Partager par e-mail Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur LinkedIn Partager sur Google+ Impression
gpa2014

Gedinne Plein Air: la fête à moindre risque

Alter Échos n° 387-388 8 septembre 2014 Cédric Vallet

À Gedinne, au mois d’août, 5.000 personnes se sont réunies au «Gedinne Plein Air» pour danser au son de DJ célèbres. Cet événement a adhéré au label Quality Nights, dont l’objectif est de réduire les risques liés à la fête.

Malgré la fraîcheur estivale de l’été belge, la fête a drainé la foule des grands jours à Gedinne. Près de 5.000 personnes se sont déplacées, les 8 et 9 août, au sud de la province de Namur, pour danser au son d’une électro un tantinet chargée (Bob Sinclar, «l’artiste» français, avait fait le déplacement). Comme dans tous les festivals, le «Gedinne Plein Air» charrie son lot d’individus éméchés, surexcités ou extrêmement fatigués. Bref, l’événement de Gedinne n’échappe pas à la règle : les festivals sont aussi un lieu d’excès et, parfois, de prises de risques.

Mais à Gedinne, ce risque, les organisateurs cherchent à le réduire. «Notre souhait est que les gens s’amusent et se rendent compte des risques de leur consommation», explique Corentin Leduc, coordinateur de l’événement au nom du club de jeunes local. C’est donc dans cet esprit que l’événement «Gedinne Plein Air» a adhéré à Quality Nights, un label de la réduction des risques en milieu festif.

Alors que près de 50 lieux festifs ont d’ores et déjà rejoint Quality Nights, «Gedinne Plein Air» fut le tout premier festival d’ampleur, en Fédération Wallonie-Bruxelles, à s’inscrire pleinement dans cette démarche dite «de promotion de la santé».

«Notre souhait est que les gens s’amusent et se rendent compte des risques de leur consommation.» Corentin Leduc, coordinateur du Gedinne Plein air.

«Responsabiliser le monde de la fête»

Quality Nights est une initiative imaginée par l’association Modus Vivendi en 2007. David Leclercq, le coordinateur du projet, se souvient des débuts du label: «Il y a des lieux festifs où certains risques étaient pris. Qu’il s’agisse de consommation de drogues, de relations sexuelles non protégées ou de conduite en état d’ivresse. Nous n’arrivions pas vraiment à toucher le public de ces lieux avec nos stands. Donc, nous avons proposé d’intégrer certains services de manière permanente, en échange d’un label.» En toile de fond, l’idée des promoteurs de Quality Nights est de «responsabiliser le monde de la fête. Du jeune sorteur à l’organisateur».

Concrètement, ce label s’obtient en proposant quelques services simples. De l’eau potable gratuite. Des préservatifs, des bouchons d’oreilles, un espace de repos, l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Autre critère d’obtention du label: proposer des informations de «promotion de la santé».

En Wallonie, Modus Vivendi travaille avec des partenaires locaux. C’est le service de prévention de la ville de Beauraing, nommé L’Autre Sens, qui s’y colle à Gedinne. Le stand de L’Autre Sens est assailli par de nombreux fêtards en quête de bouchons d’oreilles ou de préservatifs. Les informations au sujet des drogues viendront plus tard. Lorsque la fête sera à son comble. Bérangère Fourny, de L’Autre Sens, détaille le type d’informations transmises aux jeunes qui viennent s’informer à son stand: «Ici, nous nous adressons à des consommateurs (de substances psychoactives, NDLR). Nous donnons une information objective. Pour tels produits, il y a tels risques.» La réduction des risques et la promotion de la santé exigent une posture non jugeante, comme l’explique Bérangère Fourny: «Nous sommes dans l’échange avec les gens. Et cela fonctionne, car nous n’assénons pas des discours du type ‘tu ne dois pas faire ça’. L’idée est de responsabiliser les gens.» On trouve donc sur les tables du service de prévention des informations sur la cocaïne, l’alcool, les ecstasys et bien d’autres drogues.

Pour Modus Vivendi, «Gedinne Plein Air» est un ballon d’essai. Leur idée est bien de s’intégrer, à plus ou moins long terme, dans la logique de plusieurs événements festifs en Communauté française. Et même au-delà, car Quality Nights participe à Party plus, un réseau européen qui, lui aussi, a à cœur de «favoriser le bien-être des fêtards sans entrer dans des discours moralisateurs».

 

A propos de l'auteur

Cédric Vallet

Cédric nous vient tout droit du Sud… de la France, de Montpellier précisément. D’ailleurs, s’il ne devait pas travailler, il passerait son temps à jouer à la pétanque. Avec son collègue Julien Winkel, il forme le « pôle excellence » de la rédaction d’Alter Échos. Ce qui explique que son héros, c’est ledit Julien Winkel, dans ses grands jours. Doté d’un sens de l’humour bien aiguisé dont il fait souvent montre dans ses papiers, Cédric nous définit le social comme un bolo au Verschueren ; « ça n’existe plus mais c’était « social ». Il pratique le journalisme pour contredire tout le monde, tout le temps, à commencer par lui-même. cedric [dot] vallet [at] alter [dot] be

A la Une