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Alter Échos n° 450

Le design, pour tous ?

13 septembre 2017

Le design est-il accessible à tout le monde ? Prenons, par exemple, les bancs publics. Il est juste impossible de se reposer sur leurs modèles « assis-debout » qui fleurissent dans nos gares et stations de métro. Encore moins d’y dormir. Le mobilier, tel qu’il est conçu formellement, influence les usages et exclut des catégories de population, les sans-abri en tête (lire : «Le mobilier urbain, objet de cohésion ou de dissuasion»).
Mais le design peut aussi, comme le défend Olivier Gilson, du Mad (le Centre bruxellois de la mode et du design), « améliorer la société », « travailler pour la société, en lien avec elle ». Il s’inscrit pour ce faire dans une approche plus participative et collaborative (lire : «Olivier Gilson : le design social, ‘pas là pour faire du beau, mais pour faire du juste’»). En témoigne ce banc conçu conjointement par des habitants et des designers dans la cour d’un immeuble bruxellois (lire : «Le beau banc du Vautour»). Cette philosophie est au cœur du projet Design for (every)one. Étudiants en design et en ergothérapie s’associent pour adapter des objets aux besoins des personnes handicapées. Peu importe la «beauté» de l’objet, l’enjeu est qu’il réponde aux besoins spécifi ques d’une personne, qu’un produit issu de la production de masse ne comble pas (lire: «D4E1, le design au service des personnes handicapées»).
Le design social se pratique aussi dans les fab labs, ateliers de fabrication numérique ouverts à tous, des entrepreneurs aux hackers. À Bruxelles, ces espaces de création partagés sont aujourd’hui en proie à une concurrence déloyale de la part de Citydev (lire : «Les fab labs de la discorde »), menaçant le design « par tous ».