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Isabelle Simonis: «En termes de pilotage, il y a sans doute des choses à améliorer»

Alter Échos n° 398 1 mars 2015 Julien Winkel

Isabelle Simonis est en charge de l’Enseignement de promotion sociale à la Communauté française. Elle a répondu à nos questions.

Alter Échos: En ce qui concerne l’enseignement, vous n’avez que la promotion sociale. Pourquoi l’avoir séparée du reste du secteur?

Isabelle Simonis: Je n’ai pas fait partie de ceux qui ont négocié l’accord de gouvernement et la répartition des compétences. Cela étant, je pense que la promotion sociale nécessitait une attention particulière compte tenu de son manque de visibilité et du fait qu’elle est mal connue. La scinder par rapport à d’autres types d’enseignement permettra d’avoir une énergie plus forte centrée sur elle, tout en en essayant de l’articuler avec les autres niveaux d’enseignement.

A.É.: Vous parlez du manque de visibilité de la promotion sociale. Le secteur s’en plaint. Il se compare aussi parfois à un Petit Poucet et semble craindre pour sa spécificité.

I.S.: Ce qui est très spécifique à ce secteur, c’est cette peur, cette crainte permanente. Il faut que l’on puisse transformer cela en opportunités et en énergies pour faire en sorte de mieux vendre, de mieux mettre en évidence la richesse de l’enseignement de promotion sociale. Mais on a peu d’outils. En termes de pilotage, il y a sans doute des choses à améliorer.

A.É.: La déclaration de politique communautaire parle de mettre en place un «réel pilotage» de l’enseignement de promotion sociale. Il n’existe pas?

I.S.: Ce chantier a déjà débuté sous la législature précédente. Mais il faut mettre un coup d’accélérateur. Je ne vais pas porter de jugement sur ce qui a été fait avant, mais on peut faire le constat que ce pilotage est manquant ou qu’il est largement améliorable. Les établissements et les réseaux disposent de chiffres. Mais il y a une difficulté de centralisation et d’uniformisation de ces données. Dans les autres secteurs, on est à l’ère des indicateurs. Si on ne réussit pas à en avoir, ça va être très compliqué de se positionner et de se rendre visible.

A.É.: La déclaration de politique communautaire parle de conférer un véritable pouvoir de certification à l’Ifapme, alors même que la promotion sociale compte dans son public beaucoup de personnes en provenance de différentes structures n’ayant pas de pouvoir de certification, dont l’Ifapme. Et qui viennent en promotion sociale pour y chercher cette certification. N’y a-t-il pas un risque de concurrence?

I.S.: C’est un enjeu politique pour cette législature. Il va falloir avoir une réflexion sur les métiers des uns et des autres, qui certifie quoi. La promotion sociale doit continuer à jouer un rôle important dans la certification. Mais, pour autant qu’il n’y ait pas de perdants, ça ne me choque pas que l’on puisse se mettre d’accord sur le fait que certains contenus puissent être dispensés par la promotion sociale et d’autres contenus par d’autres. Pour le moment, on a parfois un sentiment de confusion, parce que ce travail d’identité des uns et des autres n’a pas encore été suffisamment fait. Il faut mettre de l’ordre, en renforçant l’identité de la promotion sociale.

A.É.: C’est possible?

I.S.: C’est le défi, mais en ayant une réflexion sur les points forts et les points faibles de la promotion sociale. Est-ce que demain on doit encore faire tout? Doit-on se recentrer sur le CESS? Etc. Cette réflexion, on doit l’avoir avec le secteur de la promotion sociale, et dans chaque bassin.

A.É.: Et par rapport à l’enseignement supérieur?

I.S.: Le décret paysage est très récent. On a encore une possibilité de ne pas subir les choses mais plutôt de les construire avec d’autres. L’enseignement de promotion sociale est très ancré localement et peut répondre à des objectifs de proximité. Ce que d’autres ne peuvent peut-être pas faire. Nous avons plus de 230 implantations. Nous pouvons organiser des modules très décentralisés avec le supérieur. Nous ne sommes pas dans un jeu de concurrence. Au contraire, nous pouvons être très complémentaires.

 

Aller plus loin

Alter Échos n°389 du 14.10.2014 : «Crise d’identité pour la promotion sociale?»

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A propos de l'auteur

Julien Winkel

Dans ses rêves d’enfance, Julien se voyait astronaute. À tel point qu’il imaginait qu’une fusée l’attendrait à la sortie de l’école pour l’emporter dans les étoiles, loin de ce monde de brutes. Lorsqu’on l’interroge sur ses héros, Julien affiche une belle cohérence puisqu’il cite Ian Solo et Marty Mac Fly. Pourtant, quelques années plus tard, c’est avec un diplôme de journaliste et un master européen en étude du spectacle vivant qu’il se retrouve. En tandem avec Cédric Vallet, Julien forme ainsi le pôle excellence de la rédaction. Il entretient en parallèle une passion extrême pour la musique : « surtout la musique noire américaine des 50’/60’s/70’s : soul, blues, funk. Il y a tellement d’émotion, de beauté, de drames, de rêves de rédemption et de vie dans cette musique qu’elle permet de ne pas finir racorni par les aléas de la vie et de ne pas totalement désespérer de l’espèce humaine. » Une envolée lyrique digne de la plume qu’il manie au service d’une « information jugée plus importante que jamais bien que vraiment galvaudée en de trop nombreuses occasions ». julien [dot] winkel [at] alter [dot] be

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