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Finance participative, un nouvel âge pour les coopératives

Alter Échos n° 392 10 novembre 2014 Rafal Naczyk

Le Réseau Financité vient de créer une nouvelle plateforme d’investissement direct: «C’est financé près de chez vous». Le site se présente comme une source de financement alternative pour les coopératives agréées et les asbl dépendantes des subsides et des prêts bancaires.

La finance participative, cette forme nouvelle de désintermédiation sur Internet entre épargnants et porteurs de projet, pourrait bien être l’avenir de la finance solidaire. Si le crowdfunding permet aux artistes, ménages ou entreprises de lever des fonds sans passer par une banque, le principe reste méconnu, et très peu pratiqué par le secteur associatif. Or, l’accès aux aides publiques étant de plus en plus compliqué, la course aux financements s’accentue: d’après une enquête menée par le Réseau Financité en janvier 2014, 70% des coopératives et asbl établies en Belgique ont connu des besoins de financement ces cinq dernières années.

Pour promouvoir l’investissement direct vers ces structures, Financité vient de lancer «C’est financé près de chez vous». Le site offre des outils de sélection qui permettent de trouver la région, le secteur d’activités, la visée sociale, économique ou écologique du projet qui sollicite l’épargne des particuliers. «En plaçant une partie de son épargne dans des parts de coopérateurs ou des obligations d’asbl, un particulier a la possibilité de soutenir et de financer un projet local, installé ‘près de chez lui’, sans intermédiaire financier», vante Arnaud Marchand, chargé de recherche et d’innovation auprès du Réseau Financement alternatif.

Les coopératives, qui s’affirment de plus en plus comme l’évolution de l’asbl vers le secteur marchand, touchent aujourd’hui à tous types de secteurs, comme les énergies renouvelables, l’alimentation, les services informatiques, l’immobilier… «Dans tous les cas, il y a un important besoin de financement», observe Arnaud Marchand. Si pour les entreprises de l’économie sociale, la recherche de capital est similaire à celle d’une PME, avec un imposant besoin de fonds propres au démarrage, développer un projet «à forte motivation sociale ou environnementale coûte fatalement plus cher». Car les asbl et coopératives ont un rendement différent, voire inexistant, comparé à d’autres entreprises. Et cela reste perçu comme un risque que les banques refusent de financer.

Un cadre légal avantageux

Pourtant, depuis 2006, coopératives agréées et asbl établies en Belgique bénéficient d’un cadre légal avantageux pour faire appel au financement direct. Et… de quelques exceptions. «Elles ont la possibilité de rechercher des financements au sein de leurs propres réseaux ou en s’adressant à un public large, via l’émission de parts de coopérateurs ou, dans le cas des asbl, d’obligations. Et ce, sans devoir publier de prospectus financier validé par l’Autorité des services et marchés financiers (FSMA)», explique Arnaud Marchand. Actuellement, ce sont surtout les coopératives agréées par le Conseil national de la coopération qui ont recours au financement direct et citoyen. Par contre, «peu d’asbl envisagent l’emprunt obligataire, observe Arnaud Marchand. Sans doute par peur de s’occuper de finances… Ce qui est dommage, car l’appel public à l’épargne coûte moins cher qu’un crédit à la banque.»

Cette stratégie cumule plusieurs avantages: transparence, facilité de mise en place, constitution rapide de fonds propres, moindre dépendance vis-à-vis d’intervenants bancaires et… l’implication des membres ou associés. «Le participant connaît la destination de son épargne, il la choisit lui-même et, puisque la culture wiki est au rendez-vous, un lien direct peut se créer entre le porteur du projet et son ‘mécène’.» Le financement direct, par le grand public, devient alors un signal de confiance fort pour les banques et les pouvoirs subsidiants. Pour autant, la souscription de parts de coopérateur ou d’obligations reste un placement risqué, qui doit être communiqué comme tel par l’émetteur. Parmi d’autres contraintes, l’organisation émettrice est aussi redevable envers ses investisseurs: «Elle doit rembourser ces derniers en temps et en heure, souligne Arnaud Marchand. Il est donc conseillé de rédiger et de publier un document d’information complète, expliquant les caractéristiques et les risques que présente le produit émis.»

 

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