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  • Loi Peeters : gifle pour les travailleurs?

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    La Loi Peeters? «Une législation du travail moderne [qui] permet de mieux concilier travail, famille, soins et formation.» C’est le ministre qui le dit. La perception des syndicats diffère légèrement. 

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(Aide à la) jeunesse

Parents isolés : les allocs en mieux ?

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  • Par Cédric Vallet
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Les allocations familiales ne seront bientôt plus gérées par le Fédéral. Des associations proposent des changements. Des suppléments doivent-ils toujours cibler les familles monoparentales?

Pour beaucoup de familles monoparentales, les allocations familiales sont le chaînon manquant leur permettant de boucler les budgets. « Sans les allocations familiales, le nombre d’enfants sous le seuil de pauvreté augmenterait de 11 % », affirme Delphine Chabbert, directrice des études de la Ligue des familles.

À partir du 1er juillet 2014, la Région wallonne et la Commission communautaire commune seront compétentes, côté francophone, pour gérer les allocations familiales.

L’occasion pour certains de proposer des pistes de refonte du système. Aujourd’hui, les familles monoparentales bénéficient, sous condition de ressource, d’un supplément d’allocation qui varie en fonction du rang de l’enfant. Faut-il changer ce système ? La question anime le monde associatif mais ne suscite pas l’emballement des cabinets ministériels. Ces derniers temporisent jusqu’aux élections. Pas d’urgence pour l’instant, une phase transitoire pour le transfert est prévue jusqu’en 2020.

Majoration pour isolé : pas le bon levier

Le nombre de familles qui touchent le supplément « monoparental » ne cesse d’augmenter. 92 000 enfants en 2010 contre 61 000 en 2007, souligne Alain Dubois, directeur du Centre d’expertise et de ressources pour l’enfance (Cere). Malgré ce chiffre important, il estime que « les allocataires ont perdu, depuis les années 70, une grande part de leur pouvoir d’achat. De plus, la condition de ressources est probablement trop contraignante. Le supplément familles monoparentales est touché par seulement 4,69 % du total des enfants ».

Le Cere et la Ligue des familles estiment que les allocations familiales ne sont pas forcément le bon levier pour aider les parents isolés en difficulté. Delphine Chabbert se fait l’avocate d’un « système universel plus solide ». Dans ce modèle, où la modulation du montant des allocations en fonction du rang des enfants disparaîtrait, on opterait pour « un supplément pour les familles modestes, qui toucherait donc aussi des familles monoparentales. C’est le revenu qui primerait, pas le statut. Il faudrait aussi élever le montant de ce supplément ».

Élever le montant des allocations pour les bas revenus… une idée forte. « Mais il faudra faire des arbitrages », pense Alain Dubois. La solidarité interpersonnelle risque de prendre du plomb dans l’aile dans les années à venir. La clé de répartition financière entre les entités fédérées se fera sur la base du nombre d’enfants, sans tenir compte de la situation sociale dans chaque entité. « Sachant qu’il y a plus de familles monoparentales et de chômage à Bruxelles et en Région wallonne, je ne suis pas certain qu’on pourra maintenir le niveau des allocations tel qu’il est », précise le directeur du Cere. C’est cette réalité qui fait suggérer aux femmes prévoyantes socialistes, via Sarah Hibo, leur chargée d’études, qu’en « réduisant un peu l’allocation de base et en augmentant celle pour les bas revenus, on s’y retrouverait ». L’association, tout en souhaitant rendre plus justes les allocs, milite aussi pour leur… disparition. « Comme objectif de long terme, nous pensons qu’il faut surtout investir dans la prestation de services, l’accueil extrascolaire, l’école, les crèches. Si tous les services sont gratuits, alors le besoin d’allocations est moins important », détaille Sarah Hibo.

Enfin, tous ces spécialistes de la famille critiquent les effets pervers des suppléments ciblés sur les familles monoparentales. La Ligue des familles dénonce les « pièges à la recomposition familiale », « la non-déclaration d’une situation de couple », pour toujours percevoir les allocations. « C’est plus efficace d’avoir une politique globale de lutte contre la pauvreté », conclut Delphine Chabbert.

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