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Emploi/formation
La future Cité des métiers prendra place dans la tour Astro (à gauche). © Flickrcc Dan

Bruxelles, Cité des métiers 2016

Alter Échos n° 397 17 février 2015 Pierre Jassogne

Une Cité des métiers à Bruxelles, cela devrait être une réalité d’ici à 2016. Au cœur de ce projet de service intégré: Actiris, Bruxelles Formation et VDAB Brussel. En Wallonie, Charleroi, Liège et Namur ont déjà bénéficié de ce label international.


Ce modèle international existe depuis 1993 et a été lancé à Paris dans le quartier de La Villette. Depuis ce lancement, on compte près d’une quarantaine de Cités à travers le monde. Concrètement, une Cité des métiers est un espace de conseils d’orientation et d’information sur la vie professionnelle. Ouverte à tous les publics (jeunes scolarisés, demandeurs d’emploi ou actifs occupés), elle a pour mission d’aiguiller les usagers vers tous les moyens d’élaboration et de réalisation d’objectifs professionnels.

Dans sa déclaration de politique régionale, le gouvernement bruxellois a d’ailleurs prévu, sur le modèle de la Cité des métiers, des «pôles de compétences emploi-formation». L’objectif dans la capitale est de créer un service tout intégré regroupant tant l’amont de la recherche d’une formation que l’aval. Celui-ci rassemblerait en un seul lieu l’offre de formations d’un secteur professionnel donné, en étant équipé de matériel de pointe mais en fournissant également des prestations telles que l’identification et la validation des compétences ou la sensibilisation aux métiers du secteur. Un pôle de compétences qui regrouperait les acteurs de la formation publics et privés ainsi que le service d’emploi dans les métiers techniques et industriels. D’autres pourraient concerner les métiers de l’information, la communication et des nouvelles technologies (ICT) ainsi que l’ensemble des «métiers de la ville». Le souhait de cette synergie est d’impliquer aussi les acteurs de l’enseignement dans cette dynamique.

Dans la tour Astro

«Ce sera bien plus simple d’organiser des formations bilingues avec le VDAB sous cette structure commune.» Olivia P’tito, Bruxelles formation

Au cœur de ce projet, Actiris, Bruxelles Formation et le VDAB Brussel. Pour le moment, les trois opérateurs publics sont en pleine procédure de labellisation afin de pouvoir faire partie du réseau «Cités des métiers». D’après nos informations, un dossier sera déposé en ce sens au mois de mars prochain.

Pour le moment, on parlera donc plutôt d’un service intégré, car les discussions sont toujours en cours sur les stratégies et les objectifs à fixer dans le cadre de cette future Cité des métiers bruxelloise. Une seule certitude: ce nouveau service prendra place dans la tour Astro qu’Actiris et Bruxelles Formation occuperont d’ici à 2016. «Notre volonté, c’est de faciliter la vie des Bruxellois, qu’ils soient demandeurs d’emploi ou employeurs, afin de répondre au mieux à leurs besoins. Ce déménagement, c’est une occasion pour faire mieux ce que nous faisons déjà avec Carrefour, notre service intégré de première ligne qui accueille, sans distinction, les demandeurs d’emploi, les actifs qui veulent se reconvertir ou les étudiants», explique Olivia P’tito, directrice générale de Bruxelles Formation. Actuellement, ce service Carrefour accueille plus de 30.000 personnes par an. Outre des informations sur les formations offertes par Bruxelles Formation, ce service intégré informe le public sur l’offre de formations, avec la présence dans le centre de conseillers en formation de l’EFP et du SFPME, de l’Enseignement de promotion sociale et des CEFA pour un conseil plus pointu sur leurs structures. «Aujourd’hui, ce service est connu, mais pas suffisamment. Sur le terrain, on constate que la mutualisation fonctionne, mais elle doit continuer à s’organiser, ajoute Olivia P’tito. En mettant en place une structure comme une Cité des métiers à Bruxelles, cela permettra de toucher un public plus nombreux qu’on ne touche pas encore pour le moment, en capitalisant nos moyens respectifs et en montrant toutes les offres possibles. Rien que pour vous donner un exemple, ce sera bien plus simple d’organiser des formations bilingues avec le VDAB sous cette structure commune.»

Une structure qui permettra aussi aux demandeurs d’emploi ou aux étudiants de trouver l’information en un seul endroit pour mieux se projeter dans leur avenir professionnel. «En outre, en mettant en place un espace d’accueil plus interactif, cela donnera la possibilité de présenter des secteurs professionnels que nos différents publics ne connaissent pas forcément.»

Car au-delà d’attirer un public plus nombreux, l’objectif de cette structure est aussi de valoriser plus facilement différents secteurs professionnels, «en recrutant des personnes-relais qui viendraient présenter à nos différents publics les possibilités professionnelles de ces secteurs», poursuit Olivia P’tito.

Autre projet à venir dans le cadre de cette prochaine Cité des métiers, l’intégration des personnes handicapées dans la future offre de formations proposée dans cette nouvelle structure. «Des pourparlers sont toujours en cours avec le Service Phare pour mieux outiller nos agents et nos équipes à mieux intégrer les personnes handicapées, car, il faut l’admettre, c’est une expertise qui nous manque actuellement.»

Bien évidemment, l’existence de ces différents services sera aussi sur le Net. Ainsi, l’actuel site dorifor.be, qui permet déjà de trouver une formation dans la capitale, devrait être la future coupole numérique de la Cité des métiers bruxelloise.

Côté wallon

«On ne réinvente pas la roue, on la fait tourner» Christine Cambresy, Cité des métiers de Liège

Alors que Bruxelles se lance dans le projet d’une Cité des métiers, Charleroi, Liège et Namur ont chacune, en Wallonie, bénéficié de ce label international, même si le lieu pour accueillir ces Cités reste encore en construction à Liège et doit encore être trouvé à Namur. Là aussi, un même objectif: fédérer les moyens, en rassemblant opérateurs publics et privés, pour les mettre au service de la promotion des métiers et des opportunités professionnelles.

Lancée en 2014, la Cité des métiers de Charleroi touche déjà près de 2.500 participants alors que son inauguration officielle n’est prévue normalement que pour 2018. L’idée de cette Cité est partie d’un constat: le taux de chômage est extrêmement élevé dans la métropole wallonne alors que de nombreux postes restent vacants, la formation n’étant pas toujours adaptée aux besoins professionnels. Outre qu’elle doit devenir un espace unique d’orientation scolaire, de formation et de conseil, cette future Cité proposera aussi des formations de niveau secondaire, touchant aux métiers de l’industrie et de la construction, en permettant aux jeunes de découvrir en tout plus de 60 métiers. «En rassemblant, sous un guichet unique, tous les opérateurs, notre objectif est de devenir à terme le lieu de passage obligé pour les étudiants et les demandeurs d’emploi, explique Olivier Marchal, directeur de la Cité des métiers de Charleroi. Cette dynamique est aussi et surtout un prétexte pour faire révolutionner le fonctionnement des institutions chargées de l’emploi et de la formation, en amenant désormais une réflexion globale qui manquait jusque-là pour la diffusion de l’information sur l’offre professionnelle à Charleroi.»

À Liège, la Cité des métiers est toujours en gestation et son ouverture est prévue fin 2016 sur le site du Val Benoît. «Une Cité des métiers, c’est un endroit où l’on va valoriser toutes les actions qui existent déjà, notamment en matière d’orientation professionnelle et scolaire. C’est aussi une structure qui va essayer de développer des actions plus innovantes toujours dans ce même registre», rappelait Christine Cambresy, son administratrice déléguée, lors du lancement de la Winter School du réseau international des Cités des métiers qui s’est déroulée dans la Cité ardente du 4 au 6 février 2015. «Liège a énormément d’opérateurs qui travaillent déjà dans le monde de l’orientation. C’est vraiment pour pouvoir rassembler toutes ces compétences et pour pouvoir travailler ensemble que l’on est en train de créer cette Cité. Donc, on ne réinvente pas la roue, on la fait tourner.»

Quant à Namur, la capitale wallonne veut construire sa Cité autour de deux pôles: les métiers manuels et ceux de la santé. Des métiers en pénurie, avec des débouchés en perspective. Celle-ci devrait voir le jour d’ici à 2017 au plus tard. Seule incertitude, le lieu de l’implantation de cette future Cité qui n’est pas encore fixé.

 

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