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Le Monopoly du logement social bat son plein

Alter Échos n° 354 15 février 2013 Jacques Remacle

Le grand mouvement de fusion des sociétés de logement public en cours de négociation a repris. Les collèges communaux sont installés. Pas encore tous les nouveaux conseils d’administration. Evere prend de l’avance.

Les sociétés Germinal et Ieder Zijn Huis viennent d’annoncer un rapprochement en vue de leur fusion. Surprise puisqu’il s’agit d’un côté d’une société coopérative de locataires (SCL) et de l’autre d’une société communale. « Notre société est dans une situation difficile au niveau financier, de 5 à 6 millions d’euros de compte courant négatif à la SLRB. Cela inquiétait les autres SCL avec qui nous parlions. Des réponses claires tardaient à venir sur la manière d’avancer. Ces hésitations ont entraîné une certaine lassitude. Nous nous sommes alors tournés vers Ieder Zijn Huis », nous explique Pierre Muylle, directeur de Germinal. Et là, les choses ont été vite. Il est vrai que Pierre Muylle est aussi échevin à Evere et même plus que probable bourgmestre faisant fonction sous peu. « L’enjeu actuel est de créer un modèle nouveau structurant l’équilibre entre la commune et les coopérateurs. Puis, nous verrons les questions d’organigramme », complète-t-il.
 
Contrairement à la recapitalisation effectuée en Wallonie pour quatre grandes sociétés en difficulté, aucun refinancement de ce type n’est prévu à Bruxelles. « Considérant la bonne santé du secteur en général, nous n’envisageons aucunement d’intervenir dans des recapitalisations », confirme Joël Solé, le chef de cabinet du secrétaire d’Etat bruxellois au Logement, Christos Doulkeridis.
 
Régler le processus par voie légale ?

Aujourd’hui, la pression se fait forte parce que la réforme intrabruxelloise se discute entre chefs de groupe à rythme soutenu. « On parle maintenant d’arriver entre 14 et 16 SISP », nous explique Yaron Pesztat, chef de groupe Ecolo à la Région. Sur la table des négociations : un dispositif législatif. « Une ordonnance permettrait de modifier les conditions de l’agrément et créerait un cadre légal contraignant », confirme-t-il. Joël Solé précise que chaque société devrait remettre un plan stratégique à 10 ans. « Si ce plan rentrait en contradiction avec le processus en cours, la société pourrait perdre son agrément », explique-t-il.

Chef de groupe MR, Vincent De Wolf constate que cette ordonnance donnera à la SLRB un moyen de pression très important. « Rappelons que cette ordonnance ne fait pas partie de l’accord au fédéral. Pour le moment, on avance sur une base volontaire en tenant compte des spécificités communales et dans le respect du personnel en place », précise-t-il.

Quelques nœuds très sérieux

Malgré la bonne volonté presque générale (il nous revient que la Société uccloise de Logement est vraiment très réticente à l’idée de fusionner), il reste quelques nœuds à trancher. Le plus difficile semble l’avenir de Sorelo. Actionnaire majoritaire avec son CPAS, la Ville de Bruxelles prévoit dans sa déclaration de politique générale « qu’en ce qui concerne Sorelo, la Ville privilégiera la maîtrise des logements de Sorelo sis sur son territoire ». Ni Yvan Mayeur, ni Mohamed Ouriaghli n’ont souhaité commenter. Vincent De Wolf est plus prolixe. « Mon point de vue est que la société doit disparaître et que les principaux actionnaires récupèrent leurs logements : Etterbeek environ 500, Bruxelles-Ville environ 300 et Anderlecht quelques autres… J’ai aussi des contacts avec Philippe Pivin pour envisager un rapprochement avec Koekelberg », nous confie-t-il tout en confirmant rechercher le consensus au-delà de ce qui ressemble clairement à un accord PS-MR sur la question. Alors, dissolution de Sorelo ? Pas si simple ! Il faut 75 % des parts pour décider sur ces questions. Ensemble, Berchem et Jette ont une minorité de blocage. Les deux communes sont dirigées par le CDH où on estime que c’est une mauvaise solution de détricoter une société qui marche bien. Sorelo a en effet déjà mutualisé l’ensemble de ses services avec Assam, dont la direction. Celle-ci est assumée par Jean-Louis Pirottin, également… échevin CDH à Jette, un directeur qui privilégierait d’autres scénarios. Si le projet se veut un acte de bonne gouvernance, il n’échappe pas aux réalités plus politiciennes. On nous annonce la volonté d’arriver à un accord dans les deux mois qui viennent. A suivre…

Aller plus loin

Alter Echos n° 336 du 29.04.2012 : http://www.alterechos.be/index.php?p=sum&c=a&n=336&l=1&d=i&art_id=22244 Logement social : groupons-nous ! Et demain ?

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