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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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(Aide à la) jeunesse

Rachid Madrane: «C’est un premier refinancement, ce n’est pas rien»

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  • Par Cédric Vallet
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Après des années d’attente, le secteur de l’Aide à la jeunesse a appris qu’il allait être refinancé à hauteur de 11,3 millions. Revue de détail avec Rachid Madrane, le ministre en charge de l’Aide à la jeunesse.

Alter Échos: L’Aide à la jeunesse va être refinancée à hauteur de 11,3 millions d’euros (le secteur «pèse» 281 millions d’euros dans le budget 2016 de la Fédération Wallonie-Bruxelles, NDLR). Il y a plus mauvaises nouvelles à annoncer…

Rachid Madrane: Oui, «ça va mieux»… et cela fait plaisir car c’est une véritable petite révolution dans un secteur chroniquement sous-financé. Ce plaisir est partagé si j’en crois les réactions que je reçois de travailleurs du secteur qui entendent depuis 25 ans qu’il faut refinancer l’Aide à la jeunesse, sans jamais que cela soit suivi d’actes. Il est vrai que la confection du budget 2017 a été extrêmement difficile, car les besoins sont immenses partout. Mais je tiens à saluer mes collègues du gouvernement qui ont fait de l’Aide à la jeunesse leur priorité, qui ont écouté nos arguments. C’est la compétence la plus refinancée dans ce budget. Pour un premier refinancement, ce n’est pas rien.

Alter Échos: Avez-vous évalué précisément les besoins du secteur? Ces 11,3 millions d’euros vont-ils permettre de couvrir tous les besoins?

RM: Depuis le début, la photographie est assez claire. On parle d’un besoin de refinancement de l’ordre de 20%. Je l’ai constaté depuis mes premiers jours en tant que ministre en rencontrant tous les types de services, en faisant le tour des arrondissements. Les besoins sont très importants et ce refinancement ne les couvrira pas tous. C’est pourquoi j’estime qu’il s’agit d’un premier refinancement. Il faudrait qu’il y en ait d’autres. Ce qui est certain c’est que depuis 2008 la crise a aggravé la situation des familles et que le gouvernement ne pouvait rester insensible à ce constat.

«Je me base sur des besoins réels»

AÉ: Il semble que vous ayez une idée assez précise de la ventilation de ce montant (cf. encadré); Vous ne comptez pas «distribuer» la somme en concertation avec le secteur?

RM: Nous ne comptons pas endosser les pratiques du passé où les choses se négocient en fonction des piliers ou des relations avec tel ou tel, ou d’a priori idéologiques. Je me base pour l’allocation de ce budget sur des besoins réels, quantifiés grâce à la base de données IMAJ ou grâce aux capacités réservées. Nous savons aujourd’hui exactement où sont les urgences. On sait que Bruxelles, Charleroi, Liège sont des arrondissements prioritaires. L’idée est de travailler de façon objective en fonction de l’intérêt général.

AÉ: L’une de vos priorités sera de résoudre ce vieux problème des bébés placés à l’hôpital, non pas pour des raisons médicales mais par manque de places adaptées…

RM: Avec ma collègue Alda Greoli, responsable de l’Enfance, nous allons créer deux centres d’accueil d’urgence dévolus à ce type de public. Cela permettra d’accueillir environ 150 enfants sur l’année. Nous contribuerons chacun à hauteur de 3,5 millions d’euros. Avec cela et avec la création de places en SAAÉ, en familles d’accueil d’urgence et en pouponnières, nous réglons cette question épineuse des bébés parqués.

AÉ: En créant des services spécifiques pour les bébés parqués ou les jeunes incasables, n’allez-vous pas contribuer à l’hyperspécialisation des services que vous dénoncez par ailleurs?

RM: Pas du tout, avant d’être des bébés «parqués», on parle d’enfants en bas âge. Quant aux jeunes «incasables», ils seront accueillis dans un centre d’accueil spécialisé. Mais les CAS existent déjà. Ces jeunes, à force d’être dans le jardin de tout le monde, comme disent les psychologues, ne sont dans le jardin de personne. Cette situation témoigne du fait que l’Aide à la jeunesse est l’entonnoir de toutes les difficultés de la société. Tout le monde débarque chez nous. C’est terrible pour le personnel.

AÉ: Cette manne budgétaire va-t-elle vous aider à mieux faire «passer la pilule» de réformes à venir? On pense à la simplification, voire à la rationalisation du secteur; la Cour des comptes a émis de nombreuses critiques à l’égard de l’Aide à la jeunesse et notamment au sujet de la gestion des services privés très spécialisés, dont les projets pédagogiques sont parfois si pointus qu’ils en deviendraient excluants pour les jeunes.

RM: La réforme des services privés – j’emploierais le terme simplification et pas rationalisation – sera réalisée avec les services concernés. Une première réunion aura lieu au mois de novembre. Quant au rapport de la Cour des comptes, assez cinglant, il propose une analyse fine, objective et extérieure de la situation du secteur. Le secteur de l’Aide à la jeunesse a peu de moyens, nous devons les utiliser de manière exemplaire et incontestable. Tout le monde a intérêt à ce qu’on mette de l’ordre dans le secteur, qui, aujourd’hui, est illisible. Il suffit de voir la liste des acronymes dans l’Aide à la jeunesse pour s’en rendre compte.

AÉ: Cette réforme sera-t-elle concentrée sur la création d’emplois?

RM: J’ai annoncé la création d’un peu moins de 300 emplois, dont 230 dans le secteur subventionné, et 60 dans le secteur public, donc dans les services d’aide à la jeunesse, les services de protection judiciaire, les IPPJ et en accompagnement postinstitutionnel.

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