La transition des jeunes entre l’école et la vie active, particulièrement problématique pour les jeunes moins diplômés et moins qualifiés, s’est peu à peu imposée comme un problème social en Région de Bruxelles-Capitale. Dans ce contexte, de multiples dispositifs dans le champ des politiques publiques se sont développés afin d'agir sur cet « espace de transition » : plans d’accompagnement, outils d’insertion, mesures incitatives en faveur de l’engagement des jeunes...
À la demande de la Commission Consultative Formation Emploi Enseignement (CCFEE), un rapport rendu public ce 2 février 2010 a été réalisé sous la direction du Professeur Abraham Franssen, du Centre d’études sociologiques des Facultés universitaires Saint-Louis, en partenariat avec l’Agence Alter et l'équipe de la CCFEE. Objectif : proposer un cadre d’analyse documenté portant sur cette question. Inventorier, analyser et évaluer différents modèles internationaux (en se penchant plus spécifiquement sur le cas de la Belgique). Et enfin proposer une grille d’analyse et des critères d’évaluation de ces dispositifs.
Quelques constats issus du travail pour penser (panser ?) cet espace transitionnel sont à pointer : les politiques et intervenants doivent prendre la mesure des « fractures » existantes telles que le décrochage scolaire, la grande polarisation de la main d'oeuvre, les exigences croissantes de qualifications pour les métiers du tertiaire ou encore la dualisation entre Bruxelles pôle de richesse économique et Bruxelles lieu d'exclusion sociale... Il se doivent également d'agir en amont et en aval de la transition des jeunes (un système scolaire répondant mal aux attentes des jeunes et un marché de l'emploi structurellement et culturellement impuissant à fournir des emplois aux demandeurs d'emploi bruxellois, même en période de haute conjoncture). Enfin, la multiplication des mesures et dispositifs spécifiquement destinés aux jeunes est porteuse de dérives aux rangs desquelles on retrouve notamment la création d'un espace intermédiaire dans lequel tout le monde se perd ou encore une tendance à la focalisation sur la responsabilité individuelle de chacun à trouver sa place ; tendance qui conduit à évacuer les dimensions structurelles et collectives des problèmes sociaux et d'emploi.
La question de la gouvernance et du pilotage de l'espace entre enseignement, formation et emploi à Bruxelles se pose quant à elle toujours de manière criante. La reconnaissance et la régularisation des stratégies informelles et clandestines comme stratégies de survie (mais aussi comme occasions de déployer des compétences de réseaux, de positionnement et d'inscription dans une dynamique) est également importante...