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Edito
© Alessandro Muiesan

Edito : Exclusion fiscale

Alter Échos n° 437 25 janvier 2017 Sandrine Warsztacki

Voilà une mesure qui ne fera sans doute pas couler beaucoup d’encre, entre le chapitre bonus logement et voitures de société, dans les traditionnels «guides de ce qui va changer dans votre déclaration fiscale en 2017»… Suivant une nouvelle loi, adoptée à la veille de Noël et applicable depuis ce 1er janvier, les demandeurs d’asile n’ont plus accès au crédit d’impôt pour enfant à charge. Tous les contribuables résidents en Belgique, dont les demandeurs d’asile, ont droit à une réduction d’impôts pour enfant à charge. Si leurs revenus sont trop faibles pour être imposables, cet avantage fiscal est octroyé sous la forme d’un crédit d’impôt qui s’élève à un maximum de 440 euros par enfant. Qu’un migrant nouvellement arrivé sur le territoire puisse bénéficier du même mécanisme de solidarité qu’un chômeur belge qui noircit des déclarations fiscales depuis qu’il est en âge de payer ses impôts scandalise Johan Van Overtveldt (N-VA), le ministre des Finances. Que ces réfugiés seront appelés demain à contribuer à l’économie de notre pays, à y travailler et à y consommer ne semble guère perturber son raisonnement.

La Suédoise se livre à un exercice de musculation simpliste pour montrer à son électorat que le gouvernement est un dur en matière d’immigration

Cette loi discriminatoire affiche d’autant plus son caractère idéologique qu’elle ne semble reposer sur aucun fondement économique. Le gouvernement n’a inscrit aucun retour attendu pour cette mesure dans son budget 20171, relève Pierre Havaux, du Vif: «Aucune analyse d’impact à brandir, pas le moindre indice du nombre de demandeurs d’asile bénéficiaires de cet avantage fiscal, pas la plus petite estimation d’une économie budgétaire escomptée.»

Une fois de plus, la Suédoise se livre à un exercice de musculation simpliste pour montrer à son électorat que le gouvernement est un dur en matière d’immigration, faisant fi des situations de détresse que fuient ces familles de migrants (lire notre article «Visas humanitaires: la bataille est européenne», et «L’Office des étrangers, une administration psychorigide»). Et glisse sur les pentes de plus en plus dangereuses du rejet de l’autre et du repli sur soi.

1 «La suédoise, une certaine idée de l’asile», Pierre Havaux, 12/12/16, Levif.be

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A propos de l'auteur

Sandrine Warsztacki

Sandrine rêvait de devenir glaciologue. Ou marchand de glaces. Elle a fini par vendre des articles sur papier glacé. Parce qu’elle a plus la bosse des lettres que des maths, Sandrine a étudié le journalisme et l’anthropologie à l'ULB. Aujourd’hui, Sandrine est rédactrice en chef d'Alter Échos. Pour elle, le social, c’est «un ensemble de travailleurs bien plus courageux qu’elle qui se battent au quotidien pour un monde plus juste». Et l’info, ce sont «des lignes qui peuvent parfois changer le cours des événements». Son héros : Jack London. sandrine [dot] warsztacki [at] alter [dot] be

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