Ces élections ne sont pas sans rappeler un bon vieux repas de famille. Toute le monde est prié d'être au rendez-vous. Cela ne tombe jamais au bon moment pour personne, mais on fait bonne figure. On commence à se préparer à la toute dernière minute, mais on fait en sorte de donner le change. On traine les pieds en souriant. De nouveau se les farcir tous alors qu'on a tant de pain sur la planche par ailleurs. Enfin bon il y aura aussi ce cousin ou cette cousine avec qui il y a toujours moyen de bien s'amuser. Par contre l'autre, là, celui qui vous crispe et qui va vous coller, aussi inévitable que le poulet rôti/abricots en conserve qui sera forcément au menu...

Les partis politiques sont donc partis en campagne comme on va à un de ces bons vieux repas de famille. Le petit théâtre va se rejouer comme les dernières fois : mêmes accents, mêmes messes basses, mêmes jeux autour de la grande table. Chacun aurait tellement envie que cela se passe autrement, certains ont déjà essayé, mais en vain. Il y a une espèce d'inertie inamovible dans la manière dont se passent les rapports, qui renvoie chacun face à des doubles ou triples contraintes.