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Jeunes « incasables » : des protocoles et des jardins

Alter Échos n° 360 21 mai 2013 Cédric Vallet

A Bruxelles, un protocole de collaboration a été signé entre l’Aide à la jeunesse et l’Aide aux handicapés. Dans le même temps, en Wallonie, le groupe de travail « un jardin pour tous » – qui réunit ces deux secteurs ainsi que celui de la santé mentale – remettait ses premières recommandations. Le but : trouver des solutions pour les jeunes dits « incasables »

Le 18 mars dernier, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), ministre de l’Aide à la jeunesse, présentait un protocole de collaboration entre la direction générale de l’Aide à la jeunesse et l’aide aux personnes handicapées bruxelloise (personne handicapée autonomie recherchée – Phare). Un protocole de ce type avait déjà été signé entre l’Aide à la jeunesse et l’Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées (Awiph) en 2011.

Ces accords entre administrations visent à créer des ponts entre les secteurs qu’elles couvrent, à faciliter les collaborations, la compréhension mutuelle.

Mais un protocole seul ne suffit pas. Surtout pour les jeunes dits « incasables » ou « à problématiques multiples » qui se retrouvent ballottés entre institutions, quitte à finir à la rue. C’est particulièrement le cas pour ceux qui présentent des troubles « caractériels », perdus dans une sorte de no man’s land où s’entrecroisent trois secteurs : l’Aide à la jeunesse, le handicap et la santé mentale.

Pour se pencher plus avant sur cet enjeu brûlant, un groupe de travail « un jardin pour tous », réunissant des professionnels des trois secteurs, a été créé il y a deux ans.

Créer des groupes locaux

Les membres du groupe ont partagé les premiers fruits de leurs réflexions lors d’une journée d’étude, le 29 mars dernier.

Virginie Bellefroid, chargée d’étude et d’enquête à l’Awiph1, présente l’une des pistes, privilégiée par le groupe de travail : « Des groupes « jardin pour tous » pourraient être créés au niveau local. Il existe déjà de tels lieux d’échange. Essentiellement des plates-formes de santé mentale, qui sont ouvertes à d’autres intervenants. » L’objectif de ces groupes serait de « trouver une place pour tous les jeunes. Surtout pour les situations les plus difficiles », ajoute-t-elle.

De tels groupes de travail permettraient de « d’aborder des situations concrètes et de trouver des partenaires », ajoute Thérèse Huberlant, inspectrice pédagogique à l’Aide à la jeunesse. Cette dernière estime que pour ces jeunes incasables, il n’y a « pas de solutions structurelles », mais plutôt des discussions « au cas par cas ».

Luc Fouarge, président du centre de référence en santé mentale (Crésam)2, estime qu’un travail en réseau digne de ce nom demande des moyens : « Il faut absolument des incitants », s’exclame-t-il. Au-delà de ce plaidoyer, Luc Fouarge pense qu’un protocole de collaboration devrait aussi être signé entre le secteur de la santé mentale, l’Awiph et l’Aide à la jeunesse.

Accueil spécialisé et inconditionnel ?

Faut-il ouvrir des institutions spécialisées qui offriraient un accueil inconditionnel à ces jeunes à problématiques multiples ? Le débat n’est pas tranché. Pour Virginie Bellefroid, « une des pistes est effectivement de développer des places d’urgence et de crise qui ne soient pas toujours occupées. Il existe à l’Awiph une cellule « cas prioritaires », mais c’est beaucoup trop peu ». Luc Fouarge, lui, considère l’ouverture de services spécialisés comme un « piège ». « La préconisation essentielle est que face à une situation complexe il faut interdire à un service de travailler tout seul. Il faut faire signer une convention avec des partenaires des trois secteurs. » « Faire travailler ensemble plusieurs institutions est effectivement une des pistes, confirme Virginie Bellefroid. Une autre piste pourrait être de développer des cellules mobiles d’intervention, qui se déplacent en cas de crises. »

Une réflexion encore en chantier… qui devrait très certainement inspirer le futur groupe « jardin pour tous » qui devrait voir le jour à Bruxelles.

1 Awiph :
– adresse : rue de la rivelaine, 21 à 6061 Charleroi
– tél. : 071 20 57 11
– courriel : brcharleroi@awiph.be

2 Crésam (Centre de référence en santé mentale) :
– adresse : boulevard de Merkem, à 5000 Namur
– tél. : 081 25 31 40

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A propos de l'auteur

Cédric Vallet

Cédric nous vient tout droit du Sud… de la France, de Montpellier précisément. D’ailleurs, s’il ne devait pas travailler, il passerait son temps à jouer à la pétanque. Avec son collègue Julien Winkel, il forme le « pôle excellence » de la rédaction d’Alter Échos. Ce qui explique que son héros, c’est ledit Julien Winkel, dans ses grands jours. Doté d’un sens de l’humour bien aiguisé dont il fait souvent montre dans ses papiers, Cédric nous définit le social comme un bolo au Verschueren ; « ça n’existe plus mais c’était « social ». Il pratique le journalisme pour contredire tout le monde, tout le temps, à commencer par lui-même. cedric [dot] vallet [at] alter [dot] be

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