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Edito
Sur Facebook, plusieurs utilisateurs ont remplacé leur photo de profil par cette image en protestation à cette proposition de Théo Francken.

Edito: La politique du plastique

Alter Échos n° 412 2 novembre 2015 Sandrine Warsztacki

Elle est plate, en plastique vert pâle, mesure 8,4 cm de long sur 5,4 cm de large et sa possession fait de nous des citoyens belges à part entière, sujets de droits et de devoirs. Petite particularité à noter depuis 2012: peut être retirée aux jeunes partis combattre en Syrie.

Il est plat, présente les mêmes mensurations que la carte d’identité décrite ci-dessus, mais se présente en version rose. Il est accordé aux citoyens étrangers venus trouver refuge dans notre démocratie pour une durée illimitée jusqu’à présent. Mais selon les dernières déclarations du secrétaire d’État à l’Asile, Theo Francken, la durée de ce titre de séjour sera rabaissée à cinq ans. Et les ressortissants étrangers qui souhaitent l’obtenir devront signer un document d’adhésion aux droits, obligations, valeurs et libertés européens.

Fort bien. Mais de quelles valeurs parlons-nous au juste? Car depuis la crise de l’asile, notre société n’a jamais semblé aussi divisée. S’il s’agit des valeurs de solidarité et d’humanité qui ont poussé, pour ne prendre qu’un exemple parmi d’autres, 1.800 familles flamandes à se porter volontaires pour accueillir un mineur étranger non accompagné chez elles (lire notre article p. 34), alors, nous aussi, on veut bien signer des deux mains.

Mais a-t-on prévu de faire signer aussi les 30% de Wallons qui déclaraient, dans un récent sondage, qu’ils voteraient pour Marine Le Pen si celle-ci se présentait aux élections en Belgique? Ou aux internautes qui se répandent en propos haineux et abjects sur les demandeurs d’asile? Et qu’en est-il des valeurs qui guident ces élus de la N-VA quand ils proposent d’apposer un «badge» au cou des demandeurs d’asile? Un petit bout de plastique de trois fois rien, rassure notre ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Jan Jambon. Juste un petit bout de plastique pour «aider» (nommons-le aussi ministre de l’Euphémisme!) ces pauvres bougres à ne pas subir d’inutiles contrôles policiers…

Relire notre dossier Réfugiés-associatif : le (sur)vivre ensemble, AE n°411, octobre 2015.

En savoir plus

1. Le Grand Baromètre RTL – Ipsos – Le Soir, avril 2015

A propos de l'auteur

Sandrine Warsztacki

Sandrine rêvait de devenir glaciologue. Ou marchand de glaces. Elle a fini par vendre des articles sur papier glacé. Parce qu’elle a plus la bosse des lettres que des maths, Sandrine a étudié le journalisme et l’anthropologie à l'ULB. Aujourd’hui, Sandrine est rédactrice en chef d'Alter Échos. Pour elle, le social, c’est «un ensemble de travailleurs bien plus courageux qu’elle qui se battent au quotidien pour un monde plus juste». Et l’info, ce sont «des lignes qui peuvent parfois changer le cours des événements». Son héros : Jack London. sandrine [dot] warsztacki [at] alter [dot] be

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