insertion socioprofessionnelle depuis 1995. Dans ce cadre, elle accueille quatre groupes de 14 personnes – ayant un niveau d’étude du secondaire inférieur au maximum – pour des formations de trois mois et demi à raison de 24 heures par semaine. « Nous dispensons une formation de base et de remise à niveau en français et en calcul. Le niveau s’apparente à celui d’une cinquième ou sixième primaire », explique Françoise de Braekeleer, coordinatrice pédagogique de l’ISP. Le but est notamment de préparer un test d’entrée éventuel dans un organisme dispensant des formations qualifiantes ou préqualifiantes.

Notons que le Collectif des travailleurs sans emploi est en contact avec la Commission wallonne des travailleurs sans emploi, développée également par la FGTB dans le Sud du pays.

La réforme du chômage pour les nuls

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Aller plus loin

Alter Échos n° 373 du 20 décembre 2013 : Des activistes anti-activation

Alter Échos n° 365 du 13 septembre 2013 : Chômage : les personnes handicapées en ligne de mire ?

En savoir plus

Centrale culturelle de la FGTB : rue de Suède, 45 à 1060 Bruxelles – tél. : 02 213 16 77

A propos de l'auteur

Julien Winkel

Dans ses rêves d’enfance, Julien se voyait astronaute. À tel point qu’il imaginait qu’une fusée l’attendrait à la sortie de l’école pour l’emporter dans les étoiles, loin de ce monde de brutes. Lorsqu’on l’interroge sur ses héros, Julien affiche une belle cohérence puisqu’il cite Ian Solo et Marty Mac Fly. Pourtant, quelques années plus tard, c’est avec un diplôme de journaliste et un master européen en étude du spectacle vivant qu’il se retrouve. En tandem avec Cédric Vallet, Julien forme ainsi le pôle excellence de la rédaction. Il entretient en parallèle une passion extrême pour la musique : « surtout la musique noire américaine des 50’/60’s/70’s : soul, blues, funk. Il y a tellement d’émotion, de beauté, de drames, de rêves de rédemption et de vie dans cette musique qu’elle permet de ne pas finir racorni par les aléas de la vie et de ne pas totalement désespérer de l’espèce humaine. » Une envolée lyrique digne de la plume qu’il manie au service d’une « information jugée plus importante que jamais bien que vraiment galvaudée en de trop nombreuses occasions ». julien [dot] winkel [at] alter [dot] be

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