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Les deux réfugiés, l’exil selon deux frères syriens

29 septembre 2017 Manon Legrand

Ahmad et Mohamad Malas, comédiens syriens réfugiés en France, racontent dans Les deux réfugiés les difficultés de l’exil. À voir en Belgique pour la première fois.

Ils sont frères à la scène comme dans la vie. Dans leur pays d’origine, la Syrie, Les Malas Brothers, Ahmad et Mohamad Malas, n’hésitent pas à produire des textes contestataires l’égard du régime. Interdits des planches officielles, c’est dans leur chambre qu’ils jouent, devant un public restreint et engagé. En 2011, en plein «printemps arabe» ils jouent un spectacle qui se moque du gouvernement syrien. La ligne rouge est dépassée. Ils sont arrêtés et parviennent à fuir à Beyrouth.

C’est le théâtre qui les mènera en France, à Grenoble, où ils sont invités à un Festival de Théâtre Action. Ils ne quitteront plus l’Hexagone.

Quatre ans plus, les deux frangins ont décidé de raconter leur installation dans ce pays totalement inconnu pour eux. «On est parti du texte ‘Les Émigrés’ de Slawomir Mrozek et on l’a adapté très librement… L’histoire de notre spectacle est celle de deux personnages habitant sous la terre à Paris, deux hommes – un jeune et un vieux- pour qui Paris, c’est pas la vie en rose. Ils ne voient ni l’amour ni le ciel ni le soleil de la capitale», explique Ahmad.

La voix de tous

Sur scène, Mohamad et Ahmad évoquent des situations quotidiennes que vivent des réfugiés – galères administratives, problèmes de communication, difficultés liées au transport – avec beaucoup d’auto-dérision et d’absurde. «L’humour, c’était une manière de se libérer, d’évoquer des problèmes et des situations tristes sans perdre espoir», raconte le comédien. Mais le spectateur passe du rire aux larmes quand sont évoqués le manque, la solitude, la nostalgie de ces deux personnages attachants en exil forcé. Et si les deux comédiens ont choisi de parler en français, c’est pour montrer les difficultés d’apprentissage d’une langue quand on débarque dans un pays, mais aussi pour toucher un maximum de spectateurs.

Bien que le récit soit à forte teneur autobiographique, les frères ont voulu parler pour tous les réfugiés. «Nous désirions mettre en lumière les problèmes des milliers de réfugiés en France et dans le monde. Le texte s’est créé à partir d’un tas d’expériences que nous ont raconté d’autres réfugiés que nous connaissons.»

«Cette pièce n’est pas vraiment politique, conclut Ahamd, mais humanitaire. On veut que le public change son image des Syriens, des réfugiés en général, qu’on nous voie comme des personnes normales, tout simplement.»


Les deux réfugiés, à voir ce soir, 29 septembre, au Brass à 20H

Et samedi 30 septembre, à 14H et 18H30, au  VGC Nekkersdal, Boulevard Emile Bockstael 107, 1020 Bruxelles

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A propos de l'auteur

Manon Legrand

L’héroïne de Manon est Rosa Parks. Pour cette diplômée d’histoire, évidemment, il s’agit d’une figure incontournable dans l’histoire des afro américains, le symbole féminin de la lutte contre la ségrégation et de la multiplicité des combats encore à venir. Lorsqu’elle était petite, elle hésitait entre deux carrières : postière ou journaliste. Cruel dilemme résolu depuis lors : engagée, hyperactive, Manon écrit des articles pour différentes revues mais alimente aussi particulièrement le site web d’Alter Échos, notamment avec ses fameuses interviews du vendredi. À ses yeux, qu’elle a fort bleus, mais c’est un détail, l’émulsion social-info, c’est tendre le micro à celles et ceux qu’on voit pas, bousculer les idées reçues, rencontrer, apprendre, dénoncer les injustices, parler des invisibles, des belles personnes et des vulnérables. manon [dot] legrand [at] alter [dot] be

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