Après Mundo-B à Bruxelles, voici Mundo-N. Depuis le mois de janvier, la petite soeur de la maison des associations durables s’est implantée dans la capitale wallonne, à quelques enjambées de la gare de Namur. Ce vaste projet de trois mille mètres carrés abrite presque deux cents travailleurs, répartis sur les cinq niveaux d’un bâtiment entièrement éco-rénové.
Droits quotidiens, Inter-environnement Wallonie, Natagora, la Plate-forme maison passive ou Bioforum Wallonie sont quelques-unes des trente associations qui y ont installé leurs quartiers. Leur point commun ? Toutes sont actives dans le développement durable. C’est d’ailleurs de là que le projet est né.
Fin 2007, plusieurs associations namuroises ont décidé de se regrouper pour mettre sur pied un rêve ambitieux : acheter et rénover un immeuble afin d’y installer leurs bureaux. Leurs objectifs étaient multiples. D’un côté, réduire les coûts en mutualisant les services et le matériel : réception, Internet et téléphonie, photocopieuses, etc. De l’autre, favoriser les synergies entre associations travaillant dans un même secteur. La coopération devait être au coeur du travail et le regroupement devait permettre, à l’instar du modèle bruxellois Mundo-B, une meilleure visibilité du secteur associatif durable, à travers l’organisation d’événements conjoints et d’activités communes.
Le projet a été confié à Ethical Property2, une société spécialisée dans la création et la gestion de centres d’associations et d’ONG. « L’expérience bruxelloise avec Mundo-B avait été concluante, on était prêts à recommencer, explique Frédéric Ancion, d’Ethical Property. On s’est donc mis à chercher un lieu pour en faire un bâtiment fonctionnel, convivial et exemplaire sur le plan environnemental, comme le souhaitaient les associations. »
Une passoire énergétique
Le bâtiment est trouvé en 2008, en plein coeur du quartier de Bomel. « C’était une passoire énergétique, poursuit Frédéric Ancion, mais l’immeuble avait une situation centrale. » La transformation, qui vise le standard passif, est totale : double vitrage performant, isolation renforcée, ventilation à double flux avec récupération de chaleur, installation d’une chaudière à pellets, choix de matériaux recyclables et respectueux de l’environnement, placement de luminaires basse consommation, économiseurs d’eau sur les robinets, etc. Pimpant, le bâtiment est entouré d’un agréable espace vert destiné au compostage et à la détente. Quant à la cafétéria, on n’y sert que des produits résolument bio ou équitables. Le projet, soutenu par la Région wallonne, a coûté au total 4,9 millions d’euros. Le surcoût – de 10 à 15 % en comparaison avec une rénovation classique – sera en partie récupéré grâce aux économies d’énergie réalisées.
Au-delà des prouesses techniques réalisées, l’accent est mis sur l’échange. Entre travailleurs d’abord, à travers l’organisation de réunions communes sur des sujets aussi divers que la mobilité – des parkings vélo ont vu le jour et une voiture partagée Cambio est stationnée devant le bâtiment – la gestion du jardin commun, ou la vie dans l’immeuble. Mais également avec les habitants de Bomel. « On a rencontré les comités de quartiers et nos voisins, on est bien intégrés. D’ailleurs ceux qui habitent juste derrière nous laissent utiliser une partie de leur espace vert pour le jardin, souligne Frédéric Ancion3. Toujours par souci d’ouverture, la cafétéria restera ouverte au public toute l’année et les salles de conférence accessibles aux associations extérieures pour des événements en lien avec le développement durable. « Bomel est un des deux quartiers les plus en souffrance de Namur, intervient Arnaud Gavroy, échevin de l’Aménagement durable de Namur. L’arrivée de Mundo-N va certainement participer à sa redynamisation. »