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(Aide à la) jeunesse

Pour un plan de sauvetage de l’enfance bruxelloise

©Flickr CC/Helgi Halldórsson
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  • Par Cédric Vallet
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Une étude de Brussels Studies se penche sur les inégalités socio-économiques entre enfants bruxellois. Ghettos scolaires, inégalités d’accès aux soins ou aux structures d’accueil: les indicateurs sont au rouge. Une solution: en finir avec l’éclatement des politiques de l’enfance.

Cet article a été publié dans Alter Échos n°411 du 17 octobre 2015.

Bruxelles, c’est compliqué. La politique de l’enfance n’échappe pas à cette règle. Et les conséquences peuvent être dramatiques. C’est le constat que dressent six chercheurs dans une étude de Brussels Studies, intitulée «Les jeunes enfants à Bruxelles: d’une logique institutionnelle à une vision systémique». «Un niveau inadéquat de ressources économiques, cognitives, de santé à un moment clé risque (…) de faire croître progressivement le désavantage social», peut-on lire dans l’étude. Pour Perrine Humblet, de l’école de santé publique de l’ULB, et coauteure de l’étude, «à Bruxelles, tous les indicateurs sont au rouge». Elle en appelle à un véritable «plan pour l’enfance».

« Il existe un véritable trou dans notre système de promotion de la santé. » Perrine Humblet, professeure à l’école de santé publique de l’ULB

Les conséquences des inégalités et de l’absence de politiques coordonnées de l’enfance à Bruxelles ont des impacts importants, notamment sur la santé des enfants: «Les écoles maternelles voient des enfants dans des situations de retards psychomoteurs, de capacités linguistiques et cognitives trop importantes, explique Perrine Humblet. La première visite médicale obligatoire n’a lieu qu’en première année de maternelle. C’est trop tard. Il existe un véritable trou dans notre système de promotion de la santé.» Parmi les indicateurs qui suscitent l’inquiétude, notons que le taux de prévalence de l’obésité chez les enfants bruxellois est de 8,8%, contre 6,2% sur toute la Fédération Wallonie-Bruxelles, un taux comparable à celui observé aux États-Unis.

Un paysage institutionnel éclaté

La possibilité de détecter les difficultés au plus tôt est l’un des soucis majeurs des auteurs de l’étude. Tout comme l’importance des inégalités dans le système scolaire, aujourd’hui bien documentées. Dès l’école maternelle, des écarts se creusent notamment entre ceux qui ont eu facilement accès à des crèches et les autres, plus souvent issus de milieux défavorisés: l’accueil familial est privilégié à 83% lorsque les mères de famille ont un niveau d’études «inférieur». Un chiffre qui tombe à 37% dans le cas de mères ayant un niveau d’études supérieur.

Pourtant, le nombre de places en structures d’accueil n’a cessé d’augmenter. Entre 1996 et 2012, la capacité d’accueil a crû de 53,2 %, mais majoritairement dans le secteur «non subventionné». En résulte une inégalité de distribution tant géographique que sociale de ces places. Les quartiers populaires sont bien moins équipés en places d’accueil. Même les places à tarification sociale – qu’adoptent aussi des institutions privées – sont mal réparties: 9 places pour 100 enfants à Anderlecht et 31 à Watermael-Boistfort.

Outre les causes structurelles de ces inégalités, les auteurs pointent la complexité institutionnelle de Bruxelles.

Un paysage d’institutions éclatées entre de multiples compétences et traversé par une fracture communautaire. En matière de santé des enfants, pas moins de sept ministres sont compétents. Face à l’ampleur des enjeux, les auteurs de l’étude plaident pour une «approche globale, centrée sur la population». Ils proposent, au minimum, «de créer des lieux de rencontre entre les différents organismes compétents». Des lieux de rencontre où le «plan de sauvetage» de l’enfance pourrait être élaboré. Car, comme on peut le lire en conclusion de cette recherche, l’avenir socio-économique de la région bruxelloise «dépend largement de la manière dont seront corrigés les déficits de développement des enfants».

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