A l'heure où les Européens constatent l'échec du sommet pour la Terre Rio+20, les voix les plus alarmistes se (re)font entendre : les gouvernants et les sociétés civiles sous-estiment les menaces posées par les déséquilibres environnementaux sur nos sociétés, et sur-estiment l'impact des changements déjà adoptés face à eux.
Au niveau belge, l'Institut pour un Développement durable (IDD), auquel participe notamment Philippe Defeyt, président (Ecolo) du CPAS de Namur, sort une analyse qui examine la réalité à l'échelle belge, et inscrit ses conclusions dans le même type de constats, en étant comme à son habitude très attentif aux dimensions sociales des problématiques.
L'IDD a choisi un ensemble d'indicateurs socioéconomiques de développement durable et a examiné leur évolution sur le temps long.
La consommation énergétique des ménages est particulièrement étudiée : alors que les prix de l'énergie se sont remis à augmenter dans les années 2000, la consommation énergétique des ménages s'est mise à diminuer sur la même période – ce qui ne signifie pas que la facture annuelle diminue. Bon pour la planète sans doute ; dur pour les ménages à faible pouvoir d'achat...
En matière de mobilité individuelle, pas de conclusion évidente : plus de voitures, moins de kilomètres parcourus, et depuis peu, des véhicules moins sales au kilomètre. Par contre, des signes encourageants apparaissent quant à la taille des logements (qui semble arrêter d'augmenter tendanciellement) et sous forme d'une baisse de la consommation de viande bovine.
L'IDD en conclut en substance que nos performances sont insuffisantes au regard des objectifs, et peu encourageantes au regard des enjeux. Qui plus est, il lui apparaît que là où des améliorations apparaissent, elle ne sont pas le fait de décisions politiques ou de changements conscients de comportements, mais bien de la baisse du pouvoir d'achat énergétique des ménages ces 10 dernières années.
De là à plaider pour une hausse des coûts de l'énergie, c'est un pas que les auteurs ne franchissent pas. Il reste à envisager des scénarios plus subtils, comme un prix lié aux quantités consommées, comme certains interlocuteurs l'évoquaient dans notre récent dossier sur les compteurs intelligents.