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Emploi/formation

Les jeunes recalent le VDAB

Alter Échos n° 374 20 janvier 2014 Pierre Gilissen

Le Conseil flamand de la jeunesse a sondé 750 jeunes sur les rapports qu’ils entretiennent avec le VDAB. Résultats accablants.

L’enquête porte sur 750 jeunes âgés de 16 à 30 ans. 19 % d’entre eux sont à la recherche d’un emploi, mais ils sont seulement 13 % à déclarer bien connaître le VDAB. Et 70 % de ces jeunes estiment que le parent flamand du Forem et d’Actiris/Bruxelles Formation ne les aide pas vraiment bien à trouver un emploi. « Plus ils connaissent le VDAB, moins ils sont contents », constate Lotta Coenen, du Conseil flamand de la jeunesse. « Il y a un manque d’informations manifeste et les jeunes trouvent qu’une approche individuelle fait largement défaut. »

Pour Janne Vermeersch, 23 ans, qui a trouvé un emploi dans l’administration depuis cette enquête, ces doléances n’ont rien de surprenant. « Pendant mes études d’assistante sociale, j’ai eu des matières comme du droit social. J’étais donc familiarisée avec le travail du VDAB. Mais cela ne m’a pas empêchée d’éprouver des difficultés à choisir mon propre statut sur leur site web. Ils emploient toute une terminologie officielle à laquelle je ne comprenais rien. » Il lui a fallu passer trois coups de téléphone à un bureau du VDAB pour compléter son inscription.

Björn Rzoska, député régional pour Groen, a demandé des comptes. « Le VDAB déclare être en contact avec 93 % des jeunes. Ce qui veut dire que les jeunes en question reçoivent des e-mails et finalement des coups de téléphone. Mais quand on leur demande quel est l’impact de ces démarches, ils restent sans voix. » Selon lui, l’approche du régulateur est souvent très administrative. « Ce que les jeunes me disent, c’est que les contacts avec le VDAB se résument souvent à quelques e-mails envoyés de manière automatique et que les offres d’emploi qu’ils reçoivent ne correspondent pas du tout à leurs attentes. »

Mostafa Ameziane, de l’organisation de jeunes Jes, à Borgerhout, aide les jeunes dans leur recherche d’emploi et il a de bons contacts avec le délégué local du VDAB. « Il comprend les jeunes et leur univers. Je me souviens de cet instructeur du VDAB qui voulait virer un jeune d’un cours parce qu’il était arrivé deux fois en retard au cours de la même semaine. Ce jeune avait attendu un an avant de bénéficier de ce cours : il avait perdu l’habitude de respecter un rythme de travail. C’est rentré dans l’ordre après un travail de médiation. Il serait bon d’examiner plus souvent quelle est la situation à la maison et d’où viennent les causes d’un problème. Celui qui a un loyer à payer a davantage besoin d’un emploi que d’une formation. »

Il estime dommage que tous ces jeunes finissent par se sentir un peu comme des numéros de dossier. « On leur donne dix minutes en tout pour expliquer pourquoi ils n’ont pas trouvé de travail. Ce n’est pas comme cela que l’on construit une relation de confiance, ce qui est essentiel, notamment pour les moins qualifiés. Beaucoup ont envie de renoncer avant de commencer quand ils reçoivent une convocation du VDAB, tant ils redoutent que ce soit un chemin de croix », explique-t-il encore. « Des jeunes viennent aussi me dire que souvent, ils n’ont aucune envie de suivre telle ou telle formation avec le VDAB parce que d’autres leur ont dit que des mois après l’avoir suivie, ils n’avaient quand même pas trouvé de travail. »

Du côté du VDAB, on dit être conscient d’avoir un problème d’image auprès des jeunes. Une campagne spécifique a été faite au printemps 2013. La porte-parole, Bartelijne van den Boogert, estime par contre que, dans les faits, l’approche du VDAB est efficace : « Malgré la crise économique, sur dix jeunes qui quittent l’école, neuf auront trouvé un emploi après un an », déclare-t-elle.

Revue de presse réalisée d’après De Morgen et De Standaard

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