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Migrations

L’intégration dernier CRI

Alter Échos n° 374 20 janvier 2014 Sandrine Warsztacki

La Wallonie compte sept centres régionaux d’intégration situés à Namur, Liège, Verviers, La Louvière, Mons, Charleroi et Tubize. Un huitième devrait bientôt voir le jour en Province du Luxembourg.

La Province du Luxembourg est la seule, en Wallonie, à ne pas disposer d’un centre régional d’intégration sur son territoire. Voilà qui devrait changer. Depuis septembre 2012, le Miroir vagabond et le Centre des immigrés de Namur-Luxembourg mènent, avec le soutien de la ministre wallonne de l’Action sociale Éliane Tillieux, un projet-pilote en vue de la création d’un centre régional d’intégration (CRI). Sa création devrait être officialisée dans la foulée du nouveau décret wallon relatif à l’intégration des personnes étrangères ou d’origine étrangère. « Nous sommes dans la dernière ligne droite », répondait la ministre de la Santé et de l’Action sociale, Éliane Tillieux (PS) dans une question de la députée Malika Sonnet (PS) posée en commission le 7 janvier à propos de ce futur CRI luxembourgeois.

Pour rappel, le projet de décret relatif à l’intégration des personnes étrangères et d’origine étrangère, adopté en deuxième lecture le 21 novembre par le gouvernement wallon, doit encore recueillir l’avis du Conseil d’État avant de repasser au gouvernement puis d’atterrir sur la table du Parlement wallon. Si le parcours d’intégration constitue la pointe la plus médiatique de ce texte, il comprend aussi des chapitres relatifs aux initiatives locales d’intégration, au service d’interprétariat en milieu social et aux centres régionaux d’intégration.

Outre la création d’un CRI luxembourgeois, le projet dote les centres régionaux d’intégration d’une nouvelle mission : organiser les bureaux d’accueil dans le cadre du futur parcours d’accueil des primo-arrivants. Cette première phase d’accueil sera rendue obligatoire.

 CRI des villes et CRI des champs

En quelques lignes, on peut définir les centres régionaux d’intégration comme des intervenants de seconde ligne pourvus de missions en matière d’outillage des acteurs associatifs et des pouvoirs locaux, de mise en réseau, d’identification des problématiques rencontrées par le secteur, de récolte statistique, de sensibilisation à l’interculturalité…

Jusqu’à présent, le caractère rural de la province du Luxembourg ne permettait pas de remplir les conditions d’agrément pour voir une telle structure financée sur ce territoire. « Il n’y a pas un grand centre urbain où se concentrent les migrations comme à Liège ou Charleroi », relève Nicolas Contor, adjoint à la direction du Miroir vagabond. Pourtant les besoins en matière d’intégration et, a fortiori, d’une structure pour seconder les acteurs qui travaillent sur ces matières ne manquent pas, poursuit-il : « La dispersion de la population d’origine étrangère sur le territoire pose question en termes de mobilité ou d’isolement. Dans les petites communes, on peut vite se sentir très isolé. La présence de communautés d’origine étrangère dans des petits villages peut aussi nécessiter un travail spécifique sur les questions du vivre ensemble. »

Par ailleurs, les communes les plus rurales ne sont pas toujours outillées pour recevoir les personnes d’origine étrangère. « Dans une commune rurale, le service population est plus généraliste que dans une grande ville où l’on voit passer beaucoup plus de dossiers. »

Le projet-pilote mené par le Miroir vagabond et le Centre des immigrés de Namur-Luxembourg doit préfigurer ce que sera le futur centre régional d’intégration. Des formations ont été proposées aux intervenants sociaux sur le droit des étrangers et l’équivalence des diplômes, des séances de cinéma sont organisées sur le thème de l’interculturalité… Une première étape.

Aller plus loin

Alter Échos n° 354 du 18.02.2013 notre dossier : Quel parcours d’accueil pour les primo-arrivants ?

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Alter Échos n° 354 du 18.02.2013 notre dossier : Quel parcours d’accueil pour les primo-arrivants ?

A propos de l'auteur

Sandrine Warsztacki

Sandrine rêvait de devenir glaciologue. Ou marchand de glaces. Elle a fini par vendre des articles sur papier glacé. Parce qu’elle a plus la bosse des lettres que des maths, Sandrine a étudié le journalisme et l’anthropologie à l'ULB. Aujourd’hui, Sandrine est rédactrice en chef d'Alter Échos. Pour elle, le social, c’est «un ensemble de travailleurs bien plus courageux qu’elle qui se battent au quotidien pour un monde plus juste». Et l’info, ce sont «des lignes qui peuvent parfois changer le cours des événements». Son héros : Jack London. sandrine [dot] warsztacki [at] alter [dot] be

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