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Alter Échos n° 445

Innovation, la mode du neuf?

30 mai 2017

«Innovons, innovons». C’est la nouvelle passion.

Via appels à projets, prix ou bourse, l’injonction des pouvoirs publics est de plus en plus marquée. Il faut du neuf, de la création, de l’imagination. Le tout avec un peu de pression? Le secteur non marchand, invité à répondre aux appels à projets innovants, devrait céder à cette mode du jeunisme inventif au détriment de projets structurels, où l’expérience serait pénitence. Les prix pour soutenir les pratiques innovantes sont eux-mêmes à ce point innovants qu’ils disparaissent aussi vite qu’ils ont apparu (lire «Innovation: à quand le ‘juste’ prix?»). Excepté ces quelques prix et bourses éphémères, l’innovation a bonne presse et mauvais budget. «Quand elles (les associations, NDLR) découvrent un nouveau besoin, elles s’adaptent, elles bricolent, tentent de trouver des solutions mais ne sont pas vraiment soutenues en ce sens», selon Quentin Mortier, de la SAW-B. (Lire «L’innovation sociale: entre effet de mode et changement sociétal»)

Pourtant, sans soutien, pas de changement. Et sans transformation sociale, pas d’innovation. Selon Juan Louis Klein, du Centre de recherche sur les innovations (CRISES) de Montréal, une innovation bloquée au stade du prototype, incapable de se diffuser, sera cantonnée au stade d’«alternative», d’«invention». (Lire «Juan-Luis Klein: innover pour transformer») Les cimetières du monde non marchand regorgent de projets pilotes dits innovants crashés le temps d’un été.

«Innovons, innovons». Mais avec modération.