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#BruXitizen 2014 : les jeunes entre contrôle et autonomie

BruXitizen : parole aux jeunes

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Bruxitizen est un festival organisé par l’Agence Alter qui a pour but de sensibiliser les jeunes à des questions sociales. Cet événement a eu lieu pour la troisième fois au Centre Culturel Maritime de Molenbeek et aux alentours de celui-ci. La thématique abordée cette année « Jeunes entre autonomie et contraintes » avec trois problématiques : emploi, police et quartier.

Quatorze tapante, mercredi 19 novembre. Des jeunes issus d’écoles ou d’associations arrivent sur place. En effet, l’aventure BruXitizen passe par deux formes de participation : d’une part, la participation de jeunes issus du monde associatif molenbeekois et d’autre part celle d’étudiants en journalimse-communication à cinq ateliers de l’« Alter Medialab ».

Débarqués en troupe de leurs écoles respectives, les étudiants en Communication de deuxième année à l’ISFSC et de troisième à l’Université Saint Louis au Centre culturel sont accueillis par Louise, stagiaire à Alter. Ils reçoivent alors leur badge « Alter Medialab ». L’objectif de cet « événement dans l’événement » sera de couvrir Bruxitizen dans son ensemble. Le tout par le biais de cinq ateliers, dédiés chacun à une forme de journalisme : écrit, vidéo, radio, BD ou numérique.

Au rendez-de-chaussé du Centre, on peut apercevoir des cageots à légumes vides qui délimitent les différents endroits où se dérouleront les débats. Le festival ne commençant qu’à quatorze heures, les étudiants se rendent au deuxième étage du Centre afin de se réunir au sein de leurs ateliers pour travailler.

© Lucie Castel

© Lucie Castel

Le mercredi après-midi

Cependant Bruxitizen, c’est avant tout le contact avec les jeunes et la sensibilisation de ceux-ci à des thématiques qui les concernent. Comme Aude Garelly, directrice de l’Agence Alter, le précise « le but est de faire entendre la voix des jeunes ». Parce que selon elle, « le fait qu’ils s’expriment est un pas. Mais encore faudrait-il que ceux-ci soient écoutés et qu’on donne du crédit à leurs idées et leur volonté de faire bouger les choses ».

Ils ont le choix, lors de cette première journée, entre trois thématiques : emploi, rue, police. Ceux ayant choisi « police » se retrouvent dans un hangar pour une démonstration de boxe suivi d’un débat. Une démonstration un peu spéciale puisqu’il s’agit d’un entraînement conjoint entre policiers et jeunes. Aude Garelly nous confie que lors d’un combat de boxe, les règles sont les mêmes pour tout le monde, ce qui permettrait que tout le monde soit sur le même pied une fois sur le ring monté à cet effet.

Il y a beaucoup de personnes, mais il a fait froid. Les policiers en short se frottent d’ailleurs les jambes pour se réchauffer. Des palettes sont disposées un peu partout et les gens sont assis dessus. L’ambiance est bon enfant.

Un débat a lieu après la démonstration de boxe. Il semble qu’il y ait autant de monde avant qu’au cours du débat. Pour Rami Haakan, policier dans le commissariat de Mettewie, cette activité ne va pas changer les choses mais c’est un bon début. « Il y a trop de stéréotypes et lorsque les jeunes sont dans un autre contexte, avec d’autres personnes, il faut renouveler le fait que le flic est cool », explique-t-il.

Le froid, dans les rues aussi

C’est dans le froid des rues de Molenbeek, aux alentours du centre cuturel Martitime, que les jeunes ont pu se frotter à la deuxième thématique du festival. En se déplaçant tout d’abord en compagnie d’Obètre, artiste et graffiti guide. Celui-ci avait la volonté d’amener à une réflexion concernant toutes les marques présentes dans la rue. Son objectif : poser la question de ce qu’est l’espace public. S’agit-il d’un espace où tout le monde a le droit de s’exprimer librement ? Ou bien s’agit-il d’un endroit matériellement politisé ? Ensuite, il a voulu montrer à quel point il était simple de s’approprier une partie de l’espace public en prenant pour exemple les publicités qui nous envahissent. L’artiste a donc décidé d’aller chercher des affiches publicitaires et de les retourner afin que les festivaliers puissent s’exprimer sur leur verso. Ces affiches ont été, en fin de première journée, déposées dans la station de métro bruxelloise « Ribaucourt » afin que chacun puisse s’exprimer et s’approprier un peu de cet espace public.

Toujours dans une optique d’appropriation de la rue, un parcours extrême aux allures de Yamakasi, animé par l’équipe du Pakour Xtrême, s’est également tenu dans les rues de Molenbeek. Les cascadeurs ont confié aux jeunes les accompagnant que le plus important est de s’entraîner et de faire des essais. « Avant une vidéo hors de question de ne pas s’être entrainé », lâchent-ils ! Ils ont aussi souligné que ce moyen d’expression doit être collectif. Les cascades doivent être faites entourés de personnes de confiance. Le froid a donc été bravé, avec des sauts. Ambiance au rendez-vous grâce à l’équipe ParKour Xtrême qui a donné l’impression que tout le monde se connaissait depuis toujours.

Après le festival au sein du Centre Culturel maritime, clôturé aux alentours de dix-huit heures, une projection de film de jeunes réalisateurs a eu lieu au hangar ayant accueilli l’atelier boxe. Des court-métrages assez humoristiques pour clôturer une première journée déjà bien remplie.

Journée complète pour le jeudi

Accueillis à neuf heures avec du café et des croissants, le matin du 20 novembre, c’est le ventre plein que les différents ateliers (emploi, police, et rue) se mettent en place au rez-de-chaussée du Centre culturel Maritime. Pas d’excuses pour les personnes refroidies le jour précédant, tout le monde reste au chaud.

Au programme du thème « police » de ce jour, il n’y a que des débats. La plupart des intervenants de la veille sont présents. Il y a, à nouveau, des tensions assez palpables entre jeunes et policiers. Chacun reste sur ses positions et ne fait pas l’effort de comprendre l’autre. Du côté des jeunes, ceux-ci déplorent la fréquence des contrôles de police et le manque de respect des policiers qui tutoieraient très facilement les contrôlés.

Les policiers ne nient pas ces faits. En effet d’après eux, le respect doit être mutuel. Le policier n’a pas à tutoyer le jeune et vice-versa. « Si lors d’un contrôle les premières paroles du policier ainsi que des jeunes sont respectueuses, il y a 9 chances sur 10 que cela se passe bien », affirme un policier. Pour les représentants de l’ordre, il semblerait que les gens ne se rendent pas compte à quel point la vie d’un policier est difficile. A peine sorti du commissariat, le policier se ferait insulter. Selon les policiers, un autre problème auquel ils doivent faire face est que les gens les stigmatiseraient et les mettraient tous dans le même sac « alors qu’il y a des bons et des mauvais, comme partout ». Selon le commissaire Pierre-Thomas Collignon, responsable de la division de Molenbeek-St-Jeanil faut se rendre sur le terrain pour se rendre compte de la réalité à laquelle les policiers font face.

Une toute autre ambiance

Toute autre ambiance par rapport à la journée précédente pour l’atelier « rue ». Les deux ateliers sont au chaud, au sein du Centre Culturel Maritime. Un débat est animé par Aude Garelly. Son thème : l’appropriation de l’espace public par les jeunes. Autour de la table, on trouve des représentants d’associations, mais aussi des politiques, comme Sarah Turine, échevine de la jeunesse de Molenbeek. Sans oublier Obètre, notre artiste de la rue à la langue bien pendue. Un débat très actif avec beaucoup d’échanges. Ce qui a permis à tout le monde de s’exprimer autour d’une question qui peut amener d’autres pistes de réflexion comme les sanctions administratives communales ou les infrastructures disponibles.

Vers midi, les débats prévus se clôturent doucement. Des sandwiches et des boissons sont proposés afin de détendre l’atmosphère après des débats parfois tendus. L’après-midi, une discussion-débat a eu lieu pour permettre aux festivaliers de débattre à propos des questions d’emplois avec des acteurs sociaux venant de ce milieu professionnel.

BruXitizen s’est clôturé par une émission radio aux alentours de dix-sept heure trente, préparée par les étudiants de cet atelier.

Ce festival a été le lieu de débats et d’ateliers autour de diverses thématiques. Il a surtout été un lieu d’échanges entre jeunes et moins jeunes, avec des personnes issues du milieu associatif et des acteurs plus influents comme la police ou les politiques. Cet événement a permis aux participants extérieurs de débattre de leurs idées et d’écouter celles des autres. Pour les étudiants, cela aura été l’occasion d’apprendre et d’être confrontés à différents métiers de la Communication dont ils feront peut-être partie un jour.

Témoignages des participants au Medialab

Mais les étudiant, qu’ont-ils fait durant les quelques heures du festival ? Répartis en cinq ateliers – presse écrite, réseaux sociaux, vidéo, radio et BD journalisme – ils ont suivis à leur façon le festival afin de s’en faire l’écho.

Jérémy, participant à l’atelier radio : « Participer à Bruxitizen, ça permet de sortir du cadre scolaire et de rencontrer des gens. Notre atelier a commencé trois semaines avant l’événement, on a dû réaliser plusieurs interviews. Pendant le festival, on a fait le montage et préparé le direct de clôture. »

Charlotte, participante à l’atelier BD journalistique : « C’est une opportunité que les jeunes puissent parler en leur nom, il y trop peu d’occasion comme celle-ci. Dans le parcours média, en BD, on peut s’exprimer à travers la fiction et on est encadré par une pro ! »

Marie, participant de l’atelier vidéo : « Bruxitizen permet de se faire de l’expérience et d’apprendre et être plus à l’aise avec le montage. De plus, ça reste une expérience sociale ! L’atelier a commencé avant le festival, on a dû créer un scénario sur la reconversion dans l’emploi. Pendant Bruxitizen, on a surtout fait du montage et on a filmé certains intervenants. Il y a eu quelques problèmes techniques. Mais ça permet de peut-être envisager un stage dans le domaine de la vidéo ».

Kimberley, participante à l’atelier numérique/réseaux sociaux : « Avant Bruxitizen, on a fait une séance de teasing où on a mis nos idées en communs. Et une semaine avant, on a commencé la publicité du festival sur Facebook et Twitter. En ce qui concerne Instagram, on a fait ça le jour J ! Pendant le festival, on a pris l’ambiance, et on transposait sur les réseaux sociaux ce qu’il se passait afin que les personnes n’ayant pas pu venir puissent participer via les réseaux sociaux. »

Margaux, participante à l’atelier écriture journalistique : « Dans notre atelier, on a commencé avant le festival à écrire un article sur un des trois sujets (emploi, quartier et police). Arrivés sur place, on a fait une réunion de rédaction pour savoir qui fait quoi et chacun a suivi l’atelier qu’il devait couvrir. On a bien été encadrés par les journalistes d’Alter. On a eu la chance de vraiment participer au festival alors que d’autres n’ont pas pu à cause de leur atelier. On a eu pas mal de liberté dans l’écriture de notre article, c’était vraiment chouette ! »

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