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Si Bruxelles maraîchait

Alter Échos n° 344 19 septembre 2012 Catherine Closson

En juillet dernier, un échange piquant opposait les ministres bruxellois de l’Emploi et de l’Environnement, par presse interposée, au sujet d’une étude surle potentiel d’emplois que pourrait générer le développement de l’alimentation durable en Région bruxelloise.

Chiffres prometteurs

L’étude1, réalisée conjointement par les Facultés universitaires St-Louis et le bureau d’études Greenloop2 pourBruxelles Environnement, conclut à un potentiel de près de 8.000 emplois. A la condition que le secteur soit soutenu de façon volontariste par les politiques publiques,c’est-à-dire qu’il soit en partie subventionné et puisse disposer en partie des espaces cultivables encore disponibles, principalement des friches et des toitures plates. Lenombre d’emplois potentiels suggéré est en effet largement porté par la production maraîchère qui permettrait à elle seule la création de 6.000emplois.

Si la ministre de l’Environnement se réjouit de ces perspectives3, le ministre de l’Emploi, lui, se montre plus sceptique. Interrogé dans Le Soir du 12juillet4, ce dernier soulignait que l’étude ne comptabilise pas seulement la création nette d’emplois mais également le recyclage d’emploisexistants. Plus étonnamment pour un ministre de l’Economie sociale, il pointait également la faible rentabilité économique des initiatives prises pour modèles(suisses et nord-américaines notamment), qui ne seraient viables que grâce aux subventions. Mais ses principales réticences semblent concerner la disponibilité del’espace urbain : pas question de transformer en potagers le petit millier d’hectares potentiellement cultivables qui doit avant tout servir à accueillir les 140.000 personnessupplémentaires attendues en Région bruxelloise d’ici à 2020.

Alors, habiter sans avoir de boulot ou maraîcher sans avoir de foyer ? Difficile de trancher une polémique qui ne manquera pas de rebondir, d’autant que peu d’autrespublications fiables existent sur le potentiel économique et les impacts sociaux de l’agriculture urbaine dans les pays industrialisés. En revanche, il y a nombre dedonnées et d’enseignements intéressants à tirer de cette étude.

On y découvre notamment la foison d’initiatives d’agriculture urbaine qui fleurissent un peu partout dans les pays du Nord. L’étude présente égalementles grandes tendances de l’évolution de la consommation alimentaire chez nous et décortique les chiffres relatifs au secteur de l’alimentation durable à Bruxelles.Dans un autre registre, la posture prospective adoptée a au minimum le mérite de pousser le lecteur à repenser la ville de demain en profondeur : imaginer des carottes etharicots pousser devant nos fenêtres et des potagers de grande ampleur se déployer sur les immeubles de bureaux incite à mettre en débat d’autres modèles dedéveloppement urbain.

Et en Wallonie ?

Très peu de données existent sur les perspectives économiques et sociales de l’alimentation durable alors qu’elle est au menu des Alliances Emploi-Environnement dansles deux Régions depuis le début de la législature. L’étude menée en 2011 pour le ministre wallon du Développement durable par l’asbl GroupeOne5 sur les « Dispositifs alimentaires locaux » (voir « Circuits courts : une vision à long terme« ) n’avait pas pour vocation de tenter une estimation prospective. Un chantier à ouvrir donc… En attendant, toutjuste sait-on que pour le bio, l’arbre qui cache la forêt, Bioforum dénombrait 980 exploitations en 2011, soit un peu moins de 6 % des fermes wallonnes.

1. M. Verdonck, M. Taymans, G. Chapelle, G. Dartevelle & C. Zaoui, Système d’alimentation durable. Potentiel d’emplois en Région de Bruxelles-Capitale, Centred’études régionales bruxelloises (Facultés Universitaires Saint-Louis) et bureau d’études Greenloop, juillet 2012, 115 pages.
2. Biomim-Greenloop :
– adresse : Rue d’Alost 7-11 à 1000 Bruxelles
– tél. : 02 213 36 70
– site : www.greenloop.eu
3. Site : http://evelyne.huytebroeck.be > onglet Alimentation durable > actualité 17.07.12.
4. Le Soir, 12 juillet 2012, page 2.
5. Groupe One asbl :
– adresse : rue d’Edimbourg, 18-26 à 1050 Bruxelles
– tél. : 02 893 08 93
– courriel : info@groupeone.be
– site : www.groupeone.be

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