Partager par e-mail Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur LinkedIn Partager sur Google+ Impression

Des Mena en insertion socioprofessionnelle

Alter Échos n° 349 19 novembre 2012 Julien Winkel

Un projet pilote permet à une série de Mena (mineurs étrangers non accompagnés) de suivre une formation en OISP. Mais les financements menacent de s’assécherdès l’été 2013.

Des mineurs étrangers non accompagnés seront-ils bientôt en formation dans plusieurs EFT (entreprises de formation par le travail) et OISP (organismes d’insertionsocioprofessionnelle) ? S’il est périlleux d’apporter une réponse à cette question, un projet pilote mené près de Namur explore cette piste depuis 2010.Initié par la Fondation Joseph Denamur1, un centre d’accueil pour Mena, il permet à plusieurs Mena d’aller se former dans les murs de Nouveau Saint-Servais2, uneassociation active en tant que centre d’entreprise et OISP.

Depuis trois ans, ce sont près de 25 jeunes qui ont eu l’occasion de faire leurs armes pour une période comprise entre trois et six mois dans les secteurs du bâtiment et del’électrotechnique. « Nous assistons à une évolution à la hausse de l’âge des Mena, explique Michel Villan, président de la Fondation JosephDenamur et… de Nouveau Saint-Servais. Nous nous retrouvons de plus en plus à devoir prendre en charge des jeunes proches de l’âge de 18 ans à qui l’obligation scolaires’impose encore alors que, pour certains, ils ont un vécu assez lourd qui complique le travail à ce niveau. » Une situation qui rend une action à long termeimpossible, et qui impose également de trouver des solutions adaptées en ce qui concerne la scolarisation pour les quelques mois restants. « Les remettre sur les bancs del’école paraît bien souvent impossible », continue notre interlocuteur.

Une politique transversale ?

C’est face à ce constat que le projet pilote est né. Orientés par plusieurs centres d’accueil (Gembloux, Liège ou Bruxelles), les Mena intéressés sontinvités à s’inscrire au Cefa de Suarlée, porte d’entrée (obligation scolaire oblige) du projet. Ils se voient ensuite dirigés vers le Nouveau Saint-Servais pour ysuivre leur formation, sur le modèle du compagnonnage, à deux ou trois par section. Notons que pour le bâtiment, les jeunes sont intégrés à l’équiped’entretien active sur le site du centre d’entreprise alors que concernant l’électrotechnique, ils se voient intégrés aux groupes en formation dans l’OISP. « Cettedémarche, s’ils sont appelés à rester en Belgique, aura servi d’accrochage et de « dégrossissage ». S’ils rentrent dans leur pays d’origine, ce sera tout de même unacquis », explique Michel Villan.

Rayon gros sous, c’est l’Aide à la jeunesse (dont le financement permet notamment de couvrir l’encadrement et de payer aux Mena le traditionnel euro horaire accordé aux stagiaires)et l’éducation (qui permet aux Mena de s’inscrire en CEFA et de bénéficier du suivi d’une psychologue) qui ont ouvert leur portefeuille jusqu’en août 2013. Pour la suite,c’est l’inconnu, même si Michel Villan déclare que l’Aide à la jeunesse ne pourra plus financer le projet. Ce qui signe l’arrêt de mort de ce dernier ? « Leprojet fonctionne bien, ce serait donc dommage », explique notre interlocuteur, qui avance des pistes de solutions. « Il faudrait que d’autres EFT et OISP puissent se lancer,même si je tiens à préciser que ce type d’initiative doit concerner des Mena bien particuliers. »

Michel Villan signale qu’un contact sera bientôt pris avec l’Interfédération des EFT/OISP afin de voir si le secteur est preneur d’une telle initiative. En cas deréponse positive, ce sera au tour d’André Antoine (CDH), ministre de l’Emploi de la Région Wallonne, d’être interrogé. But de l’opération ? Que les Menapuissent être comptabilisés dans les dérogations au public cible autorisées pour les EFT/OISP (n’être plus soumis à l’obligation scolaire) et qu’ils puissentdès lors être compris dans leur quota d’heures de formation subsidiées. Rappelons à ce sujet que le décret actuel régissant le secteur des EFT/OISP est enpleine révision. Une occasion en or pour le projet de faire passer sa demande ? « Ce serait bien, concède Michel Villan. Essayons pour une fois d’avancer sur despolitiques transversales. »

1. Fondation Joseph Denamur:
– adresse : rue de Mazy, 1 à 5030 Gembloux
– tél. : 081 62 55 00
2. Nouveau Saint-Servais
– adresse : rue de Gembloux, 500 à 5002 Saint-Servais
– tél. : 081 71 73 84
– site : www.nouveausaintservais.org

Pssssttt, cher.chère visiteur.euse du site d’Alter Échos !!!

Sache que ta présence sur notre site nous réjouit. Sache aussi que nous sommes heureux que vous soyez si nombreux.ses à nous suivre sur le web. Nous avons choisi de mettre en accès libre une grande partie de nos articles … pour le partage & pour répondre à notre mission d’éducation permanente. Mais produire une information de fond & de qualité implique un coût. Soutenez-nous ! Abonnez-vous à nos revues !

A propos de l'auteur

Julien Winkel

Dans ses rêves d’enfance, Julien se voyait astronaute. À tel point qu’il imaginait qu’une fusée l’attendrait à la sortie de l’école pour l’emporter dans les étoiles, loin de ce monde de brutes. Lorsqu’on l’interroge sur ses héros, Julien affiche une belle cohérence puisqu’il cite Ian Solo et Marty Mac Fly. Pourtant, quelques années plus tard, c’est avec un diplôme de journaliste et un master européen en étude du spectacle vivant qu’il se retrouve. En tandem avec Cédric Vallet, Julien forme ainsi le pôle excellence de la rédaction. Il entretient en parallèle une passion extrême pour la musique : « surtout la musique noire américaine des 50’/60’s/70’s : soul, blues, funk. Il y a tellement d’émotion, de beauté, de drames, de rêves de rédemption et de vie dans cette musique qu’elle permet de ne pas finir racorni par les aléas de la vie et de ne pas totalement désespérer de l’espèce humaine. » Une envolée lyrique digne de la plume qu’il manie au service d’une « information jugée plus importante que jamais bien que vraiment galvaudée en de trop nombreuses occasions ». julien [dot] winkel [at] alter [dot] be

A la Une