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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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(Aide à la) jeunesse

Un plan pour les familles d’accueil

  • 401
  • Par Cédric Vallet
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Comment recruter davantage de familles d’accueil? Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, propose de lancer une campagne de sensibilisation et de simplifier la vie administrative de ces familles.

Rachid Madrane a fait de l’accueil familial sa priorité. Il l’a confirmé en présentant un plan pour renforcer ce pan de l’aide à la jeunesse. Ce mode d’accueil et d’hébergement d’enfants en danger, placés par une autorité mandante chez des particuliers, est souvent considéré comme plus sécurisant pour les mineurs concernés que l’accueil en «home». En 2013, 4.714 enfants avaient passé au moins un jour dans une famille d’accueil.

Le but du ministre: recruter davantage de familles prêtes à accueillir un mineur en danger. Il estime qu’il en faudrait «au minimum entre 50 et 70 par an», pour combler le départ de familles qui sortent du processus. Son but serait d’atteindre une centaine, voire 150 recrutements par an.

Le ministre souhaite agir sur deux versants. Le premier, assez classique, serait de lancer une «grande campagne de sensibilisation». Mais l’axe principal que met en avant Rachid Madrane, c’est la «facilitation de la vie quotidienne des familles et des services». Son idée est que les tracasseries administratives qui encombrent la vie des familles d’accueil rebuteraient les candidats potentiels.

Il propose par exemple de réduire le délai de sélection des familles et d’harmoniser les processus de recrutement. Alors qu’il faut aujourd’hui entre 6 et 9 mois pour devenir famille d’accueil, il souhaite ramener ce délai à une fourchette de 4 à 6 mois, en précisant le nombre d’entretiens auxquels seront soumises les familles candidates, le type de questions, les critères d’évaluation.

Une série de dispositions administratives, en matière de frais est aussi envisagée. Prenons l’exemple des «frais spéciaux», qui concernent différents traitements paramédicaux comme la consultation d’un psychothérapeute ou d’un orthodontiste. Jusqu’à présent, l’obtention d’un remboursement de ces frais nécessitait l’accord d’une autorité mandante, puis de l’administration. À l’avenir, seule la prescription médicale devrait suffire. Les services de placement familial et l’association de parents d’accueil La Porte ouverte reçoivent avec bienveillance ces premières annonces.

Délégation de droits

Mais la proposition qui crée quelques (petites) vagues concerne la délégation de droits. Qu’il s’agisse d’inscriptions à l’école, aux cours philosophiques, mais aussi de signature de bulletin, de sorties de classe, la signature des parents biologiques, détenteurs de l’autorité parentale, est nécessaire. Rachid Madrane regrette que cela «alourdisse la vie des familles d’accueil». Il souhaite «régler cette situation par une circulaire» adressée aux autorités mandantes. Ces dernières demanderaient, une fois par an, une sorte de décharge aux parents biologiques.

Au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Virginie Defrang-Firket (MR) s’inquiétait qu’une telle proposition n’aboutisse «à une déresponsabilisation des familles biologiques». «Ce projet, ajoutait-elle, rapproche le processus d’accueil d’une procédure d’adoption.»

On sait que ce débat est sensible. Les travaux d’ATD Quart Monde et de Luttes Solidarités Travail (LST), ces dernières années, avaient mis en évidence la crainte des parents biologiques que l’accueil familial ne tourne à l’adoption (Alter Échos n°315), alors même que la prise en charge, dans le cadre de l’Aide à la jeunesse, vise explicitement un retour en famille. Chez LST, Delphine Noël affirme comprendre la demande formulée par les familles d’accueil, mais elle se demande, dans ces conditions, «comment les familles d’origine vont rester des partenaires».

Du côté des services de placement familial, de Rachid Madrane ou de La Porte ouverte, on se défend de vouloir créer des chemins déguisés vers l’adoption. On affirme plutôt qu’il s’agit de «faciliter la vie» des parents d’accueil.

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