La CSC de Charleroi 1 a dévoilé ce 28 janvier les résultats d'une enquête réalisée auprès des travailleurs ALE de Charleroi. Objectif : recueillir des informations sur leurs conditions de travail. Pour Charleroi, 74 réponses sont parvenues à la CSC, soit 10% des travailleurs de l'ALE carolo.

Premier constat, 23% travaillent dans d'autres ALE que celle de leur commune. Ce qui, selon la CSC, rend inadaptée la réglementation sur les frais de déplacements qui ne prévoit un remboursement que pour l'ALE de résidence. Autre problème : 84% des personnes interrogées déclarent avoir des frais de transports pour se rendre au travail (un travailleur sur deux se déplace en voiture jusqu'au domicile du particulier, et un sur quatre en transports en commun). Or la règle prévoit un paiement des frais de déplacements si le trajet dépasse les 10 km aller-retour. Solution préconisée par la CSC : prendre en compte les frais de déplacements à partir du 1er kilomètre.

Autre constat : près de la moitié des travailleurs (47%) trouvent eux-mêmes le boulot. Ce qui tend à montrer que l'obligation de s'inscrire et les sanctions en cas de refus d'activité sont ineptes. Outre le procès d'intention (il faut les obliger si on veut les faire travailler...), la CSC constate qu'il en est de même dans l'ALE que sur le marché du travail : l'offre des services est supérieure à la demande des utilisateurs d'où une recherche de prestations au-delà des limites de l'entité.

Troisième élément : 28% des personnes interrogées utilisent régulièrement leurs propres outils. Selon le syndicat chrétien, la question de la fourniture d'outils adéquats et le défraiement pour usure d'outils doivent être abordés. De plus, 33% des travailleurs doivent parfois utiliser leur voiture comme «outil de travail», sans être assurés pour un tel usage.

Autres éléments mis en lumière : la sécurité. Un tiers des personnes interrogées considèrent avoir travaillé dans des conditions qu'elles estiment dangereuses (endroits, outils, produits,...). Néanmoins, les quelques accidents qui ont eu lieu ont toujours été couverts par une assurance et ont donné droit à un remboursement des soins de santé et au paiement des jours d'incapacité. Au niveau des rémunérations, 41% des personnes déclarent recevoir régulièrement leurs chèques en retard. Dans 10% des cas, le délai de paiement peut dépasser le mois. 41% déclarent également ne pas recevoir de chèques en cas d'heure entamée. «Des retards qui ne sont pas sans conséquences, observe Tony Demonté, permanent carolo de la CSC. De plus en plus de personnes ont intégré les revenus ALE dans leur consommation. On constate, notamment dans nos permanences, une demande croissante d'attestations de revenus ALE pour pouvoir recourir aux crédits.»

Pour la CSC, le silence de beaucoup de travailleurs serait dû à la crainte de perdre ces revenus complémentaires. C'est pourquoi elle plaide à nouveau pour l'instauration d'une représentation syndicale des travailleurs ALE au sein des agences. «On constate un peu partout sur la fédération, que des petits groupes de travailleurs ALE s'organisent pour faire valoir leurs droits, explique Tony Demonté. Ils veulent être reconnus comme interlocuteurs et pouvoir poser des revendications et des propositions pour résoudre les problèmes concrets et faire évoluer leur statut.»

Au passage la CSC émet de sérieuses réserves concernant le fameux «contrat de travail» ALE. Elle le qualifie de véritable «coin» dans les réglementations régissant le travail et craint qu'à l'instar du travail intérimaire, les ALE s'installent durablement et deviennent la norme d'ici vingt ans. «L'ALE reste un pis-aller qui a le mérite d'apporter un plus financier à ceux qui en ont bien besoin, confie Tony Démonte. Mais appeler ce nouveau contrat ‘contrat de travail' devient une mauvaise alternative à des mesures bien plus fondamentales comme la réduction et le partage du temps de travail.»

Quant à savoir comment transformer les activités ALE en emplois réguliers, la CSC ne donne pas de position définitive.

1 Fédération des syndicats chrétiens de Charleroi-ESM-Thuin, rue Prunieau 5 à 6000 Charleroi, tél. : 071 23 09 11, fax : 071 23 09 75, contact : Tony Demonté, permanent travailleurs sans-emploi.

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